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vendredi 9 juillet 2021

GRADUELLES METAMORPHOSES

GRADUELLES METAMORPHOSES

 

A l’abri des orages, je feuillette le livre

De Gombault et Macée : ces amours lissées

Sur gravures, cette romance à suivre,

Et que les broderies se surprennent à tisser…

A l’abri des grands vents, je pose l’ex-libris

Entre les vieilles pages d’un recueil anonyme

Où sombrent les jours que les rides lambrissent

D’arabesques, quand les mots s'enveniment

De parjures, vindictes… s’en appauvrissent,

Le style, la faconde ignorés du jocrisse,

La verve, l’arrogance, transmuées en l’intime.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

SALUBRE LINEATURE




SALUBRE LINEATURE

 

Amour, que n’êtes-vous offense à ma sincérité !

Démesure aucune ne pourra m’en disjoindre,

Même si _ lunes éteintes_ viendriez m’oindre

D’un baume dont le charme ne se peut éventer.

 

Quand vos rires absolvent de l’inconvenance,

Le circonspect impair, alouvie en ces jeux,

L’ambition mienne dompte l’esprit nuageux

Voilant le cœur enclin au débit d’abondance.

 

Nus au pavillon des reines, ou sur la morte berge,

Verrions _ que ne l’aurais-je tu ! _ l’amour plein

Planifier de nos actes, à l’âme qui s’en trop plaint,

Circonstancié, avec pharisaïsme, pour de vierges

Pensées, allumer phantasmes aux cierges

Vite éteints, d’amants éjectés du tremplin.

 

Et si du fictif accordions audience… se pourrait-il,

Riches de présomptions, qu’ensembles, nous fussions

Aux probables dérives… pétris de confusions (!?)

L’ivresse du désir est un mal bien futile.

 

En vous faisant l’amour au sofa brodé, ai rêvé,

Déçu de la manœuvre_ d’un corps au vôtre louable

Aux étreintes miennes ; y dois-je, en l’acceptable,

Ouater de brefs sursauts nos cambrures larvées ?

 

Nos corps accusent différences… le réel encloue

Au pragmatisme dont vous et moi,

Encellulés, absorbions contraintes, en l’émoi

Civilisé du romantisme désamorcé du flou.

 

Nos vies ne sont que mots, qu’illusoires faillites

Dépeuplées de chimères éthérées… nous sommes

Des enfants bercés d’accortes sommes,

Au sommeil d’angelots retouchés de Magritte.

 

Nos corps ne sont que: putrescible chair,

Pulpe de sarcocarpe, déviances en l’affect…

Fuyons, douce compagne, cette carne infecte ;

Laissons l’ébauche s’ensuiffer de torchère !

 

Je vous ferai connaître de nubiles naïades,

La malhabileté: inadvertance d'un soir

Aux tangibles frissons… parfois, l’accessoire

Ma mie, irradie et sans rodomontades,

Celles qui, dentelées de folles incartades,

Achèvent du silence le flux compromissoire.

 

Nulle délation ne peut vous tresser laurier !

Vous achevez l’ouvrage de la gent attentive

Aux enclaves perçant de la serve rétive,

L’appréciable manchette et pour l’en excorier.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 8 juillet 2021

ETONNANTE MUSARDE

ETONNANTE MUSARDE

 

Mon encre en des doutes indécents et cruels

Façonne de ses mots l’altière structure ;

Je ne sais si demain au ventre des ruelles,

S’effacera l'aura dont s’arme l’écriture.


Ne veux point écrire pour confondre les rêves

Déambulant au soir en mon sommeil de plomb ;

J’aimerais satisfaire à ma foi, quand s’achèvent

Les coulpes agrippées à mes songes oblongs.


J'ourle de doutes les notables semonces

Du désordre d’âmes prévaricatrices ;

Les arguties de ces dictions absconses

Emperlent la mémoire des louves séductrices.


J’éteins du lourd boisseau l’inusable chandelle

Dont la cire bouchonne le porte cierge 

Humecté d’allégoriques prédelles

En l'inconstance animant les vierges...


Amusé quelquefois,  l'œil hagard, j’épie

Des tristes larmes de chaisières voûtées,

La glaireuse coulée stridulée par dépit,

Désoclée de l’image qui semble l’envoûter,


Chaque cicatricule dont l’étoupe caresse

La poreuse patine, ce calcin d’apparence

Purgé des miasmes et qui souvent l’oppressent,

Afin d’en écurer la pleine transparence.


Mon verbe fait invite autant qu’il convienne,

Aux mécènes pansus : adeptes de bombance ;

Il martèle le fat aux ides où surviennent

Les vents désaccordés où, de l’arborescence,

La ramification exsude de la morte sève ;

Le branchage en amortit la trêve...


Percluses en cette latomie, mes pensées

Se vêtent d’espérance, quand esprit s’acclimate

Aux éphémères broues chues de moites saucées

Perlant de la nue prise au rets de primates


Qui en gesticulant bâchent de l’azur, l’opaline

Teinte dont les reflets encernent à l’aurore,

La diaphane rosée sertie de cornaline

Quand sage coccinelle s’éloigne du mucor…

 

En mélancolique aède, j’absous

Des cantilènes l’ombrageux lyrisme tressé

Sur la musarde que ne jamais dissout

Le barde illusionné… se croit-il oppressé (?)

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

BRISE MARINE Stéphane Mallarmé

BRISE MARINE

Stéphane Mallarmé

La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas, fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend,
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture
Lève l'ancre pour une exotique nature !


Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots...
Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !



Stéphane Mallarmé

IDEAL… A MOINDRE COÛT

IDEAL… A MOINDRE COÛT

 

En des matins de fête, à l’orée de jouissances

Fusant de mille éclats sur le cuir de mes joies,

Ai bu de vos fontaines, sous tisons grégeois,

En de riches lampées, cette surabondance

Qu’éveille la pépie puisant de contenance,

L’influx dont s’alimente le sobre villageois.

 

En des jours modelés de nos aquafortistes,

Ai dressé chevalet sur la verte colline,

Pour voir de l’âme en peine, en son spleen,

Couler de claires larmes dupant l’abondanciste.

 

En des pauses ouatées, au soleil de vains cris,

Quand l’image dédouble le mimétisme clos,

Et qu’emmure le traitre pénétré de forclos,

Ai vu poindre des rais inondant mes écrits.

 

Privé de sémantique, sans sémiologie,

Le rhéteur a fui l’exégèse biblique…

Je le vois s’ajuster au corset d’encycliques

Que le pape, ce fourbe, énonce en liturgie.

 

En d’appréciables joutes, je commente l’histoire,

Jouant en rivarolien, les bretteurs de service ;

J’effeuille du compromis inhérent aux sévices,

Tutélaires branches du tubule accessoire.

 

Il est en ces sophismes de séducteurs _

Nulle offre qui en vaille détour… amorphe,

Sous jaseran coté, mes besoins polymorphes

Détroussent du mol orgueil, ce filin rétenteur,

 

Les fâcheux entrelacs : permissives visées

De doctes en devenirs, de scientistes butés…

Aguerri en ces bermes_ qui pourrait en douter,

Je traverse les ruines de martyrisés

 

Sommeillant au fort de la disgrâce ! …

Ces suppliciés dont subsistent empreintes,

Sont _ au fil de vexants deuils _ en l’enceinte

De caveaux chaulés : ineffaçables traces

De permissionnaires devenus là : carcasses

De patriarches… en des aubes éteintes.

 

Si Dieu existe… et je sais qu’Il est ! les hommes

Verront choir de l’infatuation leur, c’est ainsi !

Le nimbe de confort que broche l’indécis

Au col du mécréant donnant quitus à Rome.

 

Moi, confiant en des espaces où migrent

Les justes repentis ; rémiges déployées

Au Ciel de ma Victoire, je clame : _ oyez,

Créatures de sang, trompeter sans dénigre,

 

L’Ange de L’Eternel !!! il n’est d’autres chemins

Que Le Christ-Rédempteur… Sa Voie traverse

En nos désordres flous, quand l’amour s’y déverse,

L’allée des repentances, quand Il nous prend la main.

 

Que naissent en mes lois, de réelles palmes !

Mon esprit donne ton aux Divines Chartes…

Qu’importe l’ivresse ! vois ! il faut que je parte

Retrouver le repos, en des ondes plus calmes !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 7 juillet 2021

STANCES A MOLIERE Nicolas Boileau

STANCES A MOLIERE

Nicolas Boileau

 

(Sur sa comédie L’école des femmes.)

En vain mille jaloux esprits,
Molière, osent avec mépris
Censurer ton plus bel ouvrage :
Sa charmante naïveté
S’en va pour jamais, d’âge en âge,
Divertir la postérité.

Que tu ris agréablement !
Que tu badines savamment !
Celui qui sut vaincre Numance,
Qui mit Cartilage sous sa loi,
Jadis sous le nom de Térence,
Sut-il mieux badiner que toi ?

Ta muse avec utilité
Dit plaisamment la vérité ;
Chacun profite à ton École :
Tout en est beau, tout en est bon ;
Et ta plus burlesque parole
Vaut souvent un docte sermon.

Laisse gronder tes envieux :
Ils ont beau crier en tous lieux
Qu’en vain tu charmes le vulgaire,
Que tes vers n’ont rien de plaisant.
Si tu savais un peu moins plaire,
Tu ne leur déplairais pas tant.

Nicolas Boileau, Poésies

EPISTOLAIRES REMEMBRANCES

EPISTOLAIRES REMEMBRANCES

 

Tes lettres me reviennent en testaments vidés

De leurs riches promesses… elles perforent

De l’âme, du cœur, le puissant contrefort

Contre lequel jadis, butait l’ombre ridée

De souvenirs jaunis, sans en élucider

Le mystère obombré de ce qui rend plus fort

L’amant piégé des mailles d’offensantes idées.

 

Ces épistoles aux désuets agréments

En l’influx de fièvres, d’obsédante fébrilité,

Harnachent encor, et pour la déliter,

Ma pensée amputée de tous ses éléments.

 


Sentiments de prestes galants, fiers

D’appartenir aux lords de courtisanerie ;

Les voilà convertibles à la chicanerie

Etoffée de cancanes d’atroces tenancières !

 

En l’immuable, sans montre de réserve,

J’accuse du paraître, en ces piètres jouvences,

Le caricatural : ce lourd bossoir que lancent

Les trompeurs… pour nuancer leur verve.

 

Tes mots ont pris le large, me laissant dépité,

Au ventre d’un passé ayant plié bagages ;

J’ai des désirs mort-nés, pris pour gage,

La soif et l’appétence voulant précipiter

 

Le sujet disgracié que semble embastiller

La réminiscence aux mutantes épreuves :

Ressouvenance, et que pourtant promeuvent

Les rigides poncifs d’ignares encastillés

 

D’absurdes prétentions… promènent carrosse

Sans lester de prébende les fidèles séides

Mués en factotums, ou reîtres impavides,

Mais larvaires… sous l’armure d’endosse.

 

Pénitent en cette thébaïde où s’effilochent

Les rires...  sans coulpe, ni rosaire,

Je déchiquette au soir de lune pleine, sincère,

Les dernières reliques excoriées d’encoches.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021