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samedi 22 mai 2021

VITA INSURANCE* Assurance vie

VITA INSURANCE*

Assurance vie

 

Égrenant des nuits, toute la démesure,

Elle voit s’arrondir son ventre ;

L’enfant qui naîtra deviendra l'épicentre

Du bonheur délié de chaque meurtrissure.

 

Elle écoute pousser la glaireuse semence,

S’imagine l'océan entre les déferlantes

Jaillissant des récifs, et qu’enfantent

Les perles de la luminescence.

 

Elle sent sous ses reins, glisser le liquide

Du lourd fœtus brassé de l’amnios:

Confluentes vagues, mascarets véloces,

Chassés du spumescent, en l'humide.

 

Elle calme sa matrice, illusionnée,

Grimée de l’artefact, ce vitreux halo,

Gesticulant entre les mortes eaux

Du ressac... ce jusant chiffonné.


Gwendoline en cerne l'éclat trompeur,

Elle y scrute les moindres atomes 

Transmués, figés, sous hématomes ;

Devenue femme, elle écume ses peurs.

 

Des primes douleurs, se souviendra

Comme d’un nécessaire mal… sa peau

Lacérera des visqueux oripeaux,

L'étrange protubérance, sous les draps...

 

Emmailloté, son corps en abstinence

Voilera le duvet satiné de la chair,

Apaisant la frêle créature, l'être cher

Tambourinant avec impatience.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

 

vendredi 21 mai 2021

ATRIUM DOMINATIONIS SATELITEM* Despotisme de cour

ATRIUM DOMINATIONIS 
SATELITEM*
Despotisme de cour


Mille et une folies empanachent encor
La courbe de tes reins, ton nombril effloré ;
Tu fais des dignitaires t’ayant édulcoré,
De vaillants herméneutes cacardant à tort

Au faîte d’une plèbe repue de génétisme:
Valetaille, factotum de conventicule
Dont l’impétrant buté enserre l’opercule
Faisant jaillir l’influx de l’activisme.
Au creuset de ta morgue, point silence
Semblable aux râles étouffés jadis
D'impudents arborant fleur de lys,
Au col de livrée de podestats en transe.

Biberonné en l’antre d’un ber de paillasse,
Attifé de pouponnes guenilles, toi, purotin
De caste émargée d’outre-lieu, pantin,
Rigaudon d’un théâtre gorgé de milliasse,

Tu danses sur la tombe des vaincus d’hier:
Pulpitum de plaintifs étrillés, ces loups
Aux croches narguant le pisteur jaloux,
Pris aux barbelés encagés de lierre.

De rudes enclaves, aux soyeux drapés,
Flottent des notes maculées, colère,
Scolies d’hellénistes aux sons vélaires :
Fuyantes prosodies vite échappées

De vexatoires sabirs ânonnés en cénacle
Autour d’ésopiques prosopopées, riches
D’onomatopées en l'éveil de défriche
Du lexème que le sophiste tacle.

Goupillon en main, en prélat d’ascèse,
Tu bénis le naïf encellulé de doutes: gille
De bénitier, candide soliste, peu agile,
Si gauche, quand s’attisent les braises

De l’ardente géhenne sise en pinacle
Au sol meurtri de telluriques plaintes:
Sente étrécie au cortège des saintes,
Ou prétendues telles... en débâcle,

Ces béguines de catéchuménat,
Saphiques d’un bien triste couvent:
Sacramentaire loge aux cols éprouvants
Liés aux gémonies cotées du mécénat.

Ne me suis, en ces possibles phases,
Remplumé d’indulgences princières,
Me veux céans, défaire de l'haussière
Du vice assermenté de pérore d’oukase.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

SUBVERTENTEM GENTEM NOTAT* Trompeuses estampilles

SUBVERTENTEM GENTEM

 NOTAT*

Trompeuses estampilles

 

Retiens du silence égrené des années,

Le mutisme effeuillé en l'omission !

Viens fleurir des nuits, l'altération,

Aux sarcasmes de rires profanés !

 

Ois de l'avril, si l'aube s'en imprègne

Le printanier souffle, au chant de l'hirondelle,

Le cri de l'oisillon, l'envolée des sarcelles,

En l'éclosion de cavatines ! ... S'y éteignent,

 

L'astre désorbité, l'étoile défraîchie,

Sombrant, pour d'autres renouveaux,

Parer le clair azur, sous duite d'écheveau,

L'infini, où se meurt le blizzard avachi.


Guide de mes larmes d'opale, l'afflux !

Te ferai voir de l'ultime, le souffle

Discordant, qu'entoile, sous maroufle,

La brumaille, piégée du fol influx

 

De mon double aux souvenirs jaunis:

Ces rêves détrônés du destin opiniâtre…

Viens éteindre les braises de l'âtre

Du devenir... cet insert démuni !


Reviens mordre de baisers, les fièvres

De l'ambition... la superbe d'antan !

Ne la laisse rafler du temps au temps,

Ni clore de ta moue, la pulpeuse balèvre !

 

Distant au renouveau, de la douce rosée,

Mes pas se sont fanés… ne reste plus rien

Des revêches traces, en ce flou aérien,

Excepté les reflets nuancés d'un soleil posé

 

Sur les cicatricules d'un amour écorné,

De désirs en haillons, riveté au bossoir

D'un bateau chambardé de vagues illusoires,

Chatonné de plaisirs l'y venant intrôner .


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

MIHI LOCUS* Ma chambre

MIHI LOCUS*
Ma chambre

Ma chambre est un bateau sur un océan mort
Où la lame ondoie, avant de disparaître
Entre narcoses et insomnies traîtres ;
C’est un rivage éteint, percé d’une claymore.

Ma chambre est un tunnel à l’orée de l’ennui ;
De pompeux cauchemars s’y viennent poser,
Quand les soleils noirs s’y voudraient reposer,
Taisant les elfes, s'ils taclent les nuits,

Pour de l’agrypnie, échauffer la moiteur,
Vider des turbulences, le hourvari
Pénétré d'infâmes Orémus, d’avaries,
De sinistres de cargo d’apponteurs.

Ma chambre est un trottoir aux dalles
Domptées de gaupes, de catins fardées ;
Au point du jour, on les voit cacarder
En l’estaminet où le nu fait scandale.

Dans ma chambre, œuvrent en chaîne,
Gnomes du sommeil, homoncules bridés,
Crevant en riant, nos paupières ridées,
Insufflant l’air froid de l’infertile plaine

Sur laquelle le lit de mes jachères,
Longe des sillons, les molles crevasses,
Arpente des brèches, le germe coriace,
Aussi dur que l’estoc oublié en ma chair.

C'est un désert délaissé des femmes:
Domaine impeuplé ; la solitude, souvent,
Taquine au soir, les spleens éprouvants ;
S’y diluent les brandons éveillés des flammes.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 20 mai 2021

CUM IPSA PULMONUM EX IMPOSTURA NATAE*

CUM IPSA PULMONUM

EX IMPOSTURA NATAE*

Au rythme de l’imposture

 

Je t’ai aimée d’amour... t’ai aimée, tout court,

Avant de voir tes yeux trahir la démesure,

Ton cœur, farder d’horribles ébrasures,

Trompeurs sourires et mielleux discours.  

 

Tu m’as griffé de contes, de fabulations

Implosés en tes râles de serve affectée ;

Ta vie, cette trémie de feintes infectées

De mignardises, foule tes prétentions.

 

Ai, de l'absence, fait, sans la pleurer,

Une œuvre travestie, pour effleurer

De la bouche crispée, l’eau forte de nitrique…

 

En l'abnégation, main gantée sur fleuret,

Je viens percer du vide, las, écœuré...

L'offense d'une pecque aboulique.

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

SUUS ‘EIUS* C’est elle

SUUS ‘EIUS*

C’est elle

 

Elle est une fontaine au matin de décembre,

Un océan dont les vagues se cambrent ;

Les ombres qui la cernent sont des nuits

Échappées  dans le tard, de nuages enfuis

Du cosmos : mélange de souffre et d’ambre.

Elle est en ma mémoire, aux heures qui fuient,

Le beau temps revenu, après les froides pluies.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 19 mai 2021

ARSINOE

ARSINOE

 

Vous apparaissez entre mes froncements,

Telle la reine alanguie, Amarineras,

Liant de mes désirs épurés de tourments,

Cet impulsif trille, et qui encor, terrasse

L’énamouré percé de cruelles sagettes

Dont Cupidon aiguise le sulfureux apex,

Quand au soir, agonise, affleuré d’un silex,

Le preste libertin effeuillant la nymphette.

Puis,

 

Dérobée, aux brumes viciées d’Ecosse,

Fuyez le sentier de la lande floutée,

 Seul,

J’égrène des pleurs piégés de la cosse,

Les fragiles grelots s’y venant  jouxter.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021