J’attends
le petit jour en l’aurore sublime,
Quand sifflent
des matins engourdis
Le
malicieux merle, l’habile fauvette…
J’écoute
gronder du fonds clair de l’abîme,
L’étrange
surmulot, le campagnol hardi
Dont le
frêle museau pointe de la cuvette.
En ce doux
paysage encor balbutiant,
La brise s’en
vient naître, caressant la rosée
Où le beau
papillon en s’y voulant poser,
Frôle la
feuille humide étalée en tian.
J’aime en
ces pauses, m’enivrer de moiteur,
Boire du
pédicelle : éphémère source, le nard,
Laper à l’écuelle
rebondie en thénar,
L’éveil de
ces instants pincés de l’adducteur.
Derrière le
courtil aux grillages trompeurs,
J’aperçois
le bouvier poussant sa cariole ;
Son troupeau
assoiffé épie de la rigole,
La ruisselante
lie enclose de vapeur.
Miroitant d’allégresse
en ce jour imprécis,
La rivière
roule sa trop sombre caillasse
Soulevée de
frisures, et qu’effacent
Au soir,
les ventées tristement obscurcies.
Ici, mon regard
pénètre du renouveau,
Toute l’allégorie…
riche de cet apologue,
Mes yeux en
détroussent l’aura…
J’ai
parcouru la terre, escaladé les vaux,
Sans jamais
écouter la champêtre églogue
Couchée au
parchemin que le temps instaura.
Armand
Mando ESPARTERO© copyright 2022
