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dimanche 20 juin 2021

A L’ADRET DE MA FOI

A L’ADRET DE MA FOI

 

Puisqu’il n’y a de l’amour,

Au son qui l’accompagne

Au point du petit jour,

En l’éveil de campagne,

Aucune issue possible,

J’aimerais retenir de la haute cocagne,

Chaque jour, à mes châteaux d’Espagne,

L’illusoire clampé aux joutes risibles !

 

Puisqu’il n’y a de la séduction,

Aux rites qui l’encartent

Quand s’enflent les prétentions,

Nulle feinte en ces cartes

Jetées sur le tapis, et qu’essartent

Les lois du cérémoniel,

Les conventicules fades, artificiels 

De grasses coutumes de rétention,

 

Je me dois de livrer aux tatillonnes clauses,

L’oukase pénétré de modulables règles,

De par ces protocoles ajustés aux causes :

Férules injectées souvent à fortes doses…

 


Puisqu’il n’y a en la fin du voyage,

Pas de repos qui vaille sacrifice,

Yeux levés au Ciel, je m’engage

A offrir corps et âme au Fils :

Le Christ-Rédempteur_ sans artifices,

Ma foi, mon cœur, en témoignages ;

Fier d’être Chrétien, quand darde le supplice

De la tentation… mon esprit n’a point d’âge.

 

Je resterai, quand faneront les ombres_

Héritier de L’Eden de mon devenir…

S’il est de vos orages, des volutes trop sombres,

Saurai sans mal_ c’est vrai ! _ céans, m’en prémunir !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

samedi 19 juin 2021

PRECIEUSE BOUCLE

PRECIEUSE BOUCLE

 

Mon île est une fenêtre ouverte sur les eaux :

Les eaux bleues d’Amérique reflétant en un soir,

Les étoiles superbes du précieux ostensoir

De l’onde magnifiée de l’élégant fuseau

Qu’est la mer des Antilles : immense corridor

Où se perdent les vagues de lointains cyclones,

Cylindre dont la lame écume, puis abandonne

Le spumeux ressac, quand la rive s’endort.

 

Mon île est un oiseau aux ailes déployées

Aux vents tièdes d’avril, aux premières marées ;

S’y abandonnent les flux éjectés des marais

Et qu’enserrent les rus s’y venant louvoyer.

 

Aux grasses saucées de somnolentes nuits,

Chahutant sur la proue des galiotes perdues,

Les lucioles projettent des reflets ardus

Que percent les rayons d’inusables conduits.

 

L’on perçoit à deux lieues des mortes-fontaines,

Le roulis de la bâille éclatée sous la nappe…

Le bruissement d’étranges clapotis encape

Peu à peu, du silence, l’épaisse tiretaine.

 

Mon île, cette oasis sise au ventre des terres,

Allume des cortèges de princières flammèches ;

Son bedon alimente du chenal qui s’assèche,

Le longiligne estuaire, le support acrotère.

 

Couleurs mordorées, chatoyantes livrées

Se viennent poser au revers de sa mue,

Avant que d’éclater en nos larmes émues,

Quand la Pélée poudroie son armure cuivrée.

 

Je la vois comme un livre d’images, bestiaire

Où la faune, de guingois, pénètre ses forêts ;

Aux rires confondus, semblent s’y perforer

La molle retenue de lunes altières…

 

Son passé voudrait et la nuit et le jour, hanter

De lourds poncifs ma mémoire captive

De souvenirs écurés de ces pompes actives,

En l’historiographie trop souvent supplantée

 

De censeurs maniérés (ou fantasques), ces sages

Bedonnants et grincheux, en parade parfois

Sous la nef de chapelles fardées… sans foi,

Ces aristarques: fins métaphrastes, encagent

 

D’inutiles contraintes la beauté de l’atoll posé

En diadème sur l’océan marbré : unique

Joyau clair, chaste tiare des tropiques,

Miroitant sous la nue… ô belle Martinique,

Capresse de mes désirs d’amant nu sous la crique

Où ma peau métissée s'y vient reposer_

 

Dompte ma volonté de capricieux corsaire

Te voulant déparer de tes plus beaux atours !

Gifle de mon profil, jusqu’à son flou contour,

Les arrogants stigmates du regard insincère !

 

Que j’aie, au son de la mitraille, le temps d’aimer,

Ecorché de houleuses contraintes, percé sans autre,

De la juste pointe de ton accent… le nôtre (!?) …

J’eus souhaité renaître sous ta peau animée.

 

Splendide quarteronne, tu nargues l’incivil :

Potentat pugnace, voire ténébreux, ce mâle,

Rogue cruel lié aux soufflées hiémales,

Encavé en l’ossuaire d’un ministre servile.

 

Martinique, maritime compagne, saline berme

Empruntée de pas éthérés, je pose à ton cou,

De biens nobles baisers, pour du blessant licou,

Détresser la penaille… enfin y mettre terme !  

   

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

EMPREINTE DU RENOUVEAU

EMPREINTE DU RENOUVEAU

 

Le printemps a gardé des saisons trépassées,

Les fleurs et les fruits aux branches craquelées ;

Il s’éveille en l’aurore aux murmures cassés

Du bel oiseau nageant en l’azur bariolé

De sublimes rais chauds, comme vitriolés

Du phébus de Provence, que viennent marteler

Mistral et Tramontane peu à peu délacés

Du souffle des montagnes, ses plis écartelés.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

vendredi 18 juin 2021

CHANSON Pierre Corneille

CHANSON

Pierre Corneille

Si je perds bien des maîtresses,
J'en fais encor plus souvent,
Et mes vœux et mes promesses
Ne sont que feintes caresses,
Et mes vœux et mes promesses
Ne sont jamais que du vent.

Quand je vois un beau visage,
Soudain je me fais de feu ;
Mais longtemps lui faire hommage,
Ce n'est pas bien mon usage ;
Mais longtemps lui faire hommage,
Ce n'est pas bien là mon jeu.

J'entre bien en complaisance
Tant que dure une heure ou deux ;
Mais en perdant sa présence
Adieu toute souvenance ;
Mais en perdant sa présence
Adieu soudain tous mes feux.

Plus inconstant que la lune,
Je ne veux jamais d'arrêt ;
La blonde comme la brune
En moins de rien m'importune ;
La blonde comme la brune
En moins de rien me déplaît.

Si je feins un peu de braise,
Alors que l'humeur m'en prend,
Qu'on me chasse, ou qu'on me baise,
Qu'on soit facile ou mauvaise,
Qu'on me chasse, ou qu'on me baise,
Tout m'est fort indifférent.

Mon usage est si commode,
On le trouve si charmant,
Que qui ne suit ma méthode
N'est pas bien homme à la mode,
Que qui ne suit ma méthode
Passe pour un Allemand.

Pierre Corneille

 


FLAMMES DE FEMMES

FLAMMES DE FEMMES

 

Les femmes font la chasse à mes sommeils

Meurtris de déshérence, mes repos fardés

D’images subliminales par trop brocardées

De vierges rompues en l’aurore vermeille.

 

Elles ont, et malgré moi, écuré les envies,

Modulé de mes soifs, la brûlante pépie ;

Dois-je espérer céans, nécessaire répit,

Pour atteindre du songe l’onirique parvis ?

 

Les femmes torsionnent mon anatomie,

Arc-boutent de ma dégaine, l’illusoire

Haut perché, le profil posé sur le fil du rasoir,

Et qu’enchâssent les mythes de fidéicommis.  

 

Quand se posent les ombres de délires quiets,

Les spectres de l’utopie enracinée au noir,

Mutines, se font les nymphes du manoir

Où s’accouplent des formes huées du stariets.

 

Au jeu de la séduction, engavées de mensonges,

Se viennent coucher au pied de mon lit ;

Assurent de moite voix, ignorer du délit,

L’inconfort ajusté à ces remords qui rongent.

 

Perdu en la faune moulée de vains désirs,

Mon souffle cherche issue aux interstices

De la métempsycose ou l’apocatastase d’indices

Déchus de l’âme pure… le mal y vient gésir.

 

Entre les flammes des femmes de mon devenir,

Chahutent des désordres veloutés d’ironie…

Que n’aurais-je donné pour en faire déni !

L’atonie de mon double y semble parvenir.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

 


jeudi 17 juin 2021

PARTARUM SECURA ASELLI VILIBUS* Insoucieuse musarde

PARTARUM SECURA

 ASELLI VILIBUS*

Insoucieuse musarde

 

Au cœur de la bohème, se rétractent des vies

Passablement défaites, des destins isolés

De l’existence tierce… surnagent en ces fonds,

Hommes, femmes et enfants, indignement ravis

De trompeurs anonymes les voulant immoler

Au pinacle des fous, dont les rois se défont…

 

Au ventre de l’asocial, se délient les oracles

De penseurs réfractaires aux Divines Lois ;

On les voit musarder au col de la débâcle,

Tels le vieux pérégrin, l’homme de bon aloi.

 

Les guerres et les schismes donnent ton

Aux promesses de gouvernants habiles :

Mandarins de l’ombre défendus du grifton

Retenu aux caresses de rosières nubiles.

 

Entre chiens et loups, s’enclouent les suivantes

Aux étreintes larvaires de poussahs blessés

De n’être de l’odalisque, jamais ne s’en vantent_

Suprême amphitryon, en l’agape dressée.

 

Insoucieuses badaudes… vous bercez en ces lies,

L’impudent pisse-froid, le jocrisse vaincu

De palabres antiennes, mais de vous, se délie,

Le soliste du Corps émaillé d’épisodes vécus !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

DIAFOIRUS DE L’ÂME

DIAFOIRUS DE L’ÂME

 

Ceux qui meurent debout, avalés volontaires

Du caveau des misères, du tombeau du néant,

Implorent de muettes larmes, solitaires,

Les icônes chaulées du théisme béant.

 

On les voit se distordre aux vents de zélation,

S’inféoder de caricaturales coulpes, clichés

De manichéisme, sans montre d’abnégation,

Dont le vénal pénètre, sans jamais l’afficher

 

L’âme emmurée d’absurdes édits séides,

De nuisibles prévarications de mystiques :

Loups à stipendier, califes abbassides

Formolant l’esprit féru de diacritique.  

 

Ceux qui partent intestats veulent du Paradis

Les Richesses dont Christ est Détenteur ;

N’ont que faire des arrhes dont s’irradient

Les sages de la Foi, cet Organe rétenteur.

 

On les voit ânonner à confesse, cœur à nu,

De fades billevesées de piètres repentis ;

Avancent à l’autel, quinteux, trotte-menu,

Cherchant quelque issue sous le vieil appentis.

 

Retenus d’un diafoirus hâbleur, ignare :

Immodeste suppôt du sacramentaire,

Les voilà sur la nef d’un fief de ramenards,

Qu’hélas, les instances ne peuvent faire taire.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021