pinterest

jeudi 3 novembre 2022

DOUX ACCORDS

DOUX ACCORDS

 


Ne te retourne pas ! J'ai de ta silhouette,

Absorbé le confort étrangement posé

Au faîte de l'inhibition prédisposée

Aux prohibitions dont la teneur inquiète.

 

Laisse-moi respirer du creux de ton épaule,

Le musc de tes vingt ans fragiles !

Voudrais avancer en des houles agiles,

Aux fines pointes de tes cabrioles ;

 

Elles poudroient les volutes bleutées

Du sommeil ridé, l'absence en étrécit

La turgide gondolant du sursis

L'éphémère répit de sentences butées…

 

Lors, s'harmonisent les traces

De sournois ballets : joie et peines

En l'amalgame du mal que je traîne

A l'orée d'un désert de typhons, de glace…

 

Sans espoir, l'âme vide, cœur à nu,

Pétri d'amertume ! J'évite ton regard

Dont j'espère en des joutes sans fard,

Priser quelque lueur, pour du rire ténu

 

Exciter, et sans mal, la suave candeur…

La gêne en transit le congruent trouble ;

Que j'aie à m'entremettre de ce double,

Nuançant du pyrrhonisme, la fadeur !

 

Fais-montre_ crois-moi_ d'indulgence !

Ne prends du verbe latent en la resucée,

Ce mésaise… vois-tu, s'il faut refuser

De t'y soumettre, sache bien de l'offense

 

Délier le parjure quand s'accotent

Les larmes d'émotions contraires !

J'emporterai de ce deuil sans les taire,

Les plantureux excès aux ondes aliquotes.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

CONTREPOINT D’ARTISTE

CONTREPOINT D’ARTISTE

 

Fuitent nos joies amorphes, discordées

De la pensée idoine … s’émiettent

Au vide d'un album, à l'aube, évidé

De clichés d’autrefois : sépias de fêtes

 

Où, de la communale fusaient les cris

Hibernant en nos têtes… écorchés

De silence, du mutisme décroché

Du syntagme posé en exinscrit.

 

En contrepoint, de baroques musiques

Foudroient en nos raisonnements,

Récriminations, et pensée amnésique :

Chroniques pénétrées de tourments.

 

Dois-je m’entremettre malgré moi,

Du vil antagonisme des pairs,

Faire montre, si au soir je larmoie,

De mansuétude ? souvent, je m’y perds ;

 

J'escalade chaque mur de torchis,

Ou s'écrasent les vents devenus

Sous ma plume, un truisme avachi :

Délétères mots volés aux parvenus.

 

Que sombrent phonèmes et vacarmes

De monarques hissés au pinacle

Du despotisme pointé ici en armes

Enraillées, il est vrai, au son de la débâcle !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mercredi 2 novembre 2022

MOURIR SANS ÊTRE NE

MOURIR SANS ÊTRE NE


Trouverai-je ma route sans craindre

De cosmétiquer du regard le vertige,

Quand la peur et la haine infligent

Aux désœuvrés la mort sans se plaindre ?

 

Je veux de la famille, fuir l'entropie :

Obscures alliances, faux-semblants,

Adultérines frasques dédoublant

La fratrie croit-on victimisée … tant pis !

 

Quitus tronqués, captieuses décharges,

Dont l'homme paraphe le conclusif

Animent souvent du fourbe l'inclusif ;

Faut-il du mal être en exciter la targe ?!

 

J'ai cru voir l'océan au soir calmer

De ses influx l’oscillation de mer

Modulant des vagues, l’effluence ulmaire

Du crachin... comme moi, se vient rétamer.

 

Seul, sur l'esquif bercé d'irritations,

Piégé de l'éréthisme de la parentèle,

Je tangue vent debout, le mal en atèle,

Les nerfs gainés… scindé de soumission,

 

Franchirai-je de la haine des miens,

Le seuil libérateur ? Aurai-je sans impair,

De la ductilité, aspiré tonus ? Du repaire,

Supplanté l’éclat, en svelte prosimien ?

 

Combien d’orages, de funestes stratus

Noieront de mon ciel, l'azurite coupole ?

Blessé, je cherche encor l’épaule,

Où poser mon revers aux primes angélus ;

 

Las, je m’interroge : suis-je à même

De décrisper du douzil le bondon

Dont le clapet balance du cordon

Des larmes aux éraflures blêmes ?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mardi 1 novembre 2022

TRAIT D’UNION

TRAIT D’UNION

 

 Combien de marins violent l’océan,

L’asservissent aux folles escapades

De corsaires séduits d'aubades

Entonnées de naïades à l’œil innocent ?

 

De musiciens ivres d’aventures

Au matin blême ? égrènent les arpèges

De mélodies épandant des neiges,

Les floches gélifiées ?... perdurent,

 

En l'hiver sous l’arche embrumée ?

L’aurore dévoile des jours gris,

L’insoluble spleen d’âmes aigries

Oppressé d'incommodes fumées.

 

De vains mots du baveux babil,

Au discours du sage ex-cathedra,

Se dissolvent les phrases de quadras

De kaisers impudents et habiles.

 

Combien de bouffons dérident encor

Grimaciers de cour, public conquis ?

Soupirent à l'ombre de maquis

Où jadis, l'ancêtre livra son corps

 

Aux balles ennemies... courageux, vaillant

Soldat d’hier, et raillé d’humoristes

Sans dignité aucune ; vil utopiste

Du monde désenchanté, raillant

 

La sénescence… subiront plus tard,

Les caprices de gérontes aigris

Frustrés, feront fi du mépris ;

Las, agonisent engrossés d’avatars.

 

Est-ce trait d’union entre amour

Et humour… rites, adoration ?

Sont-ce les rachetés de Sion ?

Les Elus de Jésus... pour toujours ?


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

SANS ESPOIR

SANS ESPOIR

 

Mes yeux voient l'espoir agoniser

Sous le feu de la peau...

Je bondis au salut du drapeau

Dont on vêt quelquefois le reître médusé,

 

Je chavire du malaise latent ;

Il semble s’être laissé immoler

Au bûcher dédouané du mutant

Prisonnier d'atroces barbelés

 

Lacérant le frusquin puni du podestat,

Ce scombridé noyé sous l’opulence

Sertie de viles manigances

Et qu’agrée l’impétrant flagorné de l'Etat,

 

En guaglione au rythme de bel canto,

De frasques de servant soumis

Aux suffisances de ministres-amis

Bernés, sans aggiornamento,

 

De reîtres, ces soldats séduits

De la prébende... jamais, n'en jouiront,

Ces futurs spectres du caveau enduit

De solitude ; en silence... mourront.

 

Pas de fleur au fusil pour le héros !

Juste l’épitaphe d’un triste mausolée

Sur lequel pissent les chiens… désolé !

La rime vaut-elle moins que zéro ?

 

Voyez l'homme enfumer sa Cosette !

Jean Valjean tuera-t-il Madeleine ?

Qui sont ces ventripotents silènes,

Récipiendaires faisant brin de causette ;

 

Séduisent en habiles, l’élisant :

Naïf votant délivré de sa cage,

Sis au pal par d'immodestes sages

En breloque, aux factices présents.

 

Adieu pour l’éternité aliénés !

Niez les gages faits aux méprisés !

Le pétun qu'au soir vous prisez,

Est un accessoire de projets mort-nés

 

Vous en récolterez l’horrible vilenie…

Absents, désarmés, éventrés, démunis !!!

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

ELLE SANS MOI

ELLE SANS MOI

 

Elle croyait que j’étais un enfant de nuit,

Une pauvre chose sans avenir…

Elle ignorait que j’avais l’âme de l’inuit

Aux grands froids le voulant retenir.

 

Elle disait que je ne passerais pas l’hiver ;

Elle m’aurait voulu prisonnier du temps

Accroché à la vasque de cet univers

Où des enfants chantonnent cœur battant

 

Quand d’autres s’emmurent de souffrances,

Se purgent de vraies libertés…

Que cognent au ventre plein de l’absence

La moiteur des journées d’été,

 

La pâleur de rêves écrasés, l’audace

Des corps se laissant effeuiller, le nu

D’ombres éparpillées, et qu’effacent

Les premiers rais démystifiés de la nue.

 

Elle pensait que j’étais perdu au milieu

De musiques profanes… son piano confessait

Des notes sublimant à qui mieux mieux

Le profond halo de la voix… l’écho la venait tancer.

 

Elle a maquillé de mes peurs, avant que de fuir,

La subtile translation… sera-ce ici du bonheur

La capricieuse mutation ? ne me laisserai séduire

A l’aube du renouveau ! et si l’amour est un leurre

 

Ferai réserve du pire… la solitude m’accompagne ;

L’empreinte de mon devenir se ride…

Ferai-je de la rémanence ma compagne,

De la résurgence ma fidèle abside ?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022