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lundi 17 janvier 2022

HIEMALES BRAISES


HIEMALES BRAISES


Il regarde mourir en l'âtre décembral,
D'ultimes braises devenues poussières ;
Ses yeux se griment de suies palpébrales,
Et de son cœur, les sanglots longs d'hier

Purgent des larmes, la vitreuse coulée ;
Les gerçures stridulent sa balèvre,
Gonflant du sourire pour les mieux mouler,
Les ridules de nasardes mièvres.

Embrumé de mesquines escrimes,
Volontaire plume, il enchâsse des mots
L'idiome appréciable… a t-il de la rime,
Écorché l'appendice, la garde du mémo,  

Guipé de la césure, l'arabesque, torsadé
De fastueux ornements, la lettrine ?
Ses rêves animent de rythmes saccadés,
En des brèves, les  joutes anodines ;

Ses nuits en pincent l'aura manifeste,
De l'offrande, le doux rayonnement
Sur ce mal, et que l'absence leste
De transitoires bruines... lentement.


Il a parfois, aux soirs de lune pleine,
L'angoisse du poète oublié...
Il se laisse faner au ventre de sa peine ;
En aède, émulsionne, et sans le publier,

Le Décaméron de Boccace de Certaldo,
L'œuvre de Dante Alighieri, qu'ensoleille
Les picaresques mues… en un credo
Aux coulpes pareil_ et de la noble treille,

L'impérissable lie, rehaussant du tanin,
En sa superbe, l'acrimonieux zeste...
Promettez-lui en l'appel léonin,
De clore du palimpseste, sans preste,

La braille du narratif conspué
Du dithyrambe de vitupérateurs
Enflés de médisances, chichement hués
De conformistes, d'envieux narrateurs !

Aimerais-je au soir, devant la cheminée
D'un manoir écossais, égrener le passé,
En des rires trompeurs, m'incliner,
L'œil torve… avant de trépasser ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022