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dimanche 23 janvier 2022

ACCLIMATER L’EGO

ACCLIMATER L’EGO

 

 Apprivoise l’absence… simplement, dénoue

Du regard embué, le reflux translatoire !

Les sages n’ont point honte au soir, à genoux,

De confesser l’amour en un cri de victoire ;

 

Ils savent aux heures folles, moduler du désir

En cette intermittence, l’audace… ce long couloir

Où se perdent encor, avant que de gésir,

Les butors et les fous de l’épais refouloir

 

De ce monde grimé, ce cosmos pénétré

De mensonges, de haine : ce sénescent noyau

Que la mort aimerait aux neiges, décentrer,

Pour en faire Shéol, un fétide boyau.

 

Assujettis le doute te perforant entrailles,

Le flou cosmétiqué d’artifices ultimes !

Point n’est d’issue, quand l’entaille

Défigure de l’âme, l’habitacle sublime.

 


Demain sera possible retour aux sources ;

Peut-être simple brèche en la matutinale ;

Ne te laisse ravir le prix de cette course

Dont chaque borne limite le chenal !

*

 

Ai tant semé cailloux aux sentes amochées,

En y dressant d’artificieux collets…

Qu’en voulant de plus près m’approcher,

Me suis pris au filin d’un passé immolé…

 

N’ai plus rien de l’enfant se laissant surprendre

Aux diaphanes aubes, ni du jovial candide

Bercé de vents contraires… à tout prendre,

Je prends des souvenirs, la mémoire sans rides.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

samedi 22 janvier 2022

LES SOLEILS DE JANVIER

LES SOLEILS DE JANVIER

 

Les soleils de janvier allument nos matins,

Pénètrent la torpeur de la gent alanguie

Au souffle d’un vieux rêve où, groggy

S’esbaudit le béjaune mué en citadin.

 

Quand leurs rais défigent la rosée,

S’ouvre le drageon dénouant la marcotte ;

Les nuages suiffeux en l’aurore, décottent

Les poussières s’y revenant poser.

 

Les soleils de janvier entoilent l’aube claire

D’un majestueux drapé d’humidité profonde ;

De la congère s’épanouissent en ronde,

Les premiers flocons sublimés de l’éclair.

 

On voit poindre aux informelles ides,

La nature cuivrée, ses riches tarentelles

Grisées aux tourbillons dont le jour écartèle

Les trop fragiles spires frelatées de rides.

 

Janvier, cet inconnu serti de froids intenses

Fait danser les saisons au nord de nos remords,

Nos componctions d’outrageants matamores :

Lâches en devenir… animés d’arrogance.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

 

vendredi 21 janvier 2022

SOLDAT DE PLOMB


SOLDAT DE PLOMB

 

Conduis-moi à tes champs de bataille,

Aux plaines dépourvues de fossés !

Guide-moi aux barricades rehaussées

D'oriflammes, que j'y voie les entrailles

 

De corps dont la mort tacle arrogance

Aux ides perlés de miasmes de suie !

Je cherche en vain la voie ; l'étrange me suit,

Amplifiant mes murmures intenses.


 Soldat,

J'aimerais approcher sans contrainte

La lande flétrie, aux pas du héros soumis ;

En débonnaire, traverser les semis,

Aux vents contrariés ; s'y élèvent des plaintes :

 

Subjacentes soufflées de foehn en équilibre ;

Aux pôles, s'accotent en l'avril, souvent,

D'éphémères ceintures au paravent

De solstices, d'hémisphères où, libres,

 

S'entrelacent de furtives saucées,

D'allevasses poudrant des garnisons,

La guérite où factionnent à foison,

Les profils d'officiers s'y venant adosser.

 

De l'imaginative, tu éclos avec grâce ;

Mes mains en modèlent la gestalt_

De la taille, épointe le nuisible cobalt,

De l'allure, frelate l'inusable cuirasse.

 

Soldat de l'enfance, des jeux belliqueux,

Où te caches-tu de l'adulte sectaire,

Ce zélateur enfiévré d'adultère,

Écornant à confesse, en des mots loqueteux,

 

Et la foi, et l'esprit inhérents au pardon : mal

Dont ils se fait, de moult rodomontades,

Factieuse victime d'ignobles algarades

D'échevins engrossés de lois optimales ?

 

Aux nuits de lune pleine, en chien de fusil,

Sur la couche lestée de songes inconstants,

J'égrène d'hier, sans estropier le temps,

Les puériles musiques chues de ton amnésie.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

PAPESSES


PAPESSES

 

Hantent les boudoirs des vierges outrées ;

En saphiques succubes, piègent les chattes

D'un couvent d’outre-lieu, ces agnathes

Agrippées aux mailles d’un filet d’adextrés.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

jeudi 20 janvier 2022

UN AILLEURS HORS DES LUNES

UN AILLEURS HORS DES LUNES

 

Je m’en vais ! je quitte vos salons,

Pour parcourir les terres désœuvrées,

Déloger de la chaire les pasteurs-ivraie

Au gras bedon d’ascètes… ces foulons

 

De bombance, ces prévaricateurs

Ennemis de Dieu… oui ! ces fous

Qui se croient sages, ces loups

Enfiellés de préceptes menteurs !!!

 

Je pars cueillir de l’espace meurtri,

Les orbes nus du temps désaccordé ;

Suis-je céans, ce premier de cordée

Dont l’âme, le cœur contrits,

 

Etreignent du Ciel Les Célestes Promesses ;

Irai-je voir de près s’épanouir la vie ?...

Plus ferme sera mon pas et ici, que ravît

L’Existence D’en-Haut, loin des messes

 

Des nonces, ces marchands de boue,

Ces félons fourbus, pétris de suffisance…

Il y a en-deçà des fautives offenses,

Une claire oasis démunie d’un embout ;

 

C’est ainsi que L’Esprit Du Dieu Vivant

Revêt le pénitent assoiffé de bonheur,

D’une princière robe, lorsque sonnera l’Heure

Du croyant racheté de L’Unique Roi Vivant !

 

En ce monde piégé d’ordalies… du sophisme

De l’univers bridé sous la vasque d’enfer

Ourlé de démesure, le vice cru confère

Aux nuisibles hotus du syncrétisme,

 

Factice mandorle ; d’aucuns disent faux nimbe

Auréolant l’espèce au faîte de l’orgueil

Enjuguant le profane en son deuil,

Avant de l’estourbir de poussiéreux limbes.

 

En l’ailleurs, hors de craintives lunes,

Irai me consoler des nuisibles offrandes,

Et sans qu’à pierre fendre, j’amende

De mes larmes, la coulure falune.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

mardi 18 janvier 2022

TROMPEUSES DISSONANCES


TROMPEUSES DISSONANCES

Des grelots chahutent en mon cœur,
Viennent troubler le bâti de la chair ;
Puis, de tout ce qui m'est cher,
Blandices et tumultes moqueurs.

Les phonies carillonnent sans mal ;
Des catilinaires s'en éludent parfois,
Peu à peu déviées de la voie
D'édits creux aux notes optimales.   

Vois l'âme sans confessions,
Aux remords trop acides
Dont l'intestat serti de mille rides,
Pulpe à tort, les cernes d'inhibition !


Mon regard est un phare d'océan :
Falot sous la houle, l'ouragan ;
Sa colère impulse à l'achigan,
Sans oscillations, s'y déliant,

Exigible rouerie, feintes groupales
De fretin de mer, de triste carne,
Enviant le nanan de la darne
En l'agape de mues gamosépales.


S'en capte avec acquiescement,
La recognition sans réel scepticisme,
Lors que l'influx de ce sophisme
Étarque la parallaxe du raisonnement.

Si d'idoines certitudes, l'assurance
D'un prix  soit un doute palpable,
Contrefait, se peut-il qu'à ma table,
La présomption attise l'apparence !?


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

lundi 17 janvier 2022

HIEMALES BRAISES


HIEMALES BRAISES


Il regarde mourir en l'âtre décembral,
D'ultimes braises devenues poussières ;
Ses yeux se griment de suies palpébrales,
Et de son cœur, les sanglots longs d'hier

Purgent des larmes, la vitreuse coulée ;
Les gerçures stridulent sa balèvre,
Gonflant du sourire pour les mieux mouler,
Les ridules de nasardes mièvres.

Embrumé de mesquines escrimes,
Volontaire plume, il enchâsse des mots
L'idiome appréciable… a t-il de la rime,
Écorché l'appendice, la garde du mémo,  

Guipé de la césure, l'arabesque, torsadé
De fastueux ornements, la lettrine ?
Ses rêves animent de rythmes saccadés,
En des brèves, les  joutes anodines ;

Ses nuits en pincent l'aura manifeste,
De l'offrande, le doux rayonnement
Sur ce mal, et que l'absence leste
De transitoires bruines... lentement.


Il a parfois, aux soirs de lune pleine,
L'angoisse du poète oublié...
Il se laisse faner au ventre de sa peine ;
En aède, émulsionne, et sans le publier,

Le Décaméron de Boccace de Certaldo,
L'œuvre de Dante Alighieri, qu'ensoleille
Les picaresques mues… en un credo
Aux coulpes pareil_ et de la noble treille,

L'impérissable lie, rehaussant du tanin,
En sa superbe, l'acrimonieux zeste...
Promettez-lui en l'appel léonin,
De clore du palimpseste, sans preste,

La braille du narratif conspué
Du dithyrambe de vitupérateurs
Enflés de médisances, chichement hués
De conformistes, d'envieux narrateurs !

Aimerais-je au soir, devant la cheminée
D'un manoir écossais, égrener le passé,
En des rires trompeurs, m'incliner,
L'œil torve… avant de trépasser ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022