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vendredi 3 mars 2023

CIREUSES BILLEVESEES

CIREUSES BILLEVESEES

 

O douce prairie de mes premiers pas :

Je te voyais fleurir entre la sente verte

Et mon ombre floutée, ma silhouette alerte

Griffée au hallier frangé sous l’ajoupa !

 

Tel un pédonculé dressé sur morne plaine,

L’arbre de mon enfance obombrait au matin

La maison que l’aigail au jour diamantin

Rinçait de gangues, de bruines souveraines.

 

O verdoyant pâtis de mes jeunes années ;

Je te laissais guider mon imprécise marche !

Ma peau de ce mirage, sous l’arche,

S’est imprégnée des vents qui sous l’atné

 

Des tubules frisaient souvent la barde ;

Je me vois courir entre le filao, le buisson,

Le fourré, quand piaillent à l’unisson

Les frêles hirondeaux que sublime le barde.

 

En de tendres errances : flâneries pérégrines,

Je soufflais des besoins à l’étrange nature

Prise aux confessions de l’enfant immature

Dont j’enquillais l’aura à mes larmes chagrines.

 

J’écernais de mes fuites, en ormet procordé,

Les flexibles esquives du temps à retenir,

Ebaubi du silence s’y voulant abonnir,

De la furtivité des passions encordées

 

A ma nubile mue… j’en cueillais les prémices ;

Heureux par devers moi, aux contadines lies,

De ce paysannat dont les clos se délient

Aux passagères bises qui lentement frémissent.

 

Le temps en faisant montre de rétention,

Lors, m’en offrait aux rais désengagés,

Ses risibles broquilles, ses factices dragées ;

Ma bouche en flattait l’idéale potion.

 

En l’excuse du vide, dégringolent ces heures

Amputées aux songes du garnement hardi…

Démuni du vivat d’apologues médits,

Suis-je céans, échevin d’un royaume de leurres,

 

Magistrat d’outre-lieu, podestat d’un désert

Où flottent les nuits d’encre ? y frémissent

Des lunes éborgnées… elles gémissent

Des râles purgés apeurant la zeuzère.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023