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vendredi 9 décembre 2022

TROP LOIN

TROP LOIN

 


 Il est un poète loin de l’île cuivrée,

Du soleil, des lunes éclatées ;

Il sème doutes et mots inusités :

Obsolescence en miasmes d'ivraie,

 

Aux prés irradiés d'espoir,

D'amour, de cris d'adolescence,

De marcottes qu'ensemencent

Les cœurs devenus dépotoirs.

 

Il est loin, le chantre désenchanté :

Celui de jours à peine éclos,

Du spleen balayé, yeux mi-clos,

D’angoisses ; il a toujours lutté.

 

Il pose ici bagages… puis, fuit

Des mots d'autrefois l'ivresse

Réclamée au fort de la détresse

Du minnesinger séduit, malgré lui,

 


De coruscants rais aux faisceaux

De l’Éther électrisant la plaine,

Des modulations, l'euglène

De mortes rives sous arceau.

 

Le poète dont l'élégie, la nuit,

Apprivoise les subjectiles sons,

A du froid corridor, donné ton

Aux grues maquillées de suie.

 

De ces rimes s'ouvrent des notes

Évincées du toxique sophisme,

De récits maladroits : tropisme

Appréhendé de pépie des linottes,

 

D'invectives faciles d'aèdes épiques,

D'épopées dont la phorminx berce

Le récital ; le rhapsode en déverse

Au reflux, de généreuses piques ;

 

Loin du licencieux hâbleur,

Brise l'aristotélisme du discursif,

L'emphase procédurière du craintif :

Couard inhibé mué en beau parleur.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022