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samedi 3 décembre 2022

PEINTURE ECAILLEE

PEINTURE ECAILLEE

 

 

Le galbe de Vénus, désoclé de l’artiste,

S’écaille sur la toile du peintre à bannir ;

De sa croûte mitée, percent avant de jaunir,

Des stries… aux années, elles résistent.

 

Du ventre froid de l’œuvre les plis

S’effritent pour laisser apparaître

Des dorures agrestes faisant naître

De ce préraphaélite empli

 

D’amertume, foudroyé du regard :

Triste néophyte de décombres,

Des pochades trop sombres

Sans teintes, ni d’autres fards.

 

Les pans de fontaines en allument

Des rais pris au flou anonyme

Du portrait retouché, d’ultimes

Carnations, d’ouateuses brumes.

 

Au soir, entre deux réverbères

Inondant une impasse pavée,

Trottent succubes, et profils délavés,

Sans nimbes d'atmosphère :

 

Fades fresques, esquisses cramoisies :

Inauthentiques craies d’un lord écossais

Aux délires plissés de songes insensés,

Ou versatile esthète féru de poésie...

 

J’épie du coin de l’œil, cette décrépitude !

Mon cœur saigne, je l’entends soupirer

En l’acmé venu là, l’emmurer

De plaintes encagées d’hébétude.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022