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lundi 5 août 2019

PESSIMUM GENUS*


PESSIMUM GENUS*
Pénible course

Vers de sombres matins, nous cheminons encor,
Ayant perdu des heures, les fatales minutes ;
La vermine y pourrit le putrescible corps,
Ce sac de poussières _ de chutes en rechutes.

Déflorons de l’espace, l’univers et ses orbes,
Cet inutile ersatz, ce cosmos affolé à l’idée
De se perdre quand pousse la sanguisorbe,
De s’éloigner du gravitationnel, se vider

Au sein de mortes avenues : grisonnantes
Allées, vieux bourgs, infects caniveaux ;
S’étrécissent au pied de bacchantes
Qui au soir, dégoulinent des arcs ogivaux.



A dix lieues des déserts, gisent
Les impotents de l’histoire, estropiés
Vidés de substrat ; déçus, ils agonisent
En sinistres mutants, avant d’y perdre pied.

Que ferons-nous aux trêves dernières ?
Serons-nous à même d’enrayer le calibre,
De dire aux despotes impudents, fiers _
D’avancer en mercenaires libres ?

Sous d'injurieux tumultes, s'essouffle l’espèce ;
S’arriment à nos besoins, de puériles manies ;
Elles perforent le col de l’infâme détresse,
Rehaussent des degrés, les rudes gémonies.

Entassés au mouroir du destin anémique
Enjambons des obstacles, d’incivils édits,
Culbutons de l’oukase conspué du cynique,
D'irascibles règles houspillant l’interdit.

Parviendrons-nous à temps
A défausser du mal, l’existence ?
Je crains qu’il faille au langage hésitant,
Se défaire du babil en sa pleine constance.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019