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mardi 20 décembre 2022

POETIQUE SOUFFLEE

POETIQUE SOUFFLEE

 

Je m’éveille aux moites saucées d’un hiver

Privé de sa fourrure… je vois passer ici

Aux claires embellies, le regard indécis

La fille des matins éclos de l’univers ;

 

Il me semble au lointain, entendre rire

Les farouches lutines du bois de Mérac :

Sveltes naïades grimées de sandaraque,

Et qu’enfièvrent tous les vents qui soupirent.

 

Sur la route froissée de chahuts anonymes,

S’égarent des manants grisés de génépi,

De sénescents croquants déviés par dépit

Du chemin rocailleux, et que l'onde abîme.

 

J’aperçois en des fadasses brumes, à l’aube,

La silhouette floue de sages hochequeues

Pépiant sur la branche aux débris talqueux

De blanche neige aux frimas de l’enrobe.

 

J’ai supplanté des rêves pâles en ce lieu,

L’impossible traverse… je me délie du temps,

Pour ceindre de l’espace au voile de l’autan,

La fébrile renfrogne apeurant le courlieu.

 

Des vieillissantes canisses, aux volets écaillés,

Je m’essouffle à chercher un peu de poésie,

Un désuet refrain, sans grimer d’hérésie

Le fastueux tableau du cosmos éraillé.

 

Les ombres, de concert, veulent s’harmoniser,

Retenir des saisons, aux fluctuations,

Et l’espèce, et le charme de ces mutations

Coulant sur la portée de notes irisées.

 

Au dédale des broues finement agencées,

De pernicieux rais filtrent les molles bruines

Agrippées au cortège de battages en ruine

Soulevés en l’aurore de spires nuancées.

 

La vie donne le là à cette sérénade… le gel

S’en vient éclater sous la roue de décembre

Dont les marcottes pétrifiées démembrent

L’inutile ressort jusqu’au flou plastigel.

 

Derrière la fenêtre j’entends passer demain

Dans son costume gris, altier, impérieux,

Riche de serments sans sabir injurieux,

Ni d’adages trompeurs puisés de parchemins.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022