Il fait
déjà printemps sur la plaine humectée
De diaphanes
perles chues du ciel d’avril ;
Les roses exhalent
l’air empuanti du bouvril ;
S’y repaît
le corpulent cheptel comme éjecté
Du pré où
broutent quelques daines, à l’aube
Mise en
écharpe au col de la nature…
Grisée en
cet espace ceint de mille boutures,
La faune s’en
vient naître, tel le cobe
Alangui au cœur
même de l’Afrique…
La savane
en enserre le majestueux bedon,
Plissant du
hallier, du lac… l’altier tétrodon
Caché sous
les ajoncs, et qu’encage la crique.
De suaves
senteurs éclatent leur fragrance,
Eparpillent
les sucs de la flore captive
De ce
tableau aux nuances trop vives,
Cependant que
le lac souffle sa radiance.
Mon cœur pose
complainte aux ventées anodines,
Emulsionne
du temps les secrètes ridules…
J’y vois
sous d’autres bises d’agréables fusules
Délacer de
la soie, les miasmes d’amine.
Etrécies au
ventre des prairies, les sentes nues
Piègent l’empreinte
pérégrine de flâneurs
Enivrés du
preste renouveau… le promeneur,
La mutine
rosière s’arment en ingénus,
A quadriller
au frais de la charmille, l’alleu
Où s’esbaudissent
les amours contadines,
Le noduleux
pampre boudé de citadines
Lestées de
vains désirs, de murmures fielleux.
En cette
renaissance aux ascétiques laudes,
D’affronts
jubilatoires, aux liesses ténues,
Les ombres
s’amenuisent sans autre retenue,
Peu à peu évidées
de joutes billebaudes.
Ne se peut _
en ce doux retenir _ conglober
Et l’espace,
et le temps… c’eût été démentiel
D’aliéner à
la vie l’antre artificielle
De ces ides
vaincues, ces saisons bilobées !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023




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