Quand la lune somnole aux froids de janvier,
Se soulèvent les vents de l’horizon lointain ;
La peau de la nature, ce tissu diamantin
Flatte de l’agnelin s’y laissant convier,
L’ouateuse doublure, avant de chavirer
De flous solsticiaux poudrés aux boréales
D’un grésil d’inconfort, et qu’emballent
Les brumes s’y venant arrimer…
La lune lambine dessus la stratosphère,
Les étoiles perforent la belle galaxie ;
S’y meuvent d’autres astres jadis en autarcie ;
L’hiver se désagrège, chu du planisphère.
Il semble que les plaines engrossées de neige
S’éveillent de l’hiberne, avant de s’étirer
Au creux de ces matins où s’y viennent mirer
Les fragiles insectes quittant le breuil grège.
La lune pose décans pour se laisser charmer
De l’accessoire nue, l’illusoire nimbus
Crânant en diadème en orgueilleux stratus
Dont l’étrange accote, et pour le sublimer,
Le fief renaissant du printemps à venir :
Ce majestueux dôme au ventre d’outre-lieu ;
S’y promènent les ombres d’un juste milieu
En-deçà de l’ivresse du temps à retenir.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022