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jeudi 10 novembre 2022

EN DE NUISIBLES SONGES

EN DE NUISIBLES SONGES

 

Les rires de l’enfance égratignent mon cœur ;

Ils troublent de mes songes l’onirique visée…

Me ramènent, pour s’y mieux griser,

Au regard rancuneux de garnements moqueurs.

 

Ils allument des mondes liserés d’amertume :

Univers gominés de vindicte, d’aversion…

En l’éther, privé de rêves, d’illusions,

J’essaie d’organiser le chagrin que j’assume.

 

Les lazzis de jadis reviennent chaque jour

Peupler de ma mémoire, avant que de fuir,

La fragile trémie, quand se tanne le cuir

De mon double vitreux rehaussé d’un ajour.

 

J’aurais voulu voler entre les longipennes : 

Ces gracieux aviaires du martinet huppé,

Boire aux translucides crues ; chalouper

Du diaphane, aux draches diluviennes ;

 

Caresser aux aurores, des ides, le mystère,

De la taciturnité enclore le mutisme,

Et que tallent au soir, défaits de quiétisme,

Les chiennes en résilles de  trop froides artères.

 

Les cris sourds de l’enfance tonitruent encor

En mon aube fragile… ils écorchent les mots

Niés du laudateur… en des actes gémeaux,

Accusent de mon style les sublimes accords.

 

J’ai perdu mes dix ans au bord de la rigole ;

Ma jeunesse aux cuprifères cycles a fondu…

Que n’ai-je malgré moi, ici-bas confondu

Et l’espace et le temps magnifiés d’Eole !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mercredi 9 novembre 2022

POURSUITE DU VENT

POURSUITE DU VENT

 

Vaporeuses dentelles de jouvencelles,

 

Revenez hanter ma mémoire rebelle,

 

Au soir où nagent encor en ribambelle,

 

Les oiseaux de nuits en quête de ciel !

 

 

Mafflus roses de récrés, je vous vois

 

Arpenter du lourd sommeil, la voie ;

 

Y cheminent en donnant de la voix,

 

D’insomniaques vierges… prestement, j’y louvoie.

 

Mutines péronnelles ici-bas, évincées

 

Du gymnase trop froid de vieux lycées ;

 

Les suées fermentent à vos plis agressés

 

D’athlètes vaincus du mal, sans l'oppresser.

 

 

Coquines ariettes de séducteurs,

 

Badines complaintes, flattent le menteur :

 

Ce Romeo, ce piètre bonimenteur,

 

Qui du langage farde la fugace moiteur.

 

Reviendriez-vous aiguiser l’espoir,

 

Cette vertu égrenée du guipoir,

 

S'il torsade l’amant broyé de l’égrappoir

 

De femmes auxquelles on n’ose céans, boire ?

 


Où êtes-vous chimères de l’enfance :

 

Contradictions excentrant l’existence ?

 

Que faites-vous au soir, de l’adolescence,

 

Des fiévreux besoins qu'annihilent nos sens ?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

IL Y A…


IL Y A…

 

Il y a dans ce monde perdu, ce gotha,

Des cœurs au bord de l'implosion,

Des enfants vidés d’illusions,

Envenimés du mépris des états.

 

Il y a dès l’aube, d’immuables soleils :

Nitescence trouant la nébuleuse

Chavirée du faîte des gibbeuses

Des orbes émargés d'improbables éveils.

 

Il y a en nos luttes,  des éclats d'amertume,

D’incompréhension… nous les rivons

Au col du désespoir; seuls, dérivons 

Au soir, emplâtrés à même le bitume

 

Tel le badin bavant d'improbité ;

Sécrète du péché le fielleux mucus

De l'aliénation… l'a- t-on de nos us

Détrôné du confort de l'incivilité ?

 

Il y a en nos ires, des vents désaccordés :

Inflexibles suroîts agités de grands flots,

Sur la peau de navrants gourdiflots

Aux mythes dont on se croit farder.

 

Rires et larmes s'entrelacent parfois

Au for de la polymorphie… j'en violente

Sans m'en démettre, la tissure ardente :

Mixtion d’un corpus bien trop froid

 

Pour assujettir cœur et âme …

En pugnace ménestrel, fier troubadour

Je sème de guerre lasse, d'ici à Oradour,

Comme naguère, d'ambitieux amalgames.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022


mardi 8 novembre 2022

AFFLIGEANTE CONCEPTION

AFFLIGEANTE CONCEPTION

 

La peau de mes matins se ride, se condense

En un parchemin d’inutiles promesses ;

Elle boit de mes peurs enkystées de détresses,

Tout l’influx d’amertume, l’arrogance

 

Drainée de ces nuits sans sommeil

Où les songes festoient, avant de décliner

Au nord de mirages pris au tramail miné

D’altérables réserves, en l’aurore vermeille.

 

Le tissu de mes rêves entoile des besoins :

Envies d’un ailleurs immergé en l’attol

Peu à peu survolées de chimères diastoles

Dont le cœur fatalement, est oint.

 

D’appréciables musiques caressent encor

En la matutinale l’éveil de l’amorçage :

Doux printemps sublimé d’âmes sages,

Et qu’avive la bise perforant ce décor.

 

Sous d’affreuses guenilles de lazzarone

S’écaille ma doublure d’adolescent grimé

De froids sourires se voulant arrimer

Aux farouches mimiques, et qu’intrône

 

Aux soirs désaccordés, en fuite parfois,

La finaude cautèle… qu’y puis-je ? …

Que ferai-je demain ? qu’y suis-je

En ces ruses vaquées aux grands froids ?

 

Quand sombre l’euphonie de mon spleen,

De ces rudes travées fermentées d’absence,

Mon cœur en réticule, subitement condense

Des désolations la douleur assassine.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

lundi 7 novembre 2022

LE CŒUR

LE CŒUR

 

N’est de ritournelles en ces fades printemps,

Vraie mesure aucune… A les trop fredonner,

Le chantre psalmodie en doutant

Du Seigneur qui pour lui, s'est donné

Au Calvaire ; lui a tout pardonné.

 

Le cœur lui, n'oublie pas ; caresse de l'âme

L’apostume, aplanit de l'esprit,

L’entrelacs … quand l'homme s'y pâme,

Le revers endenté de mépris.

 

Le cœur connait de nos errances,

Les moindres aléas ; jouxte du mensonge

Vaines assertions, et colères intenses

Au remords qui en l'aube, nous ronge.

 

L’ai vu écorner de l'orgueil du tyran,

La trémie : avantageuse panse ;

Se peut-il qu'il tacle le mécréant

Dont la gnose fascine la science !

 

Le cœur est un clos serti de mille roses ;

Le poète en cultive de subtile plume,

La rosée, évinçant de la glose,

La vindicte ; souvent, elle s’en accoutume.

 


Mon cœur prend du tien, en de sages pensées,

La chaleur et l'ivresse de l'amour sublimé

Dont parle l'énamourée ivre, idéalisée

De l'amant au langage réprimé.

 

Si nous nous contentions en l'avril,

De lui offrir fragrances premières,

Musc, essences, ou nard fébrile,

Verrions-nous poindre des clairières,

 

Rose de Ronsard… de Dumas, camélias

Dont Marguerite Gautier, malade,

Dirait : Monsieur Duval, ce qui se lia

En mon cœur assouvi d’accolades,

 

Se délie du spleen du noble langage ;

Qu'importe très cher, soumettez-moi

Aux jouissances démunies de présages !

Ma lèvre s’enfle de loquaces fièvres, l'émoi

 

En ma raison, s'insurge… me pénètrent

Les brûlures de nos cœurs libérés…

Mourir en ces luttes où dérivent les êtres,

N'a de l'offense, nul autre empyrée.

 

Puisse un jour, mon cœur désenclavé,

Emprunter du talent du parnassien

Le romantisme de Sully Prud'homme, lavé

Des grimaces dont s'arme le béotien.

 

Irai de lunes, en ambigus décans, traire

Des orbes, le replet mamelon,

Brider de la vacance du vocabulaire,

Le dispendieux, m'étendre de mon long

 

Aux voies pavées de surenchères ;

Antoine De Gentile en fustige promesses

Quand les profils fantômes de la chair

Rabrouent la sinistrose de folles kermesses.

 

Ce cœur fait ce qu'il peut aux soirs d'infortune,

Pour roidir du verbe le tumulte forclos…

Dois-je marcher au nord de vos rancunes,

Pour en civiliser le désir juste éclos ?


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

INTREPIDES DEMIURGES

INTREPIDES DEMIURGES

 

Vous vaincrez debout, en vaillants soldats :

Main nue sur l’épée… l’ennemi s’enfuira

Au son de la trompette ; vaincu, s’armera

Du deuil des victoires, piégé de l’addenda

 

Du palimpseste d’infatigables scribes

Dont la plume quémande, admoneste encor

Le lâche pris au rets du nauséeux mucor :

Turpide empuanti de relents psilocybes.

 

Vous vivrez en quiet, couronné de la grâce ;

Vos vies porteront en trophées de succès

Les palmes du triomphateur en l’accès

De riches glorioles dont il restera traces.

 

Les couards, ces jean-fesse, au soir, à reculons,

Grimeront de volutes la honte les pénétrant ;

D’estaminets, en bouges, maudiront l’impétrant

Efflorant de la haine le fragile stolon :

 

Minable support dont l’archer enguirlande

La tutrice cale, mercurialise la gemmule  

Prête encor à offrir en glissante limule,

Les spumescentes glaires, ces affriandes

 

Mues sécrétées de polymorphes tripes…

Se peut-il que l’ouvrage perce à nue

Le boyau de retraites (!?) … que menues

Soient les ombres en la klippe

 

De cette déchéance acculant le reître :

Douloureuse brossée au nord de débine,

Affligeante défaite en l'aube assassine

Ourlant bâti au perfide paraître...


Vous verrez les ides lester de sommeil

La rémission du juste, saurez de l’accalmie

Aspirer le liquoreux souffle ! l’ennemie,

Cette larve, seule, en reptation, du soleil

 

Ne jouira qu’à peine_ viendra succomber

Sur le froid pulpitum où grimacent

Les spectres dégradés, et qu’embrasse

L’adipeuse vermine s’y laissant déplomber.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022