SUPERBUS
REGINAE SEPTINGENTAE*
Altières infantes
Voyez ces princesses au
jardin d'Ophélie,
Ces filles en drapés dont la ganse enjolive
De satines dorures, l'allure appréciative:
Tenue aux chatoyantes boucles de friselis !
Il me semble les voir depuis toujours ;
Auraient-elles de mes contes livresques,
En la munificence de joutes chevaleresques,
Ma bohème, dessillé l'aube, à contre-jour ?
Elles grandissent, avant de s'envoler
Vers d'autres citadelles; de leurs larmes floutées,
S'écoulent des envies, dont ne peuvent douter
Les damoiseaux séduits ; d'orgueil… auréolés.
Elles bâtissent du seuil de rêves étroits,
D'immenses forteresses… puis s'écroulent
Au fuligineux tertre du temps qui s'écoule,
Sans donner aux fièvres de réels passe-droits.
De leurs vingt ans fragiles, aux mornes cycles,
S'enrouent les froides brumes de frustration ;
Elles savent nous séduire, puis, des tentations,
Écalent avec pudeur, la pulpe de bernicle.
Pâmés en ces désordres où le désir implose,
Nous regardons mûrir hors des fines nuances,
La replète turgide de femmes sans constance ;
Elles envient des filles, les gracieuses pauses.
Placent alors, en rebelles, au faîte de nos joies,
Mille et une contraintes, moult coactions,
Blessant de l'être profond, par ostentation,
La fragile réplique qui, en l'âme, rougeoie.
Mais l'infante sourit aux folles impérities
Décrispe des déshérences, la honte d'intestat,
Calme des gerçures de notre triste état,
Les profondes ridules encloîtrées d'inertie.
Il me souvient des nuits d'euphorie solitaire,
Où d'une farouche main, je donnais à ma peau
Assoiffée de masturbatoires postures, le tempo
De luttes défroissées, enivrées de l'éther
De mondes fantasques, en ce pandémonium_
Aux méphitiques relents d'onanisme ;
Que n'aurais-je voulu en ces flous d'animisme,
Éteindre du martyr, au son de l'harmonium,
Des roides brûlures, les escarres nécrosées ;
La chair en empaquette en de noires marbrures,
Les pores nigricans ! Ai, violenté de blessures,
De l'issue fatale, emprunté; que ne l'aurais-je osé !
Le trompeur goulet, et sans craindre jamais
D'atermoyer avec style, panache, devant la gent
Courtisanesque… si
j'avais de l'amour, l'allégeant
A l'imaginative, aurais sans nul doute, armé
De ma superbe, l'égide du triomphateur ;
L'infante, à mes pieds, d'une dolente lyre,
En muséale Euterpe, bercerait sans faiblir,
L'insomnie de mes lunes de faux migrateur.
Armand Mando
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