Les ombres qui trépassent sont des matins
Posés sur d’ingrats souvenirs ; elles
aspirent
Du temps, en l’éveil de l’arrogant soupir,
Des premières envies, les pleurs adamantins.
Nous les regardons naître sous la cendre,
Les voyons se débattre au centre du cortège
Dont les mots alimentent et protègent
Les maladroits graphèmes, sans comprendre
Du pesant silence, l’inclassable moiteur…
De ces ombres confites_ peu s’en fallait
Que nous le tussions ! _ espérions fouler
Du rêve clos, la cruelle fadeur...
Nous les voyons mourir dans la lise du vide,
A l’heure où les torrents agrémentent encor
De la belle charmille, le fastueux décor
Flattant de la rigole, les minuscules rides.
De ces ombres nichées au faîte de nos peines,
Emanent parfois de furtives silhouettes ;
Caressent sous les branches, la rouette
Liant de nos blessures les affres souveraines.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
