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samedi 15 janvier 2022

ÉCLOSION



ÉCLOSION


Quand chantent au réveil en la matutinale,

Les murmures de l’onde,

La vie vient draper d’un cérémonial

La sphère rubiconde…


Je vois s’y délacer la bise glaciale

Poudrée d’un fin grésil chu de l’étrange nue :

Blanches poussières, molécules astrales

Par les vents retenues…


Mes yeux s’en délectent, s’irradient, et sans mal,

Pénètrent la torpeur de mon regard absent

Peu à peu soulevé de la crue lacrymale,


Et que percent encor les froids déliquescents,

Les fadasses soufflées de ce crayeux hiver

Posé à la rambarde ajourant l’univers.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

vendredi 14 janvier 2022

TRÈS LOIN DÉJÀ

TRÈS LOIN DÉJÀ


Avant de devenir un jardin de délices,

Une belle oasis au centre d’Outre-lieu,

Ma terre se dressait au col du précipice

Où se meurent encor les miasmes suiffeux.

Avant de s’accoutrer de condamnables rides,

De se farder au soir de l’horrible fuchsine,

Elle dormait au ventre d’un désert aride

Dont s’éveillent les dunes aux lunes assassines.


Avant de rassurer péons et fermiers

Offensés d’ingrates saisons, de tempêtes

Troublant jusqu’aux décans premiers,

Elle déracinait les puantes népètes.


Avant de s’ouvrir en l’aube diaphane,

Aux jours pénétrés d’hétéroclites lueurs,

Elle suivait du lac les frisures profanes,

Du ruisseau, chaque relent pollueur.


Avant de s’éveiller en l’aurore cuivrée,

De s’étirer du lit des froides rivières,

Elle avait su nouer la désolante ivraie,

Fagoter un peu plus l’envahissant lierre.

Quand je me suis penché pour boire

A son douzil, le liquoreux breuvage,

A mes lèvres gercées, en des ides ivoires,

Naquirent des mots anoblissant les pages.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

FAUTIVES TRANSLATIONS




FAUTIVES TRANSLATIONS


D’autres fièvres, bien sûr, écornent le silence

Emmurant de ma soif l’impudente pépie !

Je n’ai de souvenirs, sans trêve, ni répit,

Que les frêles haillons de l’adolescence.


S’il est des jours de pluie au fluide halitueux,

Demeurent aux moites nues, en l’hiver,

Des brumes éthérées dont s’enfle le revers

Ourlant à son bâti des flous présomptueux.


De dérives, en peines, je talle du passé

Ébouleuse mémoire, bancale achronie,

Pleurant à pierre fendre, sans déni,

Tous les rêves châtrés s’en venant trépasser


Au nord de ma vacance… j’immole du désir,

Avant que de me perdre, sans accorder quitus,

Les plaintives rumeurs, les âpres hiatus

Perforant de l’audace, le monstrueux plaisir.


Je me ferais novice, si mes songes griffés

Avaient de l’onirisme effeuillé la pâleur…

Mes rires ont boudé des criardes couleurs

L’évidente nuance en son germe surfait.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2022

lundi 20 septembre 2021

AUTOMNALES VARIANTES

AUTOMNALES VARIANTES

 

L’automne qui s’en vient écorne le silence

Dont je me fais laptot… de sa pleine réserve,

Aux matutinales, et que les vents desservent,

Se meurent peu à peu, les vives appétences…

 

Plus rien en ces risées chahutées de l’auster,

Ni des rudes crachins perlant de ces tempêtes

Bouleversant l’océan, quand la lune s’entête

A grimer des décans, les orages austères !

 

En de douteux profils, s’amenuisent les nuits ;

Elles semblent disparaître, avalées du nostoc

De trop longs boulevards épiés du clinfoc,

Et que bercent les vagues, en l’aube qui fuit.

 

Mes automnes traversent du vide manifeste,

La fragile butée… se cognent au rostre gris

D’éphémères galiotes : ces barres rabougries

De vieilles birèmes à la croupe funeste.

 

Je les aime pourtant… ils partagent au soir,

Au deuil des jours enfuis, de livresques romances,

Des contes de l’enfance ; s'y fanent les semences

Aux jardins pénétrés de pesants accessoires

 

Elagués du courtil… je les regarde muer ; ému

De voir l’espoir entenailler le doute ; surpris

D’ouïr, aux vespérales entachées de mépris,

D'obséquieuses laudes de moinillons promus.

 

De ces riches variantes, ces mortifères luttes,

S’aiguisent des absences écachées de l’oubli…

Ne peuvent_ hélas! _ et sans qu’on les publie,

Renaître à la vie, l’envie, et qu’aux ides, percutent

Les spectres en guenilles soulevant la cuscute,

Qui du grain, à l’ivraie… apaise l’affaibli.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

CLAIR-OBSCUR

CLAIR-OBSCUR

 

Les ombres qui trépassent sont des matins

Posés sur d’ingrats souvenirs ; elles aspirent

Du temps, en l’éveil de l’arrogant soupir,

Des premières envies, les pleurs adamantins.

 

Nous les regardons naître sous la cendre,

Les voyons se débattre au centre du cortège

Dont les mots alimentent et protègent

Les maladroits graphèmes, sans comprendre

 

Du pesant silence, l’inclassable moiteur…

De ces ombres confites_ peu s’en fallait

Que nous le tussions ! _ espérions fouler

Du rêve clos, la cruelle fadeur...

 

Nous les voyons mourir dans la lise du vide,

A l’heure où les torrents agrémentent encor

De la belle charmille, le fastueux décor

Flattant de la rigole, les minuscules rides.

 

De ces ombres nichées au faîte de nos peines,

Emanent parfois de furtives silhouettes ;

Caressent sous les branches, la rouette

Liant de nos blessures les affres souveraines.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

vendredi 10 septembre 2021

INIQUE EGO

INIQUE EGO

 

En frôlant du passé, les majestueuses ailes,

Avions de l’avenir amputé l’idéal…

Qu’aurions-nous donné à ces ombres féales,

Qui ne soient illusions, broutilles, bagatelles !?

 

Quand l’amour, à nos portes, venait tambouriner,

L’espoir clampé au doute, éventait nos besoins ;

Ne savions en ces ires, de quoi l'oubli est oint ;

Nous, pour qui l’absence semble abiétinée…

 

Quand s’en venaient faner en nos matins blêmis,

Les roses du bonheur, le lilas des romances,

Pris au piège du vide défait de sa muance,

Résonnaient les remords du cœur en l’anémie

 

De ces êtres purgés de repentance : tristes hères

Dont les ensoutanés maquillent l’infortune…

Ces chemins cahoteux empruntés sous la lune,

Sont l’unique sentier conduisant en enfer.

 

Sera-ce en ces invites de vain prévariquât,

Que l’esprit barbelé de sophisme, au soir,

Confessera en de douteux aveux, l’espoir,

Le vrai, avant de s’acquitter de ce faux reliquat

 

Dupant du catéchumène, l’exigible prébende

Versée de large bourse au pied d’un prélat,

Et qu’épie sans relâche, le prétentieux oblat :

Cet hypocrite nonce piégé de salbande !

 

En caressant la peau du futur à paraître,

Ai fait, sans ronds de jambes_ est-ce à tort ? _

Le chemin à l’autel, sans rames, ni stator ;

Ne suis de ceux qui doutent !!! et pour naître,

J’emprunte du Ciel, L’Unique Fenêtre,

Dont la terre s'est désengagée… le butor

N’a certes pas suivi, étranglé d’un bitor,

La Céleste Voie où l’âme s’en vient paître.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

 

 

 

 

 

 

 

SANS PRETENTION

SANS PRETENTION

N'ai le pouvoir de coucher dans la soie,
Mes déshérences : ces songes qu'on fossoie,
De donner aux mots, la richesse d'antan,
Celle dont les poètes emperlèrent le temps,
Quand le langage humilie le profane,
Lestant au patois, quelque joute insane.

Je ne peux voler entre les longipennes,
Ni nager en l'azur où l'albatros en peine
Remonte des coursives, l'imposant fuselage ;
Y noircissent les ailes d'êtres de passage
Assoiffés de ciel, de céruléenne nue,
Au petit jour d'avril, en l'aube retenue.

S'il faut des scissions, taire vindicte, clore
Du casus belli, le forclos, voir éclore
Du bourgeon, la vie sous le sang neuf
De la belle nature, verrons de l'œuf,
Les cicatricules, sa porosité, sans lier
De la cuticule, la chitine alliée.

N'ai du passé taclé l'arrogance ; ai fui
Aux aurores, la rosée dont le jour s'enduit 
Pour se prémunir de vents présomptueux,
De tempêtes, d'austers majestueux.

Tel le lâche mué, ce velléitaire enkysté
D'écorchures, je fais sans hésiter,
Le tour de l'enfance, le périple des heures
Accrochées au négoce et qu'empale la peur.  

Mon âme est un miroir teinté d'émotions ;
S'y bousculent songes et mythes en érosion.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021