L’absence fait renaître, en nos cœurs
écorchés,
D’affligeantes images :
tristes remembrances ;
Elle détrône le rêve, ampute l’innocence,
Avant de l’enquiller à de tristes clichés.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2023
L’absence fait renaître, en nos cœurs
écorchés,
D’affligeantes images :
tristes remembrances ;
Elle détrône le rêve, ampute l’innocence,
Avant de l’enquiller à de tristes clichés.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2023
1627/1704
DE L’ABSOLUTOIRE
AU QUIETISME
Surnommé ‘’l’aigle de Meaux’, Bossuet : fin lettré,
Naquit à Dijon en 1627_ évêque, prédicateur,
écrivain,
Prononce oraisons et sermons, en vaillant échevin_
Lui valurent, en 1671, bien remarquable entrée
En l’acmé de la notoriété : l’académie française…
Opposé à Fénelon, ce fougueux polémiste,
Argumente sans mal, pour dresser, en quiétiste,
Et de l’absolutoire, l’inconfort de l’ascèse…
Orateur à temps plein, vitupère à l’endroit
De ces scribes
bornés férus de dithyrambes :
Censeurs butés… et que l’orgueil enjambe ;
En ce monde interlope, qu’en n’aurait-il le droit !
Le soutien de Grente, lui fait pousser des ailes ;
Du summum de l’œuvre, aux tâches ecclésiales,
Sa harangue pénètre des niches abbatiales,
Les mortifères cultes cosmétiqués de zèle.
Après ses études (grec, latin), devient précepteur
Du Dauphin… enseigne la spiritualité, les lettres ;
Son cran sème à tous vents ; se le peut
permettre,
Lui, ce fier pédagogue, ce talentueux tuteur.
Ses amis le surnomment ‘’bos suetus aratro’’ :
‘’Bœuf accoutumé à la charrue’’ ; combien
vrai,
Cet alias… car Bossuet taille en deçà de l’ivraie,
Pour récolter du grain, en digne maestro,
La princière gerbée… il voudrait tout connaître,
Affirme tout savoir, prétend tout démontrer…
Grisé de ce pulpeux, il provoque, en l’attrait,
La plus simple gent que la candeur pénètre.
Bossuet est un palindrome… l’ignore-t-il ?
De droite, ou de gauche, en lui, on lit, puis
relit
A ciel ouvert ; ce qui gêne, ne jamais le lie ;
Fait montre d’une incroyable adresse… habile,
Asservit le plus noble… précurseur, aux mils,
Et aux cents, traverse la faconde… à l’archère ;
Puis, décoche la flèche qui percera la chair
Du pontifiant sectaire imprégné de grémil.
Corneille le fait rêver ; son talent l’interpelle…
Il le lui fait savoir (…) comme lui, bien sûr,
S’en fallait attendre ! vient calmer ses
blessures,
A l’Hôtel de Rambouillet… là, comme à l’appel,
Se met à versifier… se croit-il poète ? se
doit-il
A ce songe effloré du plus sage ? quelle muse
Pourrait (saurait ?), et bien plus qu’il en
use,
Accéder aux degrés de sa verve subtile ?...
Louis XIV et Marie-Thérèse d’Autriche, lui confient
Ce mâle de dix ans ; l’avenir l’encouronne…
Exsangue Dauphin que les serves pouponnent,
Pâle progéniture d’un jeu encastré de défis.
S’achève sa mission, quand son élève ceint
De son seul devenir, la monstrueuse hanche…
Épousera Marie-Anne de Bavière : blanche
Caille d’un long rets… accouplée à dessein.
La vie offre souvent, aux fantaisistes grimes,
Un piètre mascara, afin d’y mieux farder
Le tendron qui l’honore, ou, la criarde hardée
Egarée hors la plaine, éjectée de la cime.
L’histoire universelle fascine encor Bossuet ;
Donne ton à cette Katolica chronologia…
Visionnaire (dit-on) ; certes, dépourvu de
plagiat,
Argumente, sans repos ; et jusqu’à en suer.
En un salmigondis de sacré et profane, distille
De la sienne pensée, à l’esprit du crédule,
Moult contradictions… Il croit de sa cédule,
Donner sens aux chiffres ; ses fièvres
instillent
A l’auditeur, avant que de l’assujettir, oracles
Et prétendues révélations… Bossuet est instable ;
La faiblesse des donnes, si l’envie l’attable,
Le contraint à produire, aux risques de débâcles,
De douteux mécanismes, de nuisibles poussées ;
Fort, de
ces prolégomènes, apostrophe tous ceux
Dont la réserve taille prudence… poisseux,
Ses enthymèmes percent l’inconscient émoussé ;
De La Genèse, à L’Apocalypse, nulle n’a le droit
D’ajouter (dit Dieu), à La Bible, d’interprétation ;
La Divine Parole ne souffre de pénétrations,
Fussent-elles enclines aux canoniques droits.
Quand on cite Hérodote (même si plus tard,
Voltaire
Absout ses maladresses…) on ne peut citer L’Ange
Dont Moïse accorda allégeance ! bien étrange,
Ces bifurques dont Bossuet s’illusionne… ce
parterre
Tel un parvis de chapelle romane, est leurre :
Artefact pour la gnose encellulée de rites (…)
Dressée au naos des pensées en faillite,
L’audace fera quémande aux vires du hâbleur !
Esthétique morale, toi qui damnes l’inculte,
Toi qui, du déicide, ignores encor l’ampleur,
Soumets-toi, ô ordalique mue, quand les pleurs
Vident tes lacrymales ! Au Seigneur, Le Culte !
Aux autres, ces Romains qui l’insultent
Aux dominicales
messes : _ voyez la peur
Enténébrer vos rêves… si Bossuet est offrande,
Fénelon, agapes de transsubstantiation,
Alors, n’avez de La Grâce, en La Rédemption,
Part, aucune !!! La Vérité fait fi des
prébendes.
Bossuet hait les Juifs… je hais ce que Bossuet
En salive de crue, bavoche sur l’idoine !
Ma foi est la mise comptable dont je soigne
Le malléable myome, pour guérir, sans huer
Au soir de l’entremise, la conciliation
De l’homme privé de Dieu, infesté du pérore
De ces catéchumènes, qui, aux aurores,
Prétendent donner sens au mot : Salvation.
Au conclusif d’un anodin graphème, je pose,
Avant que de me taire, et sans palinodie :
Bossuet s’en est allé_ cela, sans contredit,
Le 12 avril 1704, après longue agonie, morose,
Emporté par la maladie de pierre…
Quelle ironie, pour un sage d’empire,
Quand on sait que Pierre veut dire :
Apokàlupsis (Révélation)… Authentique Prière
De l’âme reconnaissante, voire… sincère.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
L’étrange vient ouvrir, en l’automne naissant,
De nouvelles boutures, puis refermer d’hier,
Les volets écaillés… grincent les charnières
De ce cycle vaincu de rêves angoissants :
Catadioptriques songes, léthargiques visions ;
Au gris de l’insomnie, s’enrouent, parfois,
D’accessibles ventées impulsées de ce froid
Modelé de blizzards en mue d’éclosion.
Au chevet de ma lampe, vacillent des idées,
D’iambiques fredons dont ma voix fait offense ;
J’en façonne l’aria toilettée d’élégance,
Conquis de tant d’ivresses, au son de paridés.
En sonores stances, s’interfèrent des notes :
Mélodieux arpèges, monodiques accords…
Aux musicales pauses apostillant l’écore,
S’entrelacent des hymnes dizygotes.
Les brumes semblent ouater l’atmosphère
Clivée à la mofette empuantissant l’azur…
En épointent, malgré elles, à l’usure,
Les moites escarbilles au rêche carbonifère.
A l’envol des tétraonidés, disséminés, les nuages
Enténèbrent l’espace dénué de rais :
Vieillissante charpente épiée des forêts,
Sénescent canevas aux bribes de blutage.
Champêtre, guillerette, la nature dénoue
De ses rustres cordons, l’efficace entrelacs…
Flore et faune s’harmonisent, au verglas
De nuitées ignorées du majestueux gnou.
J’enveloppe ma prose, d’attractives chimères ;
L’illusionne d’angles, de riches perspectives
Etoilées de pentélique marbre : subjectives
Théories savamment ointes d’éphémères.
Une page est tournée… j’encarte d’un ex-libris,
Les jaunissants feuillets de la mélancolie…
Mon verbe se fait silence, mon mutisme :
folie,
Pour allouer à l’œuvre, ces goûteuses prémices.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
Qui a endimanché le péché séculier, bridé
La foi du sage au faîte des résiliences ?
Qui, du conciliatoire ceint de patience,
Effeuille la pondération, sans en rider,
L’exacte mesurage… de ce rédhibitoire,
Au juste calibrage de l’esprit affermi,
S’entrelacent, au for de l’insoumis,
De schismatiques dissonances ; l’histoire
Les vient _ sans rétention aucune_ dévoiler ;
La peur du lendemain, l’angoisse du présent,
Etranglent le plébéien ; ai vu, en les
croisant,
Les serfs s’enquiller aux nuits étoilées,
Les faubouriens, prier leur madone chaulée :
Illusoire badigeon… les voyais, attendris,
Accorer de la componction, l’hémiédrie
De ces froids cristallins, forcément, affolés.
Qui a accoutré de penailles les hommes
Enkystés de syncrétiques prêches ; l'adepte
De loges : zélateur bouffi de vains
préceptes ?
Qui l'a ajusté au lore de ce fatum ?
D’inciviles percées indisposent encor, l’envie,
Et le besoin… voire l’inéluctable, de la gent
Aboutée aux Célestes Promesses ; les régents
L'ont mise au rang des ennemis, au parvis
Dont le prévariqué : isolé, sans obole, sans
gage,
Ignore la rudesse… cet agora violente l’attente
Du pénitent… puis, peu à peu, fermente
Du raisonnable, le cœur désysopé d’adages.
Quand sombre hors la nue, l'orbe démuni,
S’affaisse l’astre luisant, le cosmos agonise
Entartré de disgrâces… lors, la mort intronise
Du Schéol, la superbe liant le mâle puni.
Privé d’engoulevent, l’insincère piétine, au froid,
D'artères glacées de belles capitales ; le
péché
Y est roi… il glisse où flottent l’emperché,
L’encorné mis à mal, en l’aurore, parfois,
Aux salutaires aubes imbibées de rosée… le temps,
Défait de sa clepsydre, cogne aux portes butées
De la reviviscence_ ignorant, de la fatalité,
Juste alternance ; puis, essaime, en
partant,
Le dernier embryon : utopique retenir,
amorces
D’existence, ébauches d’un futur en berne…
L’oubli de tout entoile nos revêches cernes :
Disgracieuses poches entre larmes, et introrse.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
Ma mémoire a greffé, en de vagues poncifs,
D’anodines amours, d’éphémères conquêtes ;
S’est faite précurseuse, en-deçà de mes quêtes,
De vaniteux présages, en mon verbe rétif.
Ma mémoire a semé, aux lointaines jachères,
De prétentieux gamètes, d’altiers embryons
Faisant la nique au temps : ces haillons
Enlaidissent, et troublent encor ma chair.
A déprécié de mes brèves foucades,
La fluctuation… concise, thésaurise, au soir,
Pour s’en faire trésor, mes riches accessoires :
Opulentes mises de rudes algarades.
O tristes remembrances, amoindries !
Vous peuplez mes nuits amorphes, léthales,
D’ovoïdes chimères… du nectar de Tantale,
M’abreuviez… jadis, pour, à l’hypocondrie,
Me soumettre, sans mal… vaillance de rois,
Cran de chevau-léger, démunissent
Du ton, en ce confiscatoire, la sarisse
Prête à tuer du vice, le versatile effroi.
Mémoire enfuie, esquivée, mais… présente,
Tu fais de mes vaques, avant que de me lier
De noduleux préceptes ; tu étais mon alliée,
Quand la joie fardait _ imposante,
Les puériles grimaces du garçon fragile :
Irrévérencieuses moues de l’âme frondeuse…
Les vierges attisées de soifs licencieuses,
Amortissaient ma chute de puceau malhabile.
Je devinais la femme derrière ces canisses
Que les filles dressaient au socle du plaisir…
Leurs jeux donnaient ton au possible désir
Affectant les minaudes huées des pythonisses.
Solitaire, sur la couche bambane, j’écossais
Des fièvres masturbatoires, le visqueux reflux :
Longue traîne de semences joufflues…
L’audace en modulait le cylindre peaussé.
Sélective mémoire_ laisse-moi redescendre !
J’ai des vides à combler, des creux à obturer…
Les mots font réserve, afin de m’emmurer
A l’hypogée d’un cycle maculé de cendres.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
Si j’étais poète, au printemps des amours,
Trouvère, sur les routes menant à outre-lieu,
J’offrirais à ma muse, au chant du courlieu,
L’assise de ces rêves siéent aux troubadours.
Dînerais_ peut-être_ au clair de riches lunes,
A la table de ces souveraines, quand l’étoile
Pose, aux sombres nuitées_ sur la voile,
L’écho de ses éclats… en-deçà des lagunes.
Si j’étais poète, aux ides renaissantes, fier,
Dresserais, aux aurores, en l’endosse du jour,
De captieuses fragrances… parfumerais l’ajour
Des belles courtisanes, des biches altières.
Ecrirais sur la peau d’un vieux palimpseste,
De sinistres mémoires, de vaines doléances,
Pour déclouer de l’âme ‘’breloquée’’ d’allégeances,
L’entregent du servile prisonnier du geste.
Ma prose, enclose de badines, ouvrirait
Des roses, la gracieuse bractée… perchées,
Les frêles étamines, sagement épanchées,
Fluidifieraient des stigmates, les rais.
Si j’étais herméneute d’un empire de cendres,
De tous les podestats parjures, déloyaux,
Ecalerais, sans mal, des mots vrais, le noyau
Bridé du conclusif réprouvé des polyandres.
En la tonitruance m’étant coutumière,
Le servant avachi au pupitre, l’infatué,
Ce prélat piégé du nonce destitué,
Ne seraient plus que… grises poussières.
Si j’étais, des abyssines tacles, rivarolien,
Pousserais, aux mâtines, des monotones laudes,
L’angoissante homélie de chantres en maraude,
D’autres capucinades : oraisons sans liens.
Si je deviens poète, au creuset de l’histoire,
Vous saluerai d’en-Haut, avec grâces, constance ;
N’aurai de la
houspille dépréciée des instances,
Aspirations aucunes… tairai des congruences,
L’adaptabilité ; mieux encor, le nimbe d’offertoire.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023
Je cours après un rêve à nul autre pareil,
Un sourire pris aux reines de la Villa Sparta ;
En une étroite loge engainée d’omerta,
Défilent d’autres louves épuisées de sommeil.
Au bord de sa cascade, me suis laissé bercer
De chimères tranquilles, de douces mélopées,
Et qui, de la barlongue, viennent envelopper
De mes envies d’ailleurs, l’inutile percée.
Son regard dénature mes probables défaites,
Désocle de ma targe, avant de disparaître,
Le précieux rivet… elle me voudrait reître
Sur la peau du désir, en un matin de fête.
Animés d’insolences, de cynisme, peut-être,
Les amants s’abandonnent au fil de sa vertu ;
S’imaginent parfois, la serve dévêtue,
Implorant le fier sigisbée afin de l’y soumettre.
Je les regarde pister au son d’un rigaudon,
Et de la tarentelle, décélérer le rythme, émus,
Comme à confesse, le sacristain promu
Aux glorioles : brandebourg guipé de fins
cordons.
Elle fuit mon espace, aux heures égrenées
De ses fragiles pauses… ses attentes diluent
Mes appréhensions ; mais l’a-t-elle voulu (?)
Suis-je au faîte des songes, que l’on dit mort-nés ?
J’en voudrais redescendre, accéder au palier
Des gracieuses amours, de l’amativité ;
Accéder, comme Chateaubriant, en invité
De romances princières… pour elle, me lier…
De Germaine de Staël, quêterais conseils,
Ou de la Sévigné, quelque ruse d’insert ;
De l’épistole bleue, confierais_ sincère :
Madame Récamier, aux furtives veilles,
N’a pas eu de pareilles… se peut-il, ma mie,
En ces subtiles feintes, que la peur contriste,
Et pour s’en faire legs, aux ires fantaisistes,
Votre besoin d’aimer ?... De cette anémie
Ebranchée, la chétive ramée, vit-elle encor,
Aux vents désaccordés de l’insoluble peine ?
Ne laissez_ ô tendron de mes soifs, la gêne
Emprisonner les plaintes de ce corps !
Je crois qu’il se veut libre, pour se mieux
offrir,
Aux onciaires poudrées… floconnent en ces ides,
Les délicates perles de l’étreinte sans rides,
L’exquise rosée, en la matutinale… sans souffrir,
Mime du parangon blessé d’indifférences :
Confiscatoire charge d’un vulgaire modèle
Au chevalet d’un peintre sous l’asphodèle,
Immolé au col de désuètes inférences.
Il me tarde, avant le petit jour, de desceller
L’écrin de ces émaux dont, seule, gardiez,
Déçue, avant l’oubli de tout… sine die,
Le circonstanciel… et sans vous rebeller !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023