Tombent les
premières neiges des cimes,
Les premiers
flocons duvetés de frimas ;
Aux vents
des galiotes, au faîte de leur mât,
Décembre se
vient perler de bises maritimes.
L’hiver est
à nos portes, ivre de solitude ;
Il marche
sur la peau d’irascibles crachins
Déportés de
l’atoll aux effluves fraîchins,
Déviés du
motu sous d’autres latitudes.
Il porte en
ses bagages de nouvelles congères
Pour amadouer
la nuit, au courtil blessé,
Les fragiles
boutures subtilement tressées
Au bel
espalier voilant l’alevinière.
L’hiver a
fait confesse de pénibles épreuves ;
Lui qui, du
toit chaumé su dompter des saisons,
Avant de
disparaître du seuil de nos maisons,
Aux infimes
coulées que les ides promeuvent.
Au clair de
mes poèmes, je le veux souverain,
Prêt à
dresser sur le lac engourdi, au matin,
Stances de Lamartine
aux atours cadratins,
Strophes bleues
de Malherbes estimées du Borain.
J’effeuille
de sa hardiesse, sans m’en faire jamais,
Les perceptibles
crues… au son de ses sanglots,
J’entoile
de douceur, quand passe le tringlot,
Les pas
désenchantés que l’aube essaimait.
Aguichante parfois,
sa toilette moirée égrenée
De flocons
semblables aux nobles bruines
Apaise mon
regard floué sous pâles ruines
De ces ires
propices à nos songes mort-nés.
Hiver de
mes dérives, mes désenchantements,
Toi qui des
féeries rehausses la splendeur
Projetée au
revers de nos folles ardeurs,
Viens tancer
ma réserve de rétif amant
Pris au
filin de nuits dentelées d’amertume,
Au soir où
l’hétaïre s’attife de breloques !
N’ai pas_
loin s’en faut_ faut-il que je l’évoque !?
La pudeur
du triste clérical encloué au bitume.
Je vais ou
bon me semble ; l’hiver me fait invite
A sa table
mondée de fines particules… j’accède
Au palier
de ses froides striures, en aède
Surpris de
la beauté des floches sous guérite.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2022
