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vendredi 2 décembre 2022

CHRONICITE

CHRONICITE

 

Ma mémoire écime les offres assassines

Que jadis vous fîtes au vulgum pecus ;

Elle bat en retraite, fuyant le tylenchus

Parasitant de l’âme la travée abyssine.

 

Elle captive encor gueux et manants

Eblouis au cortège de prévarications

De gras silènes bouffis de prétentions,

Et qu’encartent les termes de l’aliénant.

 

Ma mémoire frelate du verbe présomptif

Avant l’aube nouvelle, en l’éveil,

Le bedonnant cylindre que surveille,

Et pour l’annihiler, le germe procréatif.

 

De souvenirs éteints, aux mortes resucées,

Elle pose licol aux clichés d’autrefois ;

Transmue de sa superbe, aux froids,

Les profondes ridules la voulant plisser.

 

C’est un puits artésien où dansent

Aux lunes pleines, les rires du matin,

Les doux conciliabules… d’incertains

N’osent ici, en lier la cadence.

 

Ma mémoire assagit de la cognition

L’altérable mue du fantasque cerveau,

Ce double capricant en deçà du biveau ;

Elle mord au nanan de la prétention.

 

Elle a nimbé mes premiers graphèmes,

Stylisé ma faconde de naïf rhéteur ;

Elle a su évincer mon venin séducteur,

Réajuster l’iambe, l’allocutif phonème.

 

Ma mémoire, en drapé de censeur,

Confisque à l’idiome privé de sémantique,

 Princière_ ô combien ! _ la quantique

En l’épiphénomène de pavés d’épinceurs.

 

Quand elle s’en ira aux lointaines jachères

Egrener le silence du trompeur chapelet,

Les rites d’écoliers, et que l’on épelait,

Tairont de l’espace tout ce qui m’était cher…

 

Lors, vaincu, quoique rasséréné, irai

Battre coulpe en ces orbes distants

Où la vertu captive et l’espèce, et le temps,

Afin d’en ratifier, sans jamais l’adirer,

 

L’ultime parchemin de songes préconçus :

S’y miraient les soleils de l’enfance baguée

De douces lallations, de babil irrigué

De gazouillements gracieux et cossus.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022