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dimanche 18 avril 2021

PILA PUER* Enfant de la balle

PILA PUER*

Enfant de la balle

 

Je croyais que j’étais un enfant de la balle,

Un prodige du cirque, un fier acrobate ;

Au-dessus des filets, quand d’autres se débattent,

Tanguerais sur le fil, en gracieux bubale.

 

Je me voyais courir sur la piste nacrée,

Quand les lumières ceignent le chapiteau…

Je n’avais d’avenir, que perché au tréteau

De cette gloriole nous voulant tous encrer.

 

Aux yeux des trapézistes, serais frondeur,

Nuisible cabochard, en quête de bohème…

Ma vie ferait, en ces aubes trop blêmes,

Eclater les jointures de l’immonde froideur.

 


J’aurais, aux grises mânes, avant de m’en aller,

Percer tous les mystères de la gent cafardeuse ;

Des lubies absconses, la sève acineuse,

J'éteindrais la brûlure les venant empaler.

 

D’aucuns diraient de moi : _ se peut-il, au soir,

Qu’il survive aux affres de la morosité !?

Puis, d’un langage fade, voire inusité_

Il a, des rêves pleins, encordé l’illusoire.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
re les cols ténus de l'offense et l'ivresse des cimes de la poésie. Naissent en mes vertiges, d'élégiaques remembrances. Mes poèmes sont vôtres... J'écris par peur de taire les contradictions miennes. Armand Mando ESPARTERO

samedi 17 avril 2021

MIGNONNE ALLONS VOIR SI LA ROSE

MIGNONNE ALLONS 
VOIR SI LA ROSE

À sa maîtresse

Ode XVII


 

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.
  
Las ! voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.

 

Pierre de Ronsard

QUAM IGNAVUM NOMINARE Lâches… ô combien !

QUAM IGNAVUM NOMINARE 

Lâches… ô combien 

 

Avions du réel, éparpillé les cendres,

Faisant table rase des souvenirs ;

Que n’aurions-nous puisé de l’avenir

Pour calmer de la peur à distendre,

 

L’inutile ressort ! Étions en ces luttes,

Pénibles pancraces, peilles, chiffes,

Loques de décapage, dont les griffes

Mues en têtières, aiguillonnent l’insulte.

 

Vivions reclus, en pénitents ; l’âme

Barbelée de papelardises: casuistique

Décélérant de l’idoine supplique,

Lucidité du croyant, s'il s’y pâme.


La vie sans offrandes, alimentait du cœur

Lacéré de piteuses promesses, la systole ;

Étiolés, simiesques, enfouis sous étole,

Cachions de l’affect, l’évidente rancœur.

 

Qui savait que nous étions longtemps,  

Informelle berme piétinée de castes,

Dispendieuse coterie déifiée d’héliastes,

Au soir où la plèbe, et d’un pas hésitant,

 

Longe le pont de la mort souveraine:

Percée du Shéol contrôlé de cerbères

Dont le souffle grime le réverbère,

Le trottoir emprunté de sirènes ?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

vendredi 16 avril 2021

FAVORABILI IN EUPHEMISMS* Conciliants euphémismes

FAVORABILI IN EUPHEMISMS*

Conciliants euphémismes

 

Dans le flou de l’histoire, les brumes du passé,

Surnagent les mensonges des gouvernants :

La guerre, et ses dangers, les âmes trépassées,

Les stèles dressées au pied de monuments.

 

La science désarme les croyants d’aujourd’hui,

Mutile les fidèles de L’Agneau Crucifié ;

Il y a tant d’ombres, quand le soleil luit,

Brouillards que les vents n’osent opacifier,

 

Que la foi niée du syncrétisme, marmonne

Au soir, la glossolalie dont s’imprègne

L’adepte, en fougueux zélateur, que sermonne

Le nonce d’un fief, fier de son enseigne.

 

La politique tue le naïf empourpré

D’incendiaires promesses, trucide la plèbe,

Puis la couche au caveau, sous linceul diapré,

Pour soigner la blessure de la fuyante grèbe.

 

En l’alcôve du complotiste, sommeillent encor,

De fantasques supputations, de complexes

Généalogies suspendues au faîte d’un décor,

Où la mort et la vie laissent souvent perplexes,

L’âme traversant le vieux miroir convexe…

S’y mirent l’idéaliste, l’ectoplasme sans sexe,

Mais prêts à engrosser le plus enviable corps.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

NOX DULCIS* Douce nuit

NOX DULCIS*

Douce nuit

 

O douce nuit de printemps, ma fenêtre

Ouverte sur les eaux lagunaires,

Toi, qui poses des spires aux ides calendaires,

Regarde-moi sourire au matin à naître !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 15 avril 2021

Quæ* Elle

Quæ*

Elle

 

Elle est la mue de mon cœur froissé,

Le baume, quand j’ai mal de moi,

La doublure de mon double croisé

En quelque ruelle où s’attise l’émoi.

 

Elle est le train emportant mes dérives

Au-delà des routes où s’effeuillent des ans,

Les sentes que jouxtent les rives,

Si l’onde s'étale en vulgaire torrent

 

Serpentant dessous la canopée ;

Le trimard s’y embourbe sans mal,

S'enlise, sans pouvoir s'en échapper

Quand chutent les bruines hiémales.


Elle est la glace, ou feu de mes veines:

Ce chaud et  froid dont ma chair accuse

En d’improbables luttes, la déveine

Giclée de sanguines pulsions de muses

 

Alanguies, dont les luttes évincent

Du raisonnable, l’éphémère structure,

Aux vents légers, quand grincent

Les portes du Shéol, scellées aux sépultures,

 

Sous mes doigts-aquarelles, au lusin

De l'imaginaire… j’en retouche l’ébauche,

Parfois, des fauves teintes, le fusain

Attouché, dévoilant la perfide débauche.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

SI IPSE* S’il est

SI IPSE*

S’il est

 

S’il est des matins bleus ; ils ne se nomment pas ;

Des nuits blanches qui résistent au froid,

Il est aussi des rires, comme ceux d’autrefois,

Fusant en le silence d’autres vies… à trépas.

 

S’il est des rendez-vous blessés de solitude,

Des rencontres percées de mots trompeurs ;

Il faut annihiler, quand s’enfle la torpeur,

Le désir du paraître, écorché d’hébétude.

 

S’il est des jours égrenés en l’automne,

Des soleils cuprifères aux incandescents rais,

Il y aura, sûrement, lorsque l’enfant paraît,

Des cris, sans lallation, ni babil monotone.

 

S’il est des mots vainqueurs du doute aliénant

De pesants borborygmes laïussés du bedole,

Se peut-il que l’espèce soit de la caracole,

Où l’équidé transmue sa fougue, bedonnant ?!

 

S’il des ventres pleins aux orges de la Parque,

Au banquet de vestales, de saphiques nymphes,

S’y faudra-t-il soumettre, pour de la lymphe,

Aspirer le plasma, avant de bander l’arc ?!

 

En de subtiles brèves d’ironiste déçu, railleur

Sous les décombres d’un humour éventé,

J’essaie_ grand bien m’y fasse ! _ d’argumenter,

Sans me jamais ployer aux piques du gouailleur.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021