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dimanche 23 janvier 2022

ACCLIMATER L’EGO

ACCLIMATER L’EGO

 

 Apprivoise l’absence… simplement, dénoue

Du regard embué, le reflux translatoire !

Les sages n’ont point honte au soir, à genoux,

De confesser l’amour en un cri de victoire ;

 

Ils savent aux heures folles, moduler du désir

En cette intermittence, l’audace… ce long couloir

Où se perdent encor, avant que de gésir,

Les butors et les fous de l’épais refouloir

 

De ce monde grimé, ce cosmos pénétré

De mensonges, de haine : ce sénescent noyau

Que la mort aimerait aux neiges, décentrer,

Pour en faire Shéol, un fétide boyau.

 

Assujettis le doute te perforant entrailles,

Le flou cosmétiqué d’artifices ultimes !

Point n’est d’issue, quand l’entaille

Défigure de l’âme, l’habitacle sublime.

 


Demain sera possible retour aux sources ;

Peut-être simple brèche en la matutinale ;

Ne te laisse ravir le prix de cette course

Dont chaque borne limite le chenal !

*

 

Ai tant semé cailloux aux sentes amochées,

En y dressant d’artificieux collets…

Qu’en voulant de plus près m’approcher,

Me suis pris au filin d’un passé immolé…

 

N’ai plus rien de l’enfant se laissant surprendre

Aux diaphanes aubes, ni du jovial candide

Bercé de vents contraires… à tout prendre,

Je prends des souvenirs, la mémoire sans rides.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022