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mardi 18 janvier 2022

TROMPEUSES DISSONANCES


TROMPEUSES DISSONANCES

Des grelots chahutent en mon cœur,
Viennent troubler le bâti de la chair ;
Puis, de tout ce qui m'est cher,
Blandices et tumultes moqueurs.

Les phonies carillonnent sans mal ;
Des catilinaires s'en éludent parfois,
Peu à peu déviées de la voie
D'édits creux aux notes optimales.   

Vois l'âme sans confessions,
Aux remords trop acides
Dont l'intestat serti de mille rides,
Pulpe à tort, les cernes d'inhibition !


Mon regard est un phare d'océan :
Falot sous la houle, l'ouragan ;
Sa colère impulse à l'achigan,
Sans oscillations, s'y déliant,

Exigible rouerie, feintes groupales
De fretin de mer, de triste carne,
Enviant le nanan de la darne
En l'agape de mues gamosépales.


S'en capte avec acquiescement,
La recognition sans réel scepticisme,
Lors que l'influx de ce sophisme
Étarque la parallaxe du raisonnement.

Si d'idoines certitudes, l'assurance
D'un prix  soit un doute palpable,
Contrefait, se peut-il qu'à ma table,
La présomption attise l'apparence !?


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

lundi 17 janvier 2022

HIEMALES BRAISES


HIEMALES BRAISES


Il regarde mourir en l'âtre décembral,
D'ultimes braises devenues poussières ;
Ses yeux se griment de suies palpébrales,
Et de son cœur, les sanglots longs d'hier

Purgent des larmes, la vitreuse coulée ;
Les gerçures stridulent sa balèvre,
Gonflant du sourire pour les mieux mouler,
Les ridules de nasardes mièvres.

Embrumé de mesquines escrimes,
Volontaire plume, il enchâsse des mots
L'idiome appréciable… a t-il de la rime,
Écorché l'appendice, la garde du mémo,  

Guipé de la césure, l'arabesque, torsadé
De fastueux ornements, la lettrine ?
Ses rêves animent de rythmes saccadés,
En des brèves, les  joutes anodines ;

Ses nuits en pincent l'aura manifeste,
De l'offrande, le doux rayonnement
Sur ce mal, et que l'absence leste
De transitoires bruines... lentement.


Il a parfois, aux soirs de lune pleine,
L'angoisse du poète oublié...
Il se laisse faner au ventre de sa peine ;
En aède, émulsionne, et sans le publier,

Le Décaméron de Boccace de Certaldo,
L'œuvre de Dante Alighieri, qu'ensoleille
Les picaresques mues… en un credo
Aux coulpes pareil_ et de la noble treille,

L'impérissable lie, rehaussant du tanin,
En sa superbe, l'acrimonieux zeste...
Promettez-lui en l'appel léonin,
De clore du palimpseste, sans preste,

La braille du narratif conspué
Du dithyrambe de vitupérateurs
Enflés de médisances, chichement hués
De conformistes, d'envieux narrateurs !

Aimerais-je au soir, devant la cheminée
D'un manoir écossais, égrener le passé,
En des rires trompeurs, m'incliner,
L'œil torve… avant de trépasser ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

dimanche 16 janvier 2022

HÉRAUT SANS ÉQUIVOQUE

HÉRAUT SANS ÉQUIVOQUE


Vaincre sans s’émouvoir, triompher,

Avant de s’attendrir devant le mausolée

De ces amours farouchement gaulées

De minables pisteurs dont les trophées


Ne sont qu’illusoires blandices, attraits

Qui de la suffisance empâtent le pisteur ;

Son égotisme gangrène le flatteur

Promenant sa superbe, en ce trait,


Alimente l’orgueil du séducteur

Encavé en l’espace étréci où le cœur

Vient piéger la poussive rancœur,

Enfieller le propos du vexant prosateur.


Si de ma tour d’ivoire s’érode le beffroi,

De ma riche cocagne, l’altérable faîte,

Quand les rires gominent ma défaite,

Je fais en ces gênes, encor montre de foi.


L’excuse du paraître violentant mes soifs,

Altère de ces lunes, les friables décans ;

D’avoir su conquérir le perfide Lacan

Dont le cynisme encloue la vieille coiffe,


Suis devenu aux heures consommables,

Le héraut dont le verbe en sa tonitruance

Tétanise le fat convulsé d’inscience,

Le triste rodomont, le faraud malléable.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

samedi 15 janvier 2022

MARIE

MARIE



Marie, je sais des rêves qui ondoient,

Toute la profondeur… je sonde en l’éveil

Les sulfureux remous, quand aux veilles,

La pensée édulcore la transe qui coudoie


Les amants retenus au cylindre du temps,

Prisonniers du tunnel d’impossibles vertus ;

Que n’aurais-je clamé, et que d’autres ont tu,

Que n’aurais-je mugi au subtil hésitant !


Marie, mes nuits ont l’aspect ivoirin

Des plaines endormies sous la froide congère ;

Se peut-il qu’en ces mues proligères,

S’affadissent mes fantasmes clarains !


Mes envies apprivoisent de la riche bohème,

Les excès pérégrins… je me grise d’attentes ;

S’il est des lendemains aux bruines battantes,

Qui vaillent apaisement, c’est en l’aurore blême,


Les premiers jours entretissés d’offenses...

Les folles récréances dont je me fais nervi,

Accentuent de cette hardiesse, la survie

Engorgeant mon affect démuni d’indulgence.


Marie de ta peau, à ma chair griffée d’irrésolu,

Les besoins accaparent mon verbe raisonnable,

Ici_ irraisonné, sans doute, appréciable,

Peut-être apprécié de novices goulues.


Fais-moi encor invite, que je voie dès potron,

S’incarner le profil de la passionata !

Absous-moi des feintes enjuguant mon état ;

Rassure ma prestance… du cap, au guêtron !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

ÉCLOSION



ÉCLOSION


Quand chantent au réveil en la matutinale,

Les murmures de l’onde,

La vie vient draper d’un cérémonial

La sphère rubiconde…


Je vois s’y délacer la bise glaciale

Poudrée d’un fin grésil chu de l’étrange nue :

Blanches poussières, molécules astrales

Par les vents retenues…


Mes yeux s’en délectent, s’irradient, et sans mal,

Pénètrent la torpeur de mon regard absent

Peu à peu soulevé de la crue lacrymale,


Et que percent encor les froids déliquescents,

Les fadasses soufflées de ce crayeux hiver

Posé à la rambarde ajourant l’univers.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

vendredi 14 janvier 2022

TRÈS LOIN DÉJÀ

TRÈS LOIN DÉJÀ


Avant de devenir un jardin de délices,

Une belle oasis au centre d’Outre-lieu,

Ma terre se dressait au col du précipice

Où se meurent encor les miasmes suiffeux.

Avant de s’accoutrer de condamnables rides,

De se farder au soir de l’horrible fuchsine,

Elle dormait au ventre d’un désert aride

Dont s’éveillent les dunes aux lunes assassines.


Avant de rassurer péons et fermiers

Offensés d’ingrates saisons, de tempêtes

Troublant jusqu’aux décans premiers,

Elle déracinait les puantes népètes.


Avant de s’ouvrir en l’aube diaphane,

Aux jours pénétrés d’hétéroclites lueurs,

Elle suivait du lac les frisures profanes,

Du ruisseau, chaque relent pollueur.


Avant de s’éveiller en l’aurore cuivrée,

De s’étirer du lit des froides rivières,

Elle avait su nouer la désolante ivraie,

Fagoter un peu plus l’envahissant lierre.

Quand je me suis penché pour boire

A son douzil, le liquoreux breuvage,

A mes lèvres gercées, en des ides ivoires,

Naquirent des mots anoblissant les pages.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

FAUTIVES TRANSLATIONS




FAUTIVES TRANSLATIONS


D’autres fièvres, bien sûr, écornent le silence

Emmurant de ma soif l’impudente pépie !

Je n’ai de souvenirs, sans trêve, ni répit,

Que les frêles haillons de l’adolescence.


S’il est des jours de pluie au fluide halitueux,

Demeurent aux moites nues, en l’hiver,

Des brumes éthérées dont s’enfle le revers

Ourlant à son bâti des flous présomptueux.


De dérives, en peines, je talle du passé

Ébouleuse mémoire, bancale achronie,

Pleurant à pierre fendre, sans déni,

Tous les rêves châtrés s’en venant trépasser


Au nord de ma vacance… j’immole du désir,

Avant que de me perdre, sans accorder quitus,

Les plaintives rumeurs, les âpres hiatus

Perforant de l’audace, le monstrueux plaisir.


Je me ferais novice, si mes songes griffés

Avaient de l’onirisme effeuillé la pâleur…

Mes rires ont boudé des criardes couleurs

L’évidente nuance en son germe surfait.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022