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mardi 6 août 2019

ME : IN VENEREUM*

                                                                                     
ME : IN VENEREUM*

Moi, le romantique

D'étranges brumes arc-boutent mon regard,

Brouillards échappés de diaphanes lunes…

Romantique, j’éveille d’un œil hagard,

L’iris… sans manigances aucunes.


Dans l’encre de mes soupirs, s’ébattent

Des graphèmes rehaussés de supin,

D'irascibles épithètes, des lexies acrobates ;

Elles glissent sur l’Ariane que mon style repeint .





J’aimerais animer en vos rires éteints,

La musicalité, faire en vos insuccès,

Montre de mansuétude, puis au petit matin,

Ajuster  vos dentelles au douloureux corset.


Encensant des badines, l’altière mignardise,

Je me voudrais loquace, sans livrer

Au silence qui vainc la jobardise,

L’épistole... elle trahit _ ô j’en survivrai ! _



La bonhomie tressée en baccalaureus,

L’altière couronne du pompeux kaiser

Dont le fredon égaie l’énoncé, l’hiatus

Percuté des voyelles du langage pervers ;


Expérience, à n’en point douter, salace ;

La césure le dessert, affecte en ses rimes,

Le phonème des faraudes audaces,

L’orgueil  quand il musarde en la pensée intime.



Romantique aux suaves élégies, idéaliste,

J'effeuille du lyrisme, la fougue passionnelle,

Je m’étonne en ces notes _ peut-être irréalistes,

D’emprunter les coursives de l’irrationnel.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

lundi 5 août 2019

PESSIMUM GENUS*


PESSIMUM GENUS*
Pénible course

Vers de sombres matins, nous cheminons encor,
Ayant perdu des heures, les fatales minutes ;
La vermine y pourrit le putrescible corps,
Ce sac de poussières _ de chutes en rechutes.

Déflorons de l’espace, l’univers et ses orbes,
Cet inutile ersatz, ce cosmos affolé à l’idée
De se perdre quand pousse la sanguisorbe,
De s’éloigner du gravitationnel, se vider

Au sein de mortes avenues : grisonnantes
Allées, vieux bourgs, infects caniveaux ;
S’étrécissent au pied de bacchantes
Qui au soir, dégoulinent des arcs ogivaux.



A dix lieues des déserts, gisent
Les impotents de l’histoire, estropiés
Vidés de substrat ; déçus, ils agonisent
En sinistres mutants, avant d’y perdre pied.

Que ferons-nous aux trêves dernières ?
Serons-nous à même d’enrayer le calibre,
De dire aux despotes impudents, fiers _
D’avancer en mercenaires libres ?

Sous d'injurieux tumultes, s'essouffle l’espèce ;
S’arriment à nos besoins, de puériles manies ;
Elles perforent le col de l’infâme détresse,
Rehaussent des degrés, les rudes gémonies.

Entassés au mouroir du destin anémique
Enjambons des obstacles, d’incivils édits,
Culbutons de l’oukase conspué du cynique,
D'irascibles règles houspillant l’interdit.

Parviendrons-nous à temps
A défausser du mal, l’existence ?
Je crains qu’il faille au langage hésitant,
Se défaire du babil en sa pleine constance.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

VESTIGIA PECCATUM*


VESTIGIA  PECCATUM*
Vestiges du péché

S’entassent au coin de nos sombres ruelles,
Les restes putréfiés de la plèbe d’hier,
Ces arsouilles vaincus ramassés à la pelle
En un soir sublimé de nos cimetières.

Errant en ectoplasmes, ces noceurs barbares
Ont de la vraie morale, excisé les préceptes,
Tué père et mère en horribles flambards
Grisés de vains discours, d’allégations ineptes.

Ils ont de nos cités, éventré les murailles,
Lézardé des parois, le crochet de liaison,
Enterré sous décombres, les entrailles
D’innocentes victimes sans terre, ni maison.

Les mains pleines de sang, ont franchi la barrière
Derrière laquelle paissent les ovins assouvis…
Ils gesticulent encor en l’enfer sans frontières,
S’agitent sous les flammes de ce feu qui sévit.



Chaque jour, à chaque heure, nous marchons
Sur les cendres de nos congénères, ces animaux
Dont l’homme a brisé la vaillance… en vain cherchons
La trace des ancêtres qui ne jamais dirent mot,

Quand la maréchaussée les accusait à tort…
Au pal de la torture, au pinacle d’orgueil,
Les soldats du kaiser se croyant les plus forts,
Les ont hissés sans mal, sans en prendre deuil.

Si vous voyez passer les fantômes de nuit,
Sachez-le, bien-aimé, leur âme crie vengeance !
Sera-ce au matin, quand l’aurore s’enfuit,
La Divine Colère de L’Agneau qu’on offense ?




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019 

dimanche 4 août 2019

AESTATE NOTATE*


AESTATE NOTATE*
Estivales estampilles

Laissez entrer les spires de l’auguste soleil,
Les rais chauds des saisons estivales !
Vous verrez au clair des rivières, en aval
Les frétillantes loches émergées du sommeil.

Je me souviens encor en l’enfance fugace,
Des jeux sur la berge, des longues promenades ;
L’énamouré y berçait au son de cantonade,
Le désir et l’envie de dénuder Candace.

Les fleurs dont la fragrance embaumait matin,
S’entêtent à parfumer mes souvenirs passifs,
De cette exhalaison dont parle d’un ton plaintif,
Le poète amoureux  aux flux adamantins.


Que n’ai-je comme lui, sangloté en silence
En voyant s’affaisser le sopor des nuits !
Inflexible coma… la narcose s’en enduit
Pour au soir, s’agripper aux lunes de faïence.

Souvent en mes absences, mes rudes contrescarpes,
S’étirent les images confites du passé, les clichés
D’hier _ évanescent pastel peu à peu retouché
De mes folles pensées, ces noyaux endocarpes.

Les filles s’aventuraient au nord de ma bohème,
Élaguaient de mes branches, le noduleux liber,
Cueillaient de ma pépie les perles, au revers
De la soif agressant les multiples travers.

J’évinçais de la rage de vivre, le germe adolescent,
L’orgueil de mes quinze ans grimés d’immodestie ;
Mon souffle décéléré brisait des réparties
Le verbe entenaillé de mille propos stressants.

Drapé de lourds mensonges, chaque rodomontade
Plissait des maladresses, la roide gaucherie emperlée
De sophisme et auquel s’agrafait mon langage ampoulé
De piètre niquedouille étranglé d’incartades.


Je voulais du sein des rosières, aspirer la tétée,
Laper en l’écuelle de leurs vertus cachées…
Atteindre de  la probité, les sommets ébréchés
Franchis de conquérants… ne plus jamais douter.

Mais des femmes… oh ! Jamais en ces peines,
N’ai pu jouir sans luttes… au miroir de leurs jeux,
S’incarnaient les entrailles de l’impossible enjeu
Au sizain d’une mise piégée de bourse pleine.

Vous verrez comme moi, enfants du temps jadis,
L’étrange remembrance du bonheur anodin
Lorsque s’effeuilleront de vos flous citadins,
Les factices images qui en l’âme, s’immiscent !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019 

samedi 3 août 2019

LABILIS SUPERBIA*


LABILIS SUPERBIA*
Éphémère prépotence

Il n'est en ce lieu, aucune liberté
Qui vaille que l'on combatte, aucune privauté
Dont l'homme puisse jouir sans remords ;
Il n'est rien, plus rien… sauf la mort !

Les ailes de l'aurore s'alourdissent au soir
Où les amants se côtoient sans surseoir
Au défi lancé derrière la porte, au matin
Des larmes, des regrets retenus au satin

Du vieux baldaquin empuanti d'adultère,
Couche maculée de suées fragmentaires ;
S'y repaissaient deux corps inassouvis,
Deux ombres ébréchées… en survie.



Rien de plus fallacieux que cette prépotence_
Prosodiques trochées  proches de l'indécence,
Illusoires envies en des soupirs de cendres,
Où la femme dévie des degrés à descendre !

Écornées en ces mondes livresques, nos pages
Dénaturent de l'idiome efficace, le style, l'adage
Conférant aux fantaisistes joutes, sarcasmes,
Vertes goguenardises incluses de marasme.



A trop jouxter le mal asservissant nos rêves,
Avons de la folie, en ces heures, et sans trêves,
Emmuré des préceptes, la morale notoire…
Se peut-il que des clauses abrogatoires,
Ayons ratifié les règles qui nous achèvent ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

jeudi 1 août 2019

CLAUSAE*


CLAUSAE*
Faites-les taire

Faites taire les chiens de l’oligarchie,
Baveux lycaons de ce monde déchu !
Regardez marcher les démons fourchus
Dont la plèbe subit derrière les torchis,
Les promulgations ânonnées de ces claquoirs crochus !

Faites taire nonces et prélats de la Rome
Faussement appelée « la cité éternelle » !
Sera-ce en ce lieu que l’enfer rouge spinelle
Avalera du corps, le derme monochrome ?

Muselez-les récipiendaires de l’Europe sans âme !
A pile ou face, se joue le destin du fameux Tiers-état
Dont Sieyès accusa toute l’ambivalence, constata
Des roturiers, la lâcheté notoire… ce drame.

Encloîtrez du vulgum pecus, la profane doublure
Que j’y voie en ces désordres gras, s’étioler
De l’imaginative, la subtile pensée, sans violer
Du secret de confesse, l’inopportun parjure !


L’eau à la bouche, les serves du bitume enclosent
De  l’amant caché sous le raglan, l’épais bâti
Dont l’homme fait réplique, quand _ au soir, abêti,
Il profane son ombre pénitente, morose,

Fatalement bâillonnée d’une chatte lascive
Inspirant de sa peau assouvie, l’alliciante chair,
La poreuse structure du mâle sous archère,
Pointée  là, en plein cœur de la nuit passive.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019 

dimanche 21 juillet 2019

MOTUM QUENDAM ANIMI*

MOTUM QUENDAM ANIMI*
Sans tabou

Donnez-moi des musiques semblables au bonheur,
Des arpèges bercés de lumière.... de feu !
Ramenez-moi, si l’audace est un jeu,
Au centre des cités écrasées de malheur !

Laissez sur mes genoux, sauter les péronnelles,
Les gazilles frustrées d’envies sans lendemain !
Laissez-moi les guider en leur prenant la main,
Hors des sentes ardues, mais ascensionnelles !

Déchirez de mon livre l'inutile page, que j’aie
Aux ides, les frissons de solstices
Empalés au faîte des saisons ; à l’aube, ils pâlissent
Face au rhéteur bavard, souvent ennuagé

Du classicisme froid d’orgueilleux parnassiens
Antoine De gentille en bridait l’éloquence ;
J’aimerais comme lui, malgré les conséquences,
Tancer Sully Prudhomme, dire aux siens _

Il n’est d’autres victoires en ces jours de douleurs,
En ces matins de deuil, et pour y mieux renaître,
Que la force des mots, le besoin de connaître
Du logographe, ce fier prosateur, le leurre

Au-dessus du triste anagnoste, ce fou
Dont le haubert cache du cœur en panne,
La fragile rythmique, quand l’esprit se tanne...
Peut-être dira t-il _ du savoir, on s’en fout !


Donnez-moi des jardins étoilés sous la nue,
Des prairies où dansent les sultanes grisées
Du lourd parfum dont fusent les prisées !
Elles enivrent au soir, les tendres ingénues.

Laissez-moi capturer le ventre des sirènes,
Laper de leur nombril, le nectar souverain !
Je vous dirai pourquoi, escaladant leurs reins,
Je me perds en l’estuaire où s’égrènent

Le fantasme du mâle, l’utopie du soldat
Dont la rage pénètre la chair remodelée
D’une langue agame, peu à peu gondolée
Sous le poids du désir... se peut-il qu’il cédât

Avant de la pépie, apaiser la contrainte ?
Je veux_ et sans tabou, violenter céans,
La rétive pudeur... puis, des rêves géants,
Extraire le tanin enfiellant vos plaintes !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019