Je t’invente une histoire
Où, sur la balançoire,
Les filles se vêtent d’illusoire,
De gestes confiscatoires…
Je les vois marcher sur l’été,
A petits pas, sur la jetée,
S’entoilant de liberté,
Sans se lier à l’impudicité.
On peut apercevoir, rétive
Cassandre en soubrette fautive,
Triste, de voix plaintive,
Accuser les louves agressives.
La gourmande Julie : otage
De ses désirs, réécrit les pages
D’un grimoire où voyagent
Des saveurs d’un autre âge.
L’étrange Loïs, telle l’uranie,
Se pose sur la fleur… sans déni,
Écalant des sombres litanies,
L’itératif modulé d’insomnies.
Parfois, dit-on, la belle Hélène,
Au doux chant des sirènes,
Se grise de larmes souveraines,
De rires vidés de coupe pleine.
*
Aimerais de la consomption,
Atteindre le seuil des démolitions,
Sans montre d’ostentation,
Éteindre de la fureur l’ignition ;
Puis…
Seul, délié des rivets du péché,
Encor aux ides, me dépêcher
Au soir, pour m’épancher
Sur ton cœur… sans flancher.
*
En la matrice de ma tête,
Grondent des lubies ; je m’inquiète
De les voir en ma mine replète
Donner ton aux défaites.
Mes rêves sont de vie, à trépas,
Des mésaises foulés de mes pas,
Ignorés du confort, que drapa
L’assurance offerte en appât,
Sertie de mille promesses :
Mensonges dérobés aux messes :
Syncrétisme dont l’âme en détresse
Aspire les folles maladresses.
Armand Mando
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