CLAUSAE*
Faites-les taire
Faites taire les chiens de l’oligarchie,
Baveux lycaons de ce monde déchu !
Regardez marcher les démons fourchus
Dont la plèbe subit derrière les torchis,
Les promulgations ânonnées de ces claquoirs crochus !
Faites taire nonces et prélats de la Rome
Faussement appelée « la cité éternelle » !
Sera-ce en ce lieu que l’enfer rouge spinelle
Avalera du corps, le derme monochrome ?
Muselez-les récipiendaires de l’Europe sans âme !
A pile ou face, se joue le destin du fameux Tiers-état
Dont Sieyès accusa toute l’ambivalence, constata
Des roturiers, la lâcheté notoire… ce drame.
Encloîtrez du vulgum pecus, la profane doublure
Que j’y voie en ces désordres gras, s’étioler
De l’imaginative, la subtile pensée, sans violer
Du secret de confesse, l’inopportun parjure !
L’eau à la bouche, les serves du bitume enclosent
De l’amant caché sous
le raglan, l’épais bâti
Dont l’homme fait réplique, quand _ au soir, abêti,
Il profane son ombre pénitente, morose,
Fatalement bâillonnée d’une chatte lascive
Inspirant de sa peau assouvie, l’alliciante chair,
La poreuse structure du mâle sous archère,
Pointée là, en plein cœur
de la nuit passive.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2019

