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mercredi 17 mai 2023

EFFANER MON EMPREINTE

EFFANER MON EMPREINTE

 

Splendide rosée du matin sur les feuilles,

Translucides perles en mes amours fanées :

Et les jours chevauchent mes années,

Avant que de me lier à d’affligeants deuils.

 

J’avais de mes jeux d’antan, en l’adolescence,

De fiévreuses manies à taire des sirènes

Aux chaotiques parcours, sous la traîne

D’envies dissolues, percluses en l’absence

 

De flatteurs souvenirs, d’élogieux clichés

Empaquetés aux cafardeuses nuits,

Dont le cœur enserre, lorsque l’amante fuit,

Cauteleuses réminiscences, écachées

 

En l’aurore, par d’imprudentes trottes

Piétinant du passé, les plaintives cautèles…

A ces sources purgées, mon avenir s’attèle,

A mon corps défendant : insipides marottes.

 


Troublantes boréales en mon regard borné,

Faites- vous messagères de vernales ivresses !

Se peut-il que l’oubli, aux pulsions traîtresses,

Affadisse en un soir, tous mes troubles mort-nés,

Sans m’offrir d’autres lunes, et sans en écorner

Aux solstices nouveaux, l’immuable détresse ?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

ENIVRE DE SAVOIR (Ebrius est scire)

 

ENIVRE DE SAVOIR 

(Ebrius est scire)


Sur les bancs de l’école, où s’écaillait ma vie,

Livres et cahiers parfumaient en l’absence

Du savoir mien, les mornes exigences

Dont s’attife le fat… si la folie survit.

 

J’écoutais ânonner les serfs privés de liberté,

Pérorer les plus sages, aux doctes connaissances

D’un troublant magistère dont l’enfance

Subit les généreuses foudres… ce, à satiété.

 

En haillons d’écolier féru d’imaginaire, j’errais

En des méandres à nul autre pareils…

Je rivais à des mots éclatés sous la treille,

L’uvale lie au noueux pampre de cette forêt

 

Dont s’enorgueillie le condisciple bagué

D’itératives règles… se peut-il, en ces ires,

Dételer du réel ; voir pousser, sans le dire,

Des semences, par d’autres, irriguées ?

 

J’ai fait ce que j’ai pu pour résonner mon double,

Pour enclore du rêve le sabir trop bavard…

De ce feu volontaire, ces ignifuges dards

Me perforant l’idoine, quand l’ivresse me trouble,

 

Emanent des vapeurs encellulées de gêne…

Pourquoi n’ai-je point eu la science abordable ;

Que me fallait-il donc pour m’asseoir à la table

Des multiplications refoulées de mes gènes ?

 

J’avais peur d’avancer sur ces bermes pentues ;

Je me voyais sombrer au fond du précipice…

Aux larmes qui m’empalent, en d’autres auspices,

Je dédie ma faconde de rhéteur essoufflé, obtus,

 

Quant aux siennes componctions ; j’eusse aimé,

En ce deuil inavoué, revenir en arrière…

Voir des ombres floutées la nuisible ornière

Dressée en paravent, pour au soir, empaumer

 

La rogue d’autosuffisance : cet hotu dégarni,

Aux heures appréciées de la gent pontifiante,

Celle qui _ en amblyope _ dope, confiante,

Hélas ! sa primale vertu élevée hors du nid

 

Où piaille la couvée (dont je fus) sinistrée,

Isolée en de vains paradigmes de conjugaison

Entoilée de disgrâces, aux riches lunaisons :

Vrai langage, ou babil, déportés du slang calamistré.

 

L’école fronçait de mon désir d’apprendre,

L’inusable bâti… elle traduisait mes peurs,

Mes proches déshérences, ma fatale torpeur ;

Tel un anachorète, je me voulais surprendre

 

Au seuil des solitudes : Ermite pusillanime

Aux tâtons d’un espace empierré d’illusoires

Faillites, en entête d’un vieux pli dimissoire,

Projeté d’édits se voulant magnanimes.

 

La fadeur des récrés, les comptines sucrées,

Ont profané mes joies de craintif aspirant

Sis au faîte d’alpestres monts ; conjurant

Le malheur lorsqu’il crisse en craie.

 

De mon vocabulaire de marmot effaré,

Pointaient des borborygmes toujours prêts

A éclore de la puérilité : impudiques apprêts

Du sarcasme buté d’un corps désemparé.

 

La belle communale que j’ai jadis aimée,

M’a toujours mis au banc des cancres incivils,

Des cossards indignes, des plus vils ;

Moi qui ne suis que douceur au fusain arrimé

 

A l’étoupe d’un aquafortiste… moi, cet assidu

Potache en quête de découvertes : enfant

Soupirant au frêle conceptacle d’olifants

Aux claires poussées… telle la main tendue.

 

Pourquoi me laissiez-vous, censeurs équilibristes,

Vous rejoindre sur le fil de la déconvenue ?

Pourquoi fîtes-vous, à mon cœur ingénu,

Evasives promesses ? que ne serais-je libre,

 

Pour pleurer sur d’autres épaules, la dureté

De mots vitriolés de haine, et que, malgré

La tutelle de votre acharnement, l’engrais

De votre tacle fit pousser, sevré de pureté,

 

De miasmatiques bribes à mon esprit défait,

D’infimes corpuscules en mes yeux vitreux ;

Pourtant, je vous garde en mes soupirs ocreux,

Quelque reconnaissance… c’est un fait !

 

Pédagogues des jours en berne, ma tendresse

Vous accorde satisfécit ! Je vous aime ;

Vous demeurez pour moi, au petit matin blême,

De vaillants précepteurs au for de la détresse.

  

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

SOIS CONFIANT

SOIS CONFIANT


Les femmes demeurent les mêmes :

Se bâtissent les ponts ; nous les traverserons !

Aussi, dire librement : ''je t’aime''

Quand le cœur se munit d'éperons,

N’engage à rien, si à tous vents, il sème.

 

L’amitié, en ces années funestes,

Rassure au soir ; tout le reste prend l’eau,

Aux heures creuses où l'amour lâche lest,

Que point, dès l'aube, un vieux décan pâlot.

 

En l'aber où s’ébrouent les amants,

Flotte la peur cosmétiquant l’affect ;

Faut-il pour autant, tacler ces moments

Dont la muse figée pommade l’intellect ?

 

Doit-on croire en ces pusillanimes,

Enfiévrant sans autre,  le moratoire forclos,

D’ultimes préfixions ; aux nuits, lévitent

Sans cesse, et sous les battants clos ?

 

Croire en Dieu, en Ses Saintes Promesses,

En L'Agneau Crucifié pour moi, à Golgotha,

M'absout du mensonge des messes

Dont semble friand l'impertinent gotha ;

 

Paradent, gouvernants et arsouilles

D'amphigouri, au formol d'impétrants ;

Ils louvoient, tristes, laids… se souillent

De prêches d’abbés voûtés s’administrant

 

D’ascétiques fouailles lustrées de despotes 

Dont le népotisme est un piètre leurre

D'avunculaires pièges ; l’âme le dépote,

Au naos d’un temple nécrosé de douleurs.

 

Ne se peut ici-bas, monnayer la psyché !

Le perfide affidé aux délictueuses rondes

Réajuste la faute, pour la mieux nicher

Sous l’ego... souvent, l'escrime pudibonde.

Perce la femme possédée... en ce monde


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

mardi 16 mai 2023

IL T’EN FAUT CONTENTER…

IL T’EN FAUT CONTENTER

 

Aux grilles d’un confessionnal, s’attarde

La rosière d’un couvent déviergé, abimé

De relaps dont les récidivistes, armés

De faux serments, font aux mâtines, cacarde…

 

Se vient soumettre, cœur cinglé de doutes,

Au captieux haruspice de son archevêché :

Epigone de prêches, lui voulant empêcher

De se mirer en l’Œuvre qui l’a absoute…

 

Mortes, sont les coutumes, le particularisme ;

Ineptes, les conventions de la gent religieuse ;

Il se faut rédimer d’offrandes prétentieuses,

Pour connaître de l’âme l’efficace théisme !

 

Elle a su _ amortie de contraintes _ assurer

En ces maux, l’exacte dimension… la foi

Ne se peut dupliquer… elle vaque aux froids

De l’épreuve chagrine la voulant emmurer.

 

Bercée de contrefaits, s’immole au feu du mal

Dont s’offusque la serve déliée d’hédonisme…

En ce flou déjeté du nuisible sophisme,

Se croit encor coupable de l’entrisme du mâle.     

 

L’offense porte deuil en des affres tronquées ;

Nul ne sait de ces leurres, se vraiment préserver ;

Altérer le silence de coupables mises, en incurver,

En d’autres idiolectes, et sans s’en offusquer,

 

Le possible arbitraire, est, pour qui conjecture,

La muse de l’idoine… pour le toujours figer...

Fi de ces algarades dopant pour affliger

Le nouveau repenti ! faut-il des conjectures,

 

Enclore en d’autres arguties, la malléable mue (!?)

Qu’espérons-nous voir naître au seuil de cet éveil

Dont parle le béjaune encoffré de sommeil ?

Sont-ce des ordalies, ces édits de transmue ?

*

Elle aimerait pénétrer de la paix, le nimbe,

S’asseoir, sans montre de réserve, au seuil même

De l’Histoire, la Vraie ; esquiver l’anathème

Mis en livrée au creux de sombres limbes.

 

Sa voie est déjà tracée… n’est point d’abandon

Qui ne soit, un jour, récompensé ! L’autre Vie

Est un Chemin étroit, un sentier pour l’âme

Possédée du Sauveur Eternel… quand je m’y pâme,

L’amour vient accorder de mes nobles envies, 

Le Don du Solennel, au Son qui me ravit...

 

Fille, ne te fais point femme, avant d’avoir goûté

Au Souper de L’Agneau ! Aux mets du racheté,

S’harmonisent toujours _ et s’en s’y détacher _

Les succulents appoints d’un Digne Velouté.

 

Je me sais retenir d’anonymes confesses (…)

Bâillées au porche de bambanes chapelles ;

J’ai l’esprit du Chrétien prêt au soir, à L’Appel

De Ce Cri Léonin : _ Viens boire des Promesses,

 

L’Eau Pure de Mon Verbe ! Mon Pain est Offrande,

Mon Vin est Le Sang en tes veines soumises…

Accepte du Calvaire, aux Donations permises,

Le Divin Sacrifice, sans appui, ni prébende !

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

lundi 15 mai 2023

OU ÊTES-VOUS ?

OU ÊTES-VOUS ?

 

Où êtes-vous madame ? De quel nœud gordien

Vous a-t-on enjuguée_ vous dont la solitude

Berce de vains désirs, la rude rectitude ?

Laissez-moi revenir en fidèle gardien !

 

Des topiques pas, aux marches meurtries,

Je sème cailloux à dix lieues des routes

Où flottent encor de cuisantes déroutes

Peu à peu éventées de vos rites contrits.

 

De facétieux lutins cambrent de ma soif,

La vitalité, puis, m’isolent du ruisseau

De vos larmes égrenées du fuseau

De l’altier profil rehaussant votre coiffe.

 

Dîtes-moi, ô madame_ de quelle manigance

Vous fait-on intrigues ? Sera-ce, à mon insu,

En de folles menées, de sentes sans issue,

L’ultime cagoterie étoffée d’allégeance ?

 

Etes-vous des voluptueux nids, ces boudoirs,

Sirène, peut-être sultane aux pieds d’argile,

Aux rives d'atolls peuplés d’instables gilles  

Enivrés de parades posées en accoudoirs ?

 

Sans y entendre malice, revenez écorcher

De ma chair hybride, l’inconfortable sangle,

Délier de ma peau métissée, tous les angles :

Stridule de ce corps au cœur trop amoché !

 

Où êtes-vous, mutine ? … triste, j’espère

En la déréliction, vous charmer ; ma thébaïde

Est un lit de promesses sans rides,

Un berceau clair, sans liens, ni repères.

 

Quand je rêve, s’étoilent, en mon sommeil,

Le grenat de vos lèvres, le carmin d’une bouche

A la vôtre, pareille… l’enfer naît de l'horrible couche

Où le désir fossoie les étreintes de veille…

 

S’il fait soleil en vos envies, guidez du calque

La vraie sonorité, que j’aille ex abrupto

Enfoncer la porte ! Je souffre en cet étau

Entaillant joies et peines de défalque

 

Conspuées de silènes dont, madame,

Vous drapez la gêne, d’un gracieux sourire…

Mes idéaux sont vôtres… n’est-il pas ? Rire

De mes blessures, si ma gourme se pâme

 

A vos roses joues, ne ferait qu’enlaidir

De ces déconvenues, palpable défaite…

Laissez-moi de vos gestes, faire fête,

Que j’y voie s’esbaudir ce que vous n’osiez dire !  


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023