mardi 18 janvier 2022
TROMPEUSES DISSONANCES
lundi 17 janvier 2022
HIEMALES BRAISES
dimanche 16 janvier 2022
HÉRAUT SANS ÉQUIVOQUE
HÉRAUT SANS ÉQUIVOQUE
Vaincre sans s’émouvoir, triompher,
Avant de s’attendrir devant le mausolée
De ces amours farouchement gaulées
De minables pisteurs dont les trophées
Ne sont qu’illusoires blandices, attraits
Qui de la suffisance empâtent le pisteur ;
Son égotisme gangrène le flatteur
Promenant sa superbe, en ce trait,
Alimente l’orgueil du séducteur
Encavé en l’espace étréci où le cœur
Vient piéger la poussive rancœur,
Enfieller le propos du vexant prosateur.
Si de ma tour d’ivoire s’érode le beffroi,
De ma riche cocagne, l’altérable faîte,
Quand les rires gominent ma défaite,
Je fais en ces gênes, encor montre de foi.
L’excuse du paraître violentant mes soifs,
Altère de ces lunes, les friables décans ;
D’avoir su conquérir le perfide Lacan
Dont le cynisme encloue la vieille coiffe,
Suis devenu aux heures consommables,
Le héraut dont le verbe en sa tonitruance
Tétanise le fat convulsé d’inscience,
Le triste rodomont, le faraud malléable.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
samedi 15 janvier 2022
MARIE
MARIE
Marie, je sais des rêves qui ondoient,
Toute la profondeur… je sonde en l’éveil
Les sulfureux remous, quand aux veilles,
La pensée édulcore la transe qui coudoie
Les amants retenus au cylindre du temps,
Prisonniers du tunnel d’impossibles vertus ;
Que n’aurais-je clamé, et que d’autres ont tu,
Que n’aurais-je mugi au subtil hésitant !
Marie, mes nuits ont l’aspect ivoirin
Des plaines endormies sous la froide congère ;
Se peut-il qu’en ces mues proligères,
S’affadissent mes fantasmes clarains !
Mes envies apprivoisent de la riche bohème,
Les excès pérégrins… je me grise d’attentes ;
S’il est des lendemains aux bruines battantes,
Qui vaillent apaisement, c’est en l’aurore blême,
Les premiers jours entretissés d’offenses...
Les folles récréances dont je me fais nervi,
Accentuent de cette hardiesse, la survie
Engorgeant mon affect démuni d’indulgence.
Marie de ta peau, à ma chair griffée d’irrésolu,
Les besoins accaparent mon verbe raisonnable,
Ici_ irraisonné, sans doute, appréciable,
Peut-être apprécié de novices goulues.
Fais-moi encor invite, que je voie dès potron,
S’incarner le profil de la passionata !
Absous-moi des feintes enjuguant mon état ;
Rassure ma prestance… du cap, au guêtron !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
ÉCLOSION
Quand chantent au réveil en la matutinale,
Les murmures de l’onde,
La vie vient draper d’un cérémonial
La sphère rubiconde…
Je vois s’y délacer la bise glaciale
Poudrée d’un fin grésil chu de l’étrange nue :
Blanches poussières, molécules astrales
Par les vents retenues…
Mes yeux s’en délectent, s’irradient, et sans mal,
Pénètrent la torpeur de mon regard absent
Peu à peu soulevé de la crue lacrymale,
Et que percent encor les froids déliquescents,
Les fadasses soufflées de ce crayeux hiver
Posé à la rambarde ajourant l’univers.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
vendredi 14 janvier 2022
TRÈS LOIN DÉJÀ
Avant de devenir un jardin de délices,
Une belle oasis au centre d’Outre-lieu,
Ma terre se dressait au col du précipice
Où se meurent encor les miasmes suiffeux.
Avant de s’accoutrer de condamnables rides,
De se farder au soir de l’horrible fuchsine,
Elle dormait au ventre d’un désert aride
Dont s’éveillent les dunes aux lunes assassines.
Avant de rassurer péons et fermiers
Offensés d’ingrates saisons, de tempêtes
Troublant jusqu’aux décans premiers,
Elle déracinait les puantes népètes.
Avant de s’ouvrir en l’aube diaphane,
Aux jours pénétrés d’hétéroclites lueurs,
Elle suivait du lac les frisures profanes,
Du ruisseau, chaque relent pollueur.
Avant de s’éveiller en l’aurore cuivrée,
De s’étirer du lit des froides rivières,
Elle avait su nouer la désolante ivraie,
Fagoter un peu plus l’envahissant lierre.
Quand je me suis penché pour boire
A son douzil, le liquoreux breuvage,
A mes lèvres gercées, en des ides ivoires,
Naquirent des mots anoblissant les pages.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022
FAUTIVES TRANSLATIONS
FAUTIVES TRANSLATIONS
D’autres fièvres, bien sûr, écornent le silence
Emmurant de ma soif l’impudente pépie !
Je n’ai de souvenirs, sans trêve, ni répit,
Que les frêles haillons de l’adolescence.
S’il est des jours de pluie au fluide halitueux,
Demeurent aux moites nues, en l’hiver,
Des brumes éthérées dont s’enfle le revers
Ourlant à son bâti des flous présomptueux.
De dérives, en peines, je talle du passé
Ébouleuse mémoire, bancale achronie,
Pleurant à pierre fendre, sans déni,
Tous les rêves châtrés s’en venant trépasser
Au nord de ma vacance… j’immole du désir,
Avant que de me perdre, sans accorder quitus,
Les plaintives rumeurs, les âpres hiatus
Perforant de l’audace, le monstrueux plaisir.
Je me ferais novice, si mes songes griffés
Avaient de l’onirisme effeuillé la pâleur…
Mes rires ont boudé des criardes couleurs
L’évidente nuance en son germe surfait.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022


