FINIS FERAM*
Les clos sauvages
O j'aimerais
avant l’aube nouvelle,
Revoir les
prés sauvages, les clos en jachère
Où pousse,
quand on le dénivelle,
Le fertile roseau
arc-bouté en archère !
J'y verrais
le bassin de septembre
Aux loches isolées après ponte,
Teinterais
de pastel, la pierre d’ambre
Aux
chatoyants reflets, les larves anodontes.
Sous les noueuses branches du chêne séculaire,
Les ramilles qui protègent du vent,
M'y
viendrais asseoir, pour respirer encor l'air
Des clairs
matins, au soleil s'entrouvrant.
Pour mieux l’apprivoiser,
prendrais de l’océan,
La belle
vague, l'onduleuse frisure
Enroulée à la lame parfois, en maugréant,
Telle la
lèvre fendue, agacée de gerçures ;
Regagnerais la
sente, grisé du lourd parfum
Des roses de
l’avril enivrées de fragrance,
Me soumettrais aux vieux spleens défunts
De l’enfance
meurtrie… sans y faire allégeance.
S'altèrent mes
larmes bleues;s'y lentement dissolvent
En l’éther vicié
... l'automne est à ma porte,
Il y entasse et
la nuit, et le jour, en alcôve_
Un autre reliquat
lustré de feuilles mortes.
Endormis aux
clos des souvenirs,
Mes songes
s’invectivent, déliés du passé,
Des toquades, des songes à bannir,
Souvent bus à la lie, avant de trépasser
Du reste de
fiel grimaçant d’impudence,
D'un zeste
édulcoré du miel d’adolescence.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019


