Il est un poète
loin de l’île cuivrée,
Du soleil, des lunes éclatées ;
Il sème doutes et mots inusités :
Obsolescence en miasmes d'ivraie,
Aux prés irradiés d'espoir,
D'amour, de cris d'adolescence,
De marcottes qu'ensemencent
Les cœurs devenus dépotoirs.
Il est loin, le chantre désenchanté :
Celui de jours à peine éclos,
Du spleen balayé, yeux mi-clos,
D’angoisses ; il a toujours lutté.
Il pose ici bagages… puis, fuit
Des mots d'autrefois l'ivresse
Réclamée au fort de la détresse
Du minnesinger séduit, malgré lui,
De coruscants rais aux faisceaux
De l’Éther électrisant la plaine,
Des modulations, l'euglène
De mortes rives sous arceau.
Le poète dont l'élégie, la nuit,
Apprivoise les subjectiles sons,
A du froid corridor, donné ton
Aux grues maquillées de suie.
De ces rimes s'ouvrent des notes
Évincées du toxique sophisme,
De récits maladroits : tropisme
Appréhendé de pépie des linottes,
D'invectives faciles d'aèdes épiques,
D'épopées dont la phorminx berce
Le récital ; le rhapsode en déverse
Au reflux, de généreuses piques ;
Loin du licencieux hâbleur,
Brise l'aristotélisme du discursif,
L'emphase procédurière du craintif :
Couard inhibé mué en beau parleur.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022


