(Sommeillent d’autres saveurs)
Au satin de
vos lèvres somnolent des baisers,
De petites
lueurs irradiant la bouche ;
La vôtre
captive de mes pauses farouches,
Humidifie l’espace
dont je me veux griser.
Au velours
de la chair attentive aux ébats,
L’audace se
fait reine… il pleut des insomnies
Entre nos
corps défaits, d’imprudentes manies
Echues de
ce rivage où le cœur se débat.
Délié de l’angoisse, de l’irascible aplomb :
Rubicondes pépites, sanguines appétences,
J’enferre peu
à peu de la concupiscence,
Le malléable
avers : ce tramage de plomb…
Assujetti sans
autre au filin de vos gestes,
J’avance en
équilibre sur la peau du désir
Dont vous
êtes_ rétentive louve _ au plaisir,
Agréable Carmen,
attractive bupreste.
Au grelot
de vos rires se diluent mes attentes ;
Perceptible
ô combien au calme de vos eaux,
Mon besoin
s’apprivoise, tel le souple roseau
Chahuté des
ventées comme amoities d’andante :
Enjôleuse musique
qui des nuits cendrées
Soulève l’adagio
enfiévré d’ambitions…
N’est ici,
d’autres larmes que suées de faction
Aux aguets au
tertre d’ombres madrées.
Je longe du
courtil de votre galbe chaud,
La
charmille pentue… m’en dois-je disculper ?
N’est de
plus doux passage pour doper
Ma mâle
certitude que ce plaisant cachot.
J’y vois
aux primes abandons, naître encor,
Et la nuit,
et le jour, les ultimes drageons
De votre
bel hymen… par ce ru, engageons
De l'instant l’entrelacs de ces corps !
Pistez de ma
vacance les rudes bosselures !
Se peut-il
que la gêne contriste vos humeurs,
S’enrouent
(en l’écho du remords) les clameurs
Donnant vie
à notre appariement ! la fêlure
De contiguïté
est un trouble notoire ; il tacle
En ces
faits, l’ensellure voûtée… brisez-en l’aura !
Verrez aux
claires mues… nul autre n’en saura
Comme vous
l’approuver en la macle _
La beauté
du simple retenir… gardez-moi
Sous la
vague dont vous faites furie !
En coulant,
j’y verrai en steamer équarri,
La profondeur
de ma sombre cale ! les cauris
Paveront le
deuil de mon fonds éventré ;
Morte sera
la lame écumée sous mon nerf…
Au ressac
de ces flots, l’avenaire
Toisera ma
superbe cloquée, décentrée…
Deviendrai carène d’un vieux marigot :
L’épave
déposée au ventre d’une rade
Où s’égarent
les pas de pérégrins maussades,
L’empreinte
d'amants piégés de l’albugo…
Toutefois,
si vos pleurs font quémande au soir,
Viendrai aux
molles certitudes encerner
De vos
rêves mutants, et sans les encorner,
Emorfiler nos
jeux rompus sous l’aiguisoir.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2023







