NESTIO
VESTRAS, ODIVIT*
J’ignore tes lunes
Je ne sais si tu m’aimes en tes rêves perdus,
Quand fermente la nue aux éclairs distordus…
Mes mots se sont couchés en d’inutiles phrases,
Agonisant dans l’ouate d’impossibles extases.
J’ai beau me souvenir en de froids sentiments,
De tes rires fugaces, qu’égrenaient hardiment,
Mes prétentieux soupirs d’énamouré blessé ;
Je n’arrive plus, en ces vies trépassées,
A retrouver la trame de notre belle histoire,
Le précieux canevas d’ébats attentatoires
Dont nous fûmes, toi et moi, prisonniers ;
S’y perdaient peu à peu, nos cœurs rancuniers.
Que n’ai-je de l’amour, usurpé la moiteur
En ces jours gris où de nos mots menteurs,
S’échappaient des regrets affadis, des cris
Perçant de la mémoire, les peccavi contrits !
Ma plume des longs silences, accuse taciturnité,
Supporte du mutisme, l’exacte furtivité…
J’en repeins des audaces contraires, l’orgueil
Suspendu au revers d'inconsolables deuils,
La vanité clampée au col de l’autre démesure,
Celle dont parle l’aède déçu, éclopé en l’usure
D’obsolescentes rimes stridulées d’inconfort ;
L'’ambition y malmène celui qui se croit fort.
Tout me ramène à toi : tes gestes, ta passion,
Tes besoins de t’offrir et sans rétention,
Aux brûlures de ma peau sevrée d’illusions,
Ma chair estropiée de tant d’indécisions.
Je clos des palpébrales grilles, chaque nuance ;
Qu’il me soit donné d’en vaincre en ces absences,
La ronflante turbine qui en mes nuits, s’entête
A déflorer des peines, quand l’espoir s’émiette,
Les possessives larmes dont l’amant nu accuse
Aux tièdes réminiscences évoquées de la muse,
La fugace empreinte isolée du temps mort
Où les yeux en guenilles, amputent du remords,
Les ultimes couleurs fardant le matamore.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2019

