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vendredi 23 juillet 2021

TU RÊVAIS DE MAPPEMONDE Jean-Jacques Tazartez

TU RÊVAIS DE MAPPEMONDE

Jean-Jacques Tazartez

 

 

Tu rêvais de mappemonde
De voyages au tour du monde
Et d'océans déchaînés
Qu'il faudrait apprivoiser
Tu rêvais de découvrir
Les plages où s'en vont mourir

Les tout derniers survivants
Des rêves d'un autre temps
Quand le soleil se fait lourd
Et que les chansons d'amour

S'effacent
Tu rêvais de mappemondes
De voyages autour du monde
D'un avenir incertain
Qui te prendrait par la main
Tu rêvais de voir Chopin
Mais je ne suis pas Chopin
Je n'étais rien qu'un passant
Qui t'a dit "Viens, je t'attends"
Je suis un peu bohémien
Peut-être un peu musicien
Que sais-je?


Tu rêvais de mappemondes
De voyages autour du monde
De quelque temple Maya
Qui n'attendrait plus que toi
Tu rêvais de vivre un jour
Un peu comme un grand amour
T'emportant loin des solitudes


Je rêvais de voir le jour
Même s'il donnait sur la cour
Même s'il donnait sur les quais
D'un vieux Paris oublié
Je te rêvais sans savoir
Qu'un beau jour dans ma mémoire
Tu inscrirais ta solitude

Et nous découvrirons Paris
Et puis les faubourgs de Paris
Et puis tout doucement la vie...
Comme deux oiseaux solitaires
Et puis un jour on s'en ira
Les yeux fermés où tu voudras
Peut-être serons-nous très vieux
Mais nous aurons les mêmes yeux
Pour voir la terre
La terre...

Jean-Jacques Tazartez

ETRANGE MISSIVE

ETRANGE MISSIVE

 

J’ai reçu votre lettre : bien étrange missive

M’annonçant votre désir de rompre… hélas !

Pour vous _ ne vous ai point aimée… incisive,

Se fait ma péremptoire véridicité : elle glace

Tous ceux qui, comme vous, entrelacent

De lèvres passionnées, l’hypothèse concessive.

 

Si jadis vous me plûtes, coula sous le tillac,

Fluctuantes eaux et remous d’abondance ;

Ai fait d’autres rencontres, grisé de calambac,

Enivré malgré moi, de nouvelles fragrances.

 

Vous me croyez surprendre, espérez m’étonner :

Moi, soliste de nuits d’encre, moi_ bohémien

Sans lunes, dont l’errance a toujours bétonné

Des traverses moussues le rempart permien.

 

Vous évoquez en d’éloquentes brèves, c’est vrai !

Nos communes passions… communes ???

Je n’eus pour vous, très chère, en ces ides cuivrées,

Qu’empathie… peut-être allocentrisme ; immune

Semble votre palpable gêne… cette ivraie.

 

En parafant l’épistole vôtre, vous portez estocade,

Avant le coup fatal, derrière la muleta…

Moi ? je demeure stoïque derrière la rocade ;

Vos mots n’enjambent pas mon affect, en l’état !

 

J’ai franchi d’autres monts, escaladé des cimes,

Le faîte auréolé de souveraines brumes ;

Ai vu naître des larmes au col gris que déciment

Les vents de l’arrogance soulevée du bitume.

 

Ephémère conquête de mes sens salvateurs,

Gardez de moi, en ces cendrures pleines,

L’image du sigisbée, non du vieux contempteur

Ficelé d’entregents, enrubanné de haine !

 

Je peux vous absoudre de fantasmes viciés,

De lubies dont le tendron honore l’efficace !

Emplissant de la coupe, avant d’officier,

L’uvale potion… heureux, vous livre dédicace,

Sans montre d’obséquiosité… cocasse,

N’est-il pas, la rétroaction qui si bien, vous sied !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021


CE QUI DURE René-François Sully Prudhomme

CE QUI DURE

René-François Sully Prudhomme

Le présent se fait vide et triste,
Ô mon amie, autour de nous ;
Combien peu de passé subsiste !
Et ceux qui restent changent tous.

Nous ne voyons plus sans envie
Les yeux de vingt ans resplendir,
Et combien sont déjà sans vie
Des yeux qui nous ont vus grandir !

Que de jeunesse emporte l'heure,
Qui n'en rapporte jamais rien !
Pourtant quelque chose demeure :
Je t'aime avec mon cœur ancien,

Mon vrai cœur, celui qui s'attache
Et souffre depuis qu'il est né,
Mon cœur d'enfant, le cœur sans tache
Que ma mère m'avait donné ;

Ce cœur où plus rien ne pénètre,
D'où plus rien désormais ne sort ;
Je t'aime avec ce que mon être
A de plus fort contre la mort ;

Et, s'il peut braver la mort même,
Si le meilleur de l'homme est tel
Que rien n'en périsse, je t'aime
Avec ce que j'ai d'immortel.

René-François Sully Prudhomme

PRETENTIEUX OLIGARQUES

PRETENTIEUX OLIGARQUES

 

Enserrés de fièvres, d’insupportables ardeurs,

Ils vomissent l’histoire à l’ouïe de sectaires

Pontifiants et gras : en vils affermataires

Dont l’Etat alimente la trompeuse candeur,

Lors que le mécénat distribue sans s’en faire,

A ces noires âmes piégées de mille affaires,

Sequins à volonté, titres et, en secondeurs,

Nobilité promise… si c’était à refaire…

 

Sur des terres pentues, au nord de fiefs nus,

Ils plantèrent jadis, de factices décors :

Nuisibles artefacts d’où pointent, en désaccord,

Les mirages perlés d’ambitions ténues.

 

Sur d’ouateux sofas, ont posé leur dégaine,

Jouissant de promesses d’ambitieuses chattes

Offrant sous les satins, le tissu écarlate

De la plaintive chair confite de rengaines.

 

Auraient pu, aux nuits de lune pleine, baguer

De l’inconditionnel, subtiles déviances…

Et du dévoiement, qu’abhorre la sapience,

Sarcler les folles friches, et sans s’en enjuguer.

 

On les voit seuls aux messes, égrener chapelet,

En zélateurs de prêches alambiquées…

Scellés en mariolâtres, aimeraient abdiquer,

Pour de l’iconoclaste raillé du pipelet,

Oindre de parénèse, pour le mieux épauler,

Le catéchumène vidé… à bout de quai.

 

Ces pâles foutriquets dont les orges frémissent

Aux banquets de silènes pansus, implosent

De colère, quand les démons déposent

Au pied de l’orgueil_ (que vouliez-vous qu’ils missent

Sans en restreindre aura ?)  _ dernières prémices,

Ultimes prolégomènes de questaux qu’enclosent

Taxables démunis, purotins de comices.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 22 juillet 2021

DEROBADE FUITEE

DEROBADE FUITEE

 

Qui êtes-vous jocrisse aux plates manœuvres ;

Vous que le temps empourpre de reliquats,

Usurier dont la couronne ne jamais fait cas,

Voyez donc se distendre vos rallonges de pieuvre ?!

Coincés sous l’oviducte_ oh ! j’en fournirai preuves _

Vos flottantes membranes serviront d’en-cas…

 

Qui êtes-vous bouffon aux pitreries multiples,

Qui promenez calèche avec grandiloquence !

Vos songes muselés d’ignobles appétences

Se font déchiqueter du trop rusé haliple…

 

Je vois vos longues dents mordre aux fruits

De la métempsycose… abîmés, vos crocs

Ne peuvent retenir_ laid et minable escroc,

Le délice mutant de l’âme en usufruit !

 

Qui vous a ourlé au bâti de l’espèce naïve,

Clivé aux crues de la turlupinade !?

Sera-ce en ces jours gris tracés de l’alidade,

Que s’orneront au soir, vos idées émissives ?

 

Flotte une odeur de mort, un relent de tombeau

Sur vos malsaines tacles… il semble que la nuit

Aie d’une longue chape étouffée de vos brigues,

La collusion dont s’arme le manant: intrigues,

Connivences enrouées, pétries d’un fol ennui,

 

En l’éclat du joyau dont la grâce fit montre

Et qui, de votre joug, enserre la prestance ;

Serait-il de bon ton d’en atténuer instance,

Pour mieux parachever, si le cran le démontre,

 

L’ouvrage de vos excès (devrais-je dire méfaits ?)

Empilés sur la table d’un patient magistrat,

De qui la gent confiante, ignorée du substrat,

Accuse en des mots vrais réceptifs bienfaits ?

 

Si j’ai par mégarde_ talé de vos impasses,

Le sombre corridor, sans m’en apercevoir,

J’ai _ que ne suis-je imprudent ! _ pu voir

Le digressif poser col à même la surface,

De l’horrible ajour : subtil tour de passe-passe

Que vous vous plûtes, évincé du pouvoir,

A jouer en coulisse, quand se mirent à pleuvoir,

Les larmes désossées de mièvre Candace.

 

Qui êtes-vous céans_ vous que les années cassent

Aux vents de ces gréements mollement chahutés

De bizarres tempêtes s’en venant permuter

Du socle qui vit naître les combines cocasses ?!

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 21 juillet 2021

CONQUERANTE SAVEUR

CONQUERANTE SAVEUR

 

Tu mûris sur la branche, doux fruit printanier ;

Il y a sous ta robe, un exquis velouté,

Et qui régalera _ à n’en point douter _

Assoiffée de nectar, celle qui porte panier.

 

Aux possibles cueillettes, quand hardi,

Le soleil pénètre tes rondeurs, le vent

Vient souffler sur ta peau, et en la soulevant,

Ta gracieuse robe, en l’aube ragaillardie.

 

Sur ma lippe tendue, aux moites caléfactions,

J’aspire du liquoreux enjôlant ma quémande,

En de brèves sucées, ta saveur amande,

Ton généreux nanan, riches d’olfaction.

 

L’hiver, aux lunes crevassées, l’arbre défait

De son port altier, pleure de te voir mourir

Aux vespérales… comment va-t-il nourrir

Le pérégrin fourbu, l’enfant insatisfait ?

 

Narre-moi tes voyages : du ventre de la terre,

Aux noduleuses branches ! pleures-tu au matin,

Si les brises enserrent le gluant abiétin,

Et de nos chaudes serres, l’alvéole acrotère.

 

Quand perle la rosée, et s’émoussent les bruines,

Le feuillage amadoue les insectes friands

De ta chair en offrande, ton goûteux liant ;

J’envie ces vagabonds survolant chaque ruine

 

Rehaussant ta superbe… ils ne pourront jamais,

De leurs tristes décombres, caresser ton velours,

Ni même s’accoter à tes rames ; quoique lourd,

Le vieux strix, en fougueux nyctalope s’abîmait

 

A ravir aux fauvettes légères, ta sirupeuse lie ;

Hélas ! ne pût de son pugnace bec, accrocher

Le tubule dont tu gardes, farouche_ le crochet

Soutenant ta cambrure aux aurores pâlies.

 

En coupe vermeille, ou aux beaux étalages,

Tu rayonnes toujours, étrange gourmandise

Dont la suave lèvre_ ce, quoique on en dise,

Absorbe le vigoureux, du souple cartilage.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

JUGE ET MAÎTRE



JUGE ET MAÎTRE


Le monde est un enfer de désolations,
Deuils, tourmente : c’est un puits
Où stagne l'eau des malédictions :
Creuset où fermentent, jour et nuit,

Mensonges, insolvables promesses ;
Ceux qui l’habillent sont des nains
Empruntant aux géants d'Hermès,
Toute la démesure, le perfide venin.

Le monde est un col peuplé de démons
Parcourant la terre : cerbères débiles
Liés aux pollicitations, aux sermons
De Satan, ce gouvernant habile.

Il ignore tout de Dieu, L’Unique ;
A La Croix du Calvaire, Il donna
En Jésus, Sa Vie ; Lui, dont La Tunique
Fut partagée de reîtres; Il le leur pardonna.

Le monde face aux fléaux, ces plommées,
Piégeant le kaiser, agonise au seuil
Du renouveau, sans soudrilles armés
Pour le protéger ; bientôt, quand l’œil

D'attrition, la froide paupière,
Bâilleront du cil, l'incube damné
Quittera l’antichambre de pierres,
Pour la cendre des morts, la face burinée.

L’Agneau Pascal scellera l’Élu du Seigneur,
Du Sceau indélébile… Le Ciel ouvrira
Sa Porte aux fils du Royaume… ailleurs,
La géhenne vaincue, désormais, brûlera

L’impie, le mécréant: adeptes du Vatican…
Le soleil minera l’ensoutané Romain,
Ce replet cardinal; il posera carcan
A son linceul d’envies sans lendemain.

Le monde achèvera son ascension ;
Les larmes paveront l'altier Shéol ;
Guerre d’Armageddon, rixes, scissions,
Donneront le la, au peuple en camisole.

Pleuvra du Ciel, d'ardents grêlons ;
L'ange trompettera le début des heurts...
Se moque t'on du Tout-Puissant ? Long,
Sera le râle de défaite, en ces peurs !

Pour l’acmé, impossible rémission…
Au balcon des prêtres séduits, chiens
Du Rex Ribaldorum, férus d’inquisition,
Flotteront fanions, pennons cabochiens.

Juge et Maître, Le Vainqueur, mon Roi :
Christ-Jésus, baptisera la nouvelle terre,
Ointe pour L'Éternité… Renaîtra, je le crois,
L’Eden profané d’Eve, l’épouse adultère.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021