En d’autres
matins gris, à l’aube,
S’éveillent
les amants repus de langueur ;
Flottent en
l’air serein, en ton globe,
Les premières
lueurs du jour en sa vigueur.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2022
En d’autres
matins gris, à l’aube,
S’éveillent
les amants repus de langueur ;
Flottent en
l’air serein, en ton globe,
Les premières
lueurs du jour en sa vigueur.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2022
Le galbe de Vénus, désoclé de l’artiste,
S’écaille sur la toile du peintre à bannir ;
De sa croûte mitée, percent avant de jaunir,
Des stries… aux années, elles résistent.
Du ventre froid de l’œuvre les plis
S’effritent pour laisser apparaître
Des dorures agrestes faisant naître
De ce préraphaélite empli
D’amertume, foudroyé du regard :
Triste néophyte de décombres,
Des pochades trop sombres
Sans teintes, ni d’autres fards.
Les pans de fontaines en allument
Des rais pris au flou anonyme
Du portrait retouché, d’ultimes
Carnations, d’ouateuses brumes.
Au soir, entre deux réverbères
Inondant une impasse pavée,
Trottent succubes, et profils délavés,
Sans nimbes d'atmosphère :
Fades fresques, esquisses cramoisies :
Inauthentiques craies d’un lord écossais
Aux délires plissés de songes insensés,
Ou versatile esthète féru de poésie...
J’épie du coin de l’œil, cette décrépitude !
Mon cœur saigne, je l’entends soupirer
En l’acmé venu là, l’emmurer
De plaintes encagées d’hébétude.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2022
Belle en
ces jardins où l’amour s’acclimate
A la peau
de tépides caresses ;
Plus belle au
soir de lunes enchanteresses
Navigant en
l’azur ; les ombres les formatent.
Sublime sur
le port, quand rentre le marin
D’un
pénible voyage… au bal de sirènes
Qui au roulement
des vagues, enchaînent
L’océan bleu
aux reflets cristallins.
Noble en l’aube
fragile, aux vents chauds
Embrasant le
sable gris des dunes ;
J'aimerais
écluser de ses traces falunes
L’éboueuse teinte foulée des maréchaux.
Altière sous
la toise de désirs béants,
L’espère conquise
au jour naissant ;
L'absence
est un leurre : appât blessant
Ou cruel gluau…
au revers du néant.
Splendide en
des notes posées
Aux dents
du clavecin ; pour elle,
Les arpèges
décélèrent l’allure : celle
Dont l’adagio
se veut martyriser…
Ardente sous
la brèche du spleen,
Ramifie des
branches du devenir
La flèche
terminale… sans céans, parvenir
A voiler ses
traces contadines.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2022
Ma mémoire
écime les offres assassines
Que jadis
vous fîtes au vulgum pecus ;
Elle bat en
retraite, fuyant le tylenchus
Parasitant de
l’âme la travée abyssine.
Elle captive
encor gueux et manants
Eblouis au
cortège de prévarications
De gras silènes
bouffis de prétentions,
Et qu’encartent
les termes de l’aliénant.
Ma mémoire frelate
du verbe présomptif
Avant l’aube
nouvelle, en l’éveil,
Le bedonnant
cylindre que surveille,
Et pour l’annihiler,
le germe procréatif.
De souvenirs
éteints, aux mortes resucées,
Elle pose
licol aux clichés d’autrefois ;
Transmue de
sa superbe, aux froids,
Les profondes
ridules la voulant plisser.
C’est un
puits artésien où dansent
Aux lunes
pleines, les rires du matin,
Les doux
conciliabules… d’incertains
N’osent ici,
en lier la cadence.
Ma mémoire
assagit de la cognition
L’altérable
mue du fantasque cerveau,
Ce double
capricant en deçà du biveau ;
Elle mord
au nanan de la prétention.
Elle a
nimbé mes premiers graphèmes,
Stylisé ma
faconde de naïf rhéteur ;
Elle a su évincer
mon venin séducteur,
Réajuster l’iambe,
l’allocutif phonème.
Ma mémoire,
en drapé de censeur,
Confisque à
l’idiome privé de sémantique,
Princière_ ô combien ! _ la quantique
En l’épiphénomène
de pavés d’épinceurs.
Quand elle
s’en ira aux lointaines jachères
Egrener le
silence du trompeur chapelet,
Les rites d’écoliers,
et que l’on épelait,
Tairont de
l’espace tout ce qui m’était cher…
Lors,
vaincu, quoique rasséréné, irai
Battre coulpe
en ces orbes distants
Où la vertu
captive et l’espèce, et le temps,
Afin d’en
ratifier, sans jamais l’adirer,
L’ultime
parchemin de songes préconçus :
S’y
miraient les soleils de l’enfance baguée
De douces
lallations, de babil irrigué
De gazouillements gracieux et cossus.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
Faut-il à deux genoux éteindre des misères
La rougissante
flamme… adoucir sans mal
Les rudes braises,
quand en nous, l’animal
Perfore de
mensonges l’autre hère ?
Faut-il que
le péché devienne la norme
Pour occulter
de l’homme l’acrimonie ;
Doit-on de
fastes, en cérémonies,
Confesser ses
tares… pour la forme ?
Aimeriez-vous
surseoir des procédures
Le bon
déroulement… vitrioler l’affect
Pour donner
aux fougueux intellect
L’illusion
de brider l’avilissant parjure ?
En des
donnes plus sages, sans s’y récuser,
L’offrande des
doctes accusera sans autre
La joie du
retenir, en valeureux apôtre,
Le bonheur
dont l’âme peut (doit ?) user.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2022
Louise, vous me semblez bien pâle ;
Auriez-vous en ces temps vu la mort
En reptation, vous soumettre au pal
Du malheur, votre vie à son mors ?
Il pleut au clair du Mont Marcy ;
Aux Adirondacks, la pluie s’éternise
Pour offrir aux cailloutis noircis,
La moiteur des rives où la vague s’enlise.
Bien-aimée, mes attentes sont vôtre !
J’imagine aux nuits écarlates,
La noirceur qui s’y lentement vautre
Lénifiant du mal, le reflux disparate.
Pour ici s’alléger du joug de l’audace,
Mes fièvres accusent la dolence
De nos songes meurtris ; j’en efface
Sans peine l’irascible constance
Dont ma verve empourpre à tort
Le limpide larmier, quand perlent
Les sanglots du podestat retors
Dont la rage, et l’amok déferlent.
Tendron de mes jours, ma compagne,
À vos pieds, en liesse salvatrice,
Je pose mon cœur chu de la cocagne...
Subsistent qu’inutiles blandices !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
Blessures,
blessures, vous dont l’âme
N’est que souffle
léthal, qu’avez-vous fait
Des printemps
où l’enfant stupéfait
Embrase la
nature d'une ardente flamme ?
Voyez couler
le venin de la honte,
La sève du
profane ceint d’amertume :
Purulente
lie aux fièvres qu’allument
Le désespoir, si l’accablé l'affronte !
Blessures, qui
étoffez les souvenirs cossus
D’un drapé de
dynaste, les riches apologues
D’un raglan
de monarque : analogues
Prouesses de
vos rêves pansus.
Oh !
comme je vous plains d’être des lésions :
Vulgaires
empreintes, inélégants trophées
Cachés sous
la paroi de procédés surfaits,
Enfouis aux
décombres des désillusions.
Quand l’ombre
se fera, au seuil du renouveau
Evidente lumière,
vos folles incartades
Deviendront
aux lunes qui s’attardent :
Fraisils de bourreaux au ventre du caveau.