pinterest

dimanche 11 août 2019

FINIS FERAM*


FINIS FERAM*
Les clos sauvages

O j'aimerais avant l’aube nouvelle,
Revoir les prés sauvages, les clos en jachère
Où pousse, quand on le dénivelle,
Le fertile roseau arc-bouté en archère !

J'y verrais le bassin de septembre
Aux loches isolées après ponte,
Teinterais de pastel, la pierre d’ambre
Aux chatoyants reflets, les larves anodontes.

Sous les noueuses branches du chêne séculaire,
Les ramilles qui protègent du vent,
M'y viendrais asseoir, pour respirer encor l'air
Des clairs matins, au soleil s'entrouvrant.


Pour mieux l’apprivoiser, prendrais de l’océan,
La belle vague, l'onduleuse frisure
Enroulée à la lame parfois, en maugréant,
Telle la lèvre fendue, agacée de gerçures ;

Regagnerais la sente, grisé du lourd parfum
Des roses de l’avril enivrées de fragrance,
Me soumettrais aux vieux spleens défunts
De l’enfance meurtrie… sans y faire allégeance.

S'altèrent mes larmes bleues;s'y lentement dissolvent
En l’éther vicié ... l'automne est à ma porte,
Il y entasse et la nuit, et le  jour, en alcôve_
Un autre reliquat lustré de feuilles mortes.



Endormis aux clos des souvenirs,
Mes songes s’invectivent, déliés du passé,
Des toquades, des songes à bannir,
Souvent bus à la lie, avant de trépasser 

Du reste de fiel grimaçant d’impudence,
D'un zeste édulcoré du miel d’adolescence.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019