VESTIGIA PECCATUM*
Vestiges du péché
S’entassent au coin de nos sombres ruelles,
Les restes putréfiés de la plèbe d’hier,
Ces arsouilles vaincus ramassés à la pelle
En un soir sublimé de nos cimetières.
Errant en ectoplasmes, ces noceurs barbares
Ont de la vraie morale, excisé les préceptes,
Tué père et mère en horribles flambards
Grisés de vains discours, d’allégations ineptes.
Ils ont de nos cités, éventré les murailles,
Lézardé des parois, le crochet de liaison,
Enterré sous décombres, les entrailles
D’innocentes victimes sans terre, ni maison.
Les mains pleines de sang, ont franchi la barrière
Derrière laquelle paissent les ovins assouvis…
Ils gesticulent encor en l’enfer sans frontières,
S’agitent sous les flammes de ce feu qui sévit.
Chaque jour, à chaque heure, nous marchons
Sur les cendres de nos congénères, ces animaux
Dont l’homme a brisé la vaillance… en vain cherchons
La trace des ancêtres qui ne jamais dirent mot,
Quand la maréchaussée les accusait à tort…
Au pal de la torture, au pinacle d’orgueil,
Les soldats du kaiser se croyant les plus forts,
Les ont hissés sans mal, sans en prendre deuil.
Si vous voyez passer les fantômes de nuit,
Sachez-le, bien-aimé, leur âme crie vengeance !
Sera-ce au matin, quand l’aurore s’enfuit,
La Divine Colère de L’Agneau qu’on offense ?
Armand Mando
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