Du regard embué, le reflux translatoire !
Les sages n’ont point honte au soir, à genoux,
De confesser l’amour en un cri de victoire ;
Ils savent aux heures folles, moduler du désir
En cette intermittence, l’audace… ce long couloir
Où se perdent encor, avant que de gésir,
Les butors et les fous de l’épais refouloir
De ce monde grimé, ce cosmos pénétré
De mensonges, de haine : ce sénescent noyau
Que la mort aimerait aux neiges, décentrer,
Pour en faire Shéol, un fétide boyau.
Assujettis le doute te perforant entrailles,
Le flou cosmétiqué d’artifices ultimes !
Point n’est d’issue, quand l’entaille
Défigure de l’âme, l’habitacle sublime.
Demain sera possible retour aux sources ;
Peut-être simple brèche en la matutinale ;
Ne te laisse ravir le prix de cette course
Dont chaque borne limite le chenal !
*
Ai tant semé cailloux aux sentes amochées,
En y dressant d’artificieux collets…
Qu’en voulant de plus près m’approcher,
Me suis pris au filin d’un passé immolé…
N’ai plus rien de l’enfant se laissant surprendre
Aux diaphanes aubes, ni du jovial candide
Bercé de vents contraires… à tout prendre,
Je prends des souvenirs, la mémoire sans rides.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022


