N'ai le pouvoir de coucher dans la soie,
Mes déshérences : ces songes qu'on fossoie,
De donner aux mots, la richesse d'antan,
Celle dont les poètes emperlèrent le temps,
Quand le langage humilie le profane,
Lestant au patois, quelque joute insane.
Je ne peux voler entre les longipennes,
Ni nager en l'azur où l'albatros en peine
Remonte des coursives, l'imposant fuselage ;
Y noircissent les ailes d'êtres de passage
Assoiffés de ciel, de céruléenne nue,
Au petit jour d'avril, en l'aube retenue.
S'il faut des scissions, taire vindicte, clore
Du casus belli, le forclos, voir éclore
Du bourgeon, la vie sous le sang neuf
De la belle nature, verrons de l'œuf,
Les cicatricules, sa porosité, sans lier
De la cuticule, la chitine alliée.
N'ai du passé taclé l'arrogance ; ai fui
Aux aurores, la rosée dont le jour s'enduit
Pour se prémunir de vents présomptueux,
De tempêtes, d'austers majestueux.
Tel le lâche mué, ce velléitaire enkysté
D'écorchures, je fais sans hésiter,
Le tour de l'enfance, le périple des heures
Accrochées au négoce et qu'empale la peur.
Mon âme est un miroir teinté d'émotions ;
S'y bousculent songes et mythes en érosion.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
