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mardi 6 juillet 2021

SE PEUT-IL QUE S’EMBRUME L’IDOINE ?

SE PEUT-IL QUE S’EMBRUME L’IDOINE ?

 

Peut-on croire en l’amour sans cautèle,

Sans s’y rompre les ailes ? peut-on naître

D’espoirs, l’âme ajourée du paraître,

Quand la honte pénètre le désir en atèle ?

 

S’il est de routes parsemées d’indulgences,

De longues promenades déviées du chemin

Où poussent à foison de tristes lendemains :

C’est que le temps écorne encor l'adolescence.

 

Peut-on croire au bonheur planifié de l’affect,

Aux possibles faveurs, qui de l’ataraxie,

Berce le stoïcien en l’entrisme qu’asphyxie

L’habile ramenard au langage suspect ?

 

Du catafalque agrémenté d’icônes,

Au trompeur pulpitum de la Rome papale,

N’est rien de plus ubuesque que l’épiscopal

Trônant aux fiefs empaumés de zircone !

 

Si j’emprunte naos en ce siècle trompeur,

Si je gravis en l’appréciative, gémonies,

Sans me plaindre jamais… contrefait d’ironie,

Irai boire à la source, formolé de torpeur.

 

Ma vie fait de ce mur infranchi du novice,

Sommaire passerelle plâtrant l’imaginaire

D’un staff d’incidence, que même l’avenaire

Adopte aux jours gris du malheur et du vice.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

SANG FRAIS DE LIBERTE

SANG FRAIS DE LIBERTE

 

La liberté pénètre les ombres de l’histoire

Dénonce des silènes, l’imposture ;

Fait naître de l’âme noble architecture

En colonnades de lourds réquisitoires,

Relève de la boue, sans-grades et bafoués

D’ignobles pontifex : prétentieux kaisers

Baisant l’icône de monuments déserts,

Effigies et graphie : simulacres alloués.

 

Elle ennoblit l’art, dévoile non sans mal,

Le nonce séduisant le gille de confesse :

Gobe-mouche venant s'user les fesses,

Sous sa glaireuse mue de vil animal.

 

Enserre l’impur au verbe engageant,

Targuis, matamores, soutenus

De ces ilotes violés sans retenue,

De pâtres avilis, au regard dérangeant.

 

Pour l’avoir côtoyée, au soir de lune pleine,

Saluée là, entre les rais superbes,

Ai vu l’amour griffé de hautes herbes

En ma chair meurtrie de tant de chaînes ;

 

Ma pâleur raillée d’enfants des îles

Sommeille aux vents d’alizés en voyage,

A l’heure où le poète harmonise les pages

Du pantoum dont les rimes défilent.

 

La liberté, pour s’offrir un ailleurs,

Atténue les brumes de septembre…

Lézarde les murs de ma chambre,

Ses arabesques… au pire ou au meilleur

 

Des caricatures singeant mes insomnies,

Quand ma mémoire semble en faire déni.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 5 juillet 2021

LE POT DE TERRE ET LE POT DE FER Jean de LAFONTAINE

LE POT DE TERRE

ET

LE POT DE FER

Jean de LAFONTAINE

 

Le Pot de fer proposa
Au Pot de terre un voyage.
Celui-ci s’en excusa,
Disant qu’il ferait que sage
De garder le coin du feu :
Car il lui fallait si peu,
Si peu, que la moindre chose
De son débris serait cause :
Il n’en reviendrait morceau.
« Pour vous, dit-il, dont la peau
Est plus dure que la mienne,
Je ne vois rien qui vous tienne.
– Nous vous mettrons à couvert,
Repartit le Pot de fer :
Si quelque matière dure
Vous menace, d’aventure,
Entre deux je passerai,
Et du coup vous sauverai. »
Cette offre le persuade.
Pot de fer son camarade
Se met droit à ses côtés.
Mes gens s’en vont à trois pieds,
Clopin-clopant, comme ils peuvent,
L’un contre l’autre jetés
Au moindre hoquet qu’ils trouvent.
Le Pot de terre en souffre ; il n’eut pas fait cent pas
Que par son compagnon il fut mis en éclats,
Sans qu’il eût lieu de se plaindre.
Ne nous associons qu’avecque nos égaux ;
Ou bien il nous faudra craindre
Le destin d’un de ces pots.

 

Jean de LAFONTAINE

EMU D’ÊTRE MOI

EMU D’ÊTRE MOI

 

Percé de la sagaie de la gent ironique,

Cloué au pilori de sages conducteurs :

Inutiles servants de prestes zélateurs,

Ai _ malgré moi_ sans montre de panique,

 

Défiguré l’aire où s’esbaudissent encor,

Les facéties empruntées aux grimoires,

La jeunesse boutée de l'étrange mémoire :

Tristes grimauds dont s’enkyste le corps.

 

Lacéré du mensonge des prévaricateurs,

Du sophisme de doctes ficelés d’entregents ;

Me suis délié des propos outrageants

De professes compagnes au verbe séducteur.

 

Quand j’irai cheminer par-delà les instances

Dont le déclamatoire anime l’exégèse,

Ma plume tancera des fines catachrèses,

La subtile figure de métaphores denses.

 

Encloîtré de saveurs peu affectées

De fragrances nouvelles, j’éparpille _

Grand bien m’y fasse ! des vitreuses pupilles,

Le désordre de larmes croit-on_ suspectées

 

De novices brocardes engainées, c’est ainsi !

D’ironistes dupés dès l’éveil matriciel…

Ces satiristes butent, pris en l’artificiel,

Sur l’épaisse paroi d’immondes frénésies…

 

A les voir dessertir de l’intelligentsia, à tort,

Juste connaissance, il me vient_ en ces lunes,

Des envies (besoins ?) de narguer une à une,

Les friables pépites dont s’encloue le butor.

 

A rires que vois-tu, je pénètre l’absence,

Confiant en ces voltes, qui du vrai codicille,

Dénaturent l’emphase… l’audace la décille ;

L’impudence en tacle l’obsolescence.  

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

dimanche 4 juillet 2021

LES AUTRES

LES AUTRES

 

Les autres n’ont rien su ; je le crois,

Quand, sanglés de vents fous, lestés

De vains remords, en ce trop bref été,

Nous prîmes des traverses en croix,


La longue houppelande du sentier

Conduisant au manoir de Crewled ;

Faut-il qu’au soir, en larmes, j’y plaide

L’infortune, ce mésaise_ qu’entier,


Je m’offre aux vestales marbrées

Du faste dont jouit le nanti ajouré ?

Y dois-je encor jouer l'énamouré,

Confesser les lubies de nos rêves cambrés ?

 

Les autres n’ont rien vu, quand l’ivresse

Des cimes nous a défait du courage,

Pour, brusquement faire barrage

A feu dont_ cœurs ceints d’allégresse,

 

Nous puisons la vaillance certaine…

L’image subliminale du bonheur présent,

En l’aurore, de ce doute épuisant,

S'évente, puis,  fatalement, s’égrène

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

VENISE Jean-Jacques TAZARTEZ (N.P)

VENISE

Jean-Jacques TAZARTEZ (N.P)

 

Qui mettra les drapeaux en berne
La mort jamais ne nous concerne.
Qu’il s’agisse d’un homme ou d’un port,
Qui de nous pleurera sa mort
La mer rongera les madones
Subsistant de l’ancienne Rome
Qui dissipera le brouillard,
Qui recouvrira ta mémoire.

Moi, je n’avais jamais vu Venise,
Jamais dormi au bord de l’eau
Mais, je sais que cette plage grise,
Avant s'appelait le Lido.

Et les mouettes ne sont plus blanches,
Les pigeons n’ont plus de dimanches

Le Palais des Doges se meurt,
De tous ses murs suintent des pleurs ;
Elle s’en va la grande dame,
Tout au fil de l’eau de ses lames ;
Quelques gondoles égarées
Essayent de la rattraper

Moi je n’avais jamais vu Venise,
Jamais dormi au bord de l’eau ;
Mais je sais que cette plage grise
Avant, s'appelait le Lido.

Mais faudrait pas que ça te gêne,
Si ce n’est pas Paris sur Seine ;
Faut pas te sentir obligé
D’essayer d’être concerné ;
Bientôt ce sera notre tour
Et toutes nos chansons d’amour

Parleront du monde d’avant
Ça ne sera pas dans très longtemps.

Moi je n’avais jamais vu Venise,
Jamais dormi au bord de l’eau ;
Mais, je sais que cette plage grise
Avant, s'appelait le Lido

 

Jean-Jacques TAZARTEZ

OPAQUES INCERTITUDES

OPAQUES INCERTITUDES

 

Madame, de vos rêves enfouis au satin des nuits,

Ai fait bouquets de complaisance, parhélie

Pour confondre la sorgue, qui à l’aube, s’enfuit,

Quand choit l’étoile bleue de mon ciel de lit…

 

N'est en ces nuits d’encre : ténébreuses ombres,

Aucun plumet qui vaille du décor, rehausser

L’artefact… l’image en ces points sombres,

Atténue du brouillard, l’épaisseur écossée.   

 

Saviez-vous, madame, qu’aux heures décimées,

Quand l’horloge plaintive ajuste aux secondes

De clivantes minutes, peu à peu écimées

De la dague du temps, les spires rubicondes

Du soleil de juillet, en l’aurore, inondent

Du songe creux la translation arrimée

Au jalon que les soupirs émondent ?

 

Oniriques visées de troublantes coulures,

Aériennes volutes chichement dédoublées,

Pourquoi de la sagesse empruntez-vous allure_

De la juste prudence, les appentis comblés ?

 

Pourquoi, madame, de l’exacte mesure, arguez

Vous le tempo ? qui traverse vos ruines, au soir

Plein de promesses échouées loin du gué

Où l’amante féale jurant fidélité, élève l’ostensoir

 

D’un amour évidé de sa pleine assurance ?

Que n’êtes-vous, irascible lorette de ciborium,

Placée sous l’édicule d’un désir, en l’errance

De feintes accotées aux aises ruinant l’homme !

 

Si j’emmure des joies, la réelle substance, je délie

De vos larmes, l’influx d’importance… j’écale

De l’homochromie, l’improbable délit

Dont le froid mimétisme, en ces ides pâlies,

Encerne du fourreau le long support de cale.

 

Madame, retenez-moi à l’haussière vôtre !

Mes plaintes berceront de l’inutile broue,

Le spumeux ramas… là, du blé, à l’épeautre,

Les gemmules enserrent l’aciculaire houe.  

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021