Les rires de l’enfance égratignent mon cœur ;
Ils troublent de mes songes l’onirique visée…
Me ramènent, pour s’y mieux griser,
Au regard rancuneux de garnements moqueurs.
Ils allument des mondes liserés d’amertume :
Univers gominés de vindicte, d’aversion…
En l’éther, privé de rêves, d’illusions,
J’essaie d’organiser le chagrin que j’assume.
Les lazzis de jadis reviennent chaque jour
Peupler de ma mémoire, avant que de fuir,
La fragile trémie, quand se tanne le cuir
De mon double vitreux rehaussé d’un ajour.
J’aurais voulu voler entre les longipennes :
Ces gracieux aviaires du martinet huppé,
Boire aux translucides crues ; chalouper
Du diaphane, aux draches diluviennes ;
Caresser aux aurores, des ides, le mystère,
De la taciturnité enclore le mutisme,
Et que tallent au soir, défaits de quiétisme,
Les chiennes en résilles de trop froides artères.
Les cris sourds de l’enfance tonitruent encor
En mon aube fragile… ils écorchent les mots
Niés du laudateur… en des actes gémeaux,
Accusent de mon style les sublimes accords.
J’ai perdu mes dix ans au bord de la rigole ;
Ma jeunesse aux cuprifères cycles a fondu…
Que n’ai-je malgré moi, ici-bas confondu
Et l’espace et le temps magnifiés d’Eole !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022






