O douce
prairie de mes premiers pas :
Je te
voyais fleurir entre la sente verte
Et mon
ombre floutée, ma silhouette alerte
Griffée au
hallier frangé sous l’ajoupa !
Tel un
pédonculé dressé sur morne plaine,
L’arbre de
mon enfance obombrait au matin
La maison que
l’aigail au jour diamantin
Rinçait de gangues,
de bruines souveraines.
O verdoyant
pâtis de mes jeunes années ;
Je te laissais
guider mon imprécise marche !
Ma peau de
ce mirage, sous l’arche,
S’est
imprégnée des vents qui sous l’atné
Des tubules
frisaient souvent la barde ;
Je me
vois courir entre le filao, le buisson,
Le fourré, quand piaillent à l’unisson
Les frêles
hirondeaux que sublime le barde.
En de
tendres errances : flâneries pérégrines,
Je soufflais
des besoins à l’étrange nature
Prise aux confessions
de l’enfant immature
Dont j’enquillais
l’aura à mes larmes chagrines.
J’écernais
de mes fuites, en ormet procordé,
Les flexibles
esquives du temps à retenir,
Ebaubi du
silence s’y voulant abonnir,
De la
furtivité des passions encordées
A ma nubile
mue… j’en cueillais les prémices ;
Heureux par
devers moi, aux contadines lies,
De ce
paysannat dont les clos se délient
Aux passagères
bises qui lentement frémissent.
Le temps en
faisant montre de rétention,
Lors, m’en
offrait aux rais désengagés,
Ses risibles
broquilles, ses factices dragées ;
Ma bouche
en flattait l’idéale potion.
En l’excuse
du vide, dégringolent ces heures
Amputées aux songes du garnement hardi…
Démuni du vivat d’apologues médits,
Suis-je céans, échevin d’un royaume de leurres,
Magistrat d’outre-lieu,
podestat d’un désert
Où flottent
les nuits d’encre ? y frémissent
Des lunes
éborgnées… elles gémissent
Des râles purgés apeurant la zeuzère.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2023






