Je m’éveille
aux moites saucées d’un hiver
Privé de sa
fourrure… je vois passer ici
Aux claires
embellies, le regard indécis
La fille
des matins éclos de l’univers ;
Il me
semble au lointain, entendre rire
Les farouches
lutines du bois de Mérac :
Sveltes
naïades grimées de sandaraque,
Et qu’enfièvrent
tous les vents qui soupirent.
Sur la
route froissée de chahuts anonymes,
S’égarent
des manants grisés de génépi,
De sénescents
croquants déviés par dépit
Du chemin
rocailleux, et que l'onde abîme.
J’aperçois
en des fadasses brumes, à l’aube,
La silhouette
floue de sages hochequeues
Pépiant sur
la branche aux débris talqueux
De blanche neige aux frimas de l’enrobe.
J’ai
supplanté des rêves pâles en ce lieu,
L’impossible
traverse… je me délie du temps,
Pour ceindre
de l’espace au voile de l’autan,
La fébrile
renfrogne apeurant le courlieu.
Des vieillissantes
canisses, aux volets écaillés,
Je m’essouffle
à chercher un peu de poésie,
Un désuet refrain,
sans grimer d’hérésie
Le fastueux tableau du cosmos éraillé.
Les ombres,
de concert, veulent s’harmoniser,
Retenir des
saisons, aux fluctuations,
Et l’espèce,
et le charme de ces mutations
Coulant sur
la portée de notes irisées.
Au dédale
des broues finement agencées,
De pernicieux
rais filtrent les molles bruines
Agrippées au
cortège de battages en ruine
Soulevés en
l’aurore de spires nuancées.
La vie
donne le là à cette sérénade… le gel
S’en vient
éclater sous la roue de décembre
Dont les
marcottes pétrifiées démembrent
L’inutile
ressort jusqu’au flou plastigel.
Derrière la fenêtre j’entends passer demain
Dans son costume gris, altier, impérieux,
Riche de serments sans sabir injurieux,
Ni d’adages
trompeurs puisés de parchemins.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
