Je n'ai pas eu d'enfance, d'anniversaires,
De jeudis bariolés, de dimanches
sucrés ;
Les pavés d'ordalies, souvent, de
décrets,
Sur lesquelles je bute,
oppressèrent
De mon être puéril, toute la
mièvrerie…
Aurais-je _ loin s'en faut _
des larmes,
Assécher le débit ? Faut-il que
je désarme,
Lorsque l'amour tacle le cœur
marri !?
Cendres dispersées sur terre
meuble,
Mes rêves ont vécu… mes songes
flous
Empalent des nuits, l'orage en
renfloue,
Sa moiteur… au pied des
immeubles…
Y poussent encor, des cycles
cinétiques,
De hideuses poutrelles : oblongues
tours
D'offertoire, avec, pour seul
atour,
La fumée d'aciérie, l’ouate de
nitrique.
Ai vu se rabougrir, du pal de
l'offense,
De pantelants soupirs ; le
corps nu,
Dont les caresses troublent l’ingénue,
En ces dévergondages… sa
souffrance
Trouble l'inconfort du style :
tropisme
Du naïf ceint de fatuités :
nutation
D’un pleutre sanglé de
prétentions
Arguant l'improbable charisme.
N'ai point connu, de la prime
jeunesse,
L’intenable chahut du dortoir
éteint,
Ni l'éclat feutré de doux bas
de satin
Galbant la cuisse
enchanteresse.
J'effeuillais du désir, les
primes pulsions ;
Peut s'en fallait que, des
mortes lieues,
J'aille ajuster les bornes où
l'oublieux
S'accote trop souvent, avec
rétention.
J'étais un benêt prisonnier de
songes :
Gourdiflot battant seul, la
campagne ;
Sans raisons, le ruffian le
castagne
Lui, l'enfant que le navrement
ronge.
Je rêvais de romance, souvent, de
poésie ;
Fragile, maladroit, paralysé de
peur,
D’angoisses, aux heures où la
torpeur
Coiffe l’indigne sujet d'une
paramnésie,
Tel l’estropié : éclopé
chu de sa gloriole,
Avec pour seul témoin, un passé
trépassé ;
Au caniveau des chiens, il voit
passer
Les miasmes d'une vie amputée
d'auréole.
J'ai survécu… en un désert de
peines
Lentement éveillées, avant
l'ultime accord,
Des fragiles sanglots du
sénescent décor
D’un immonde cloître; mon
humeur les égrène.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2023





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