pinterest

lundi 12 avril 2021

INSIDIAS LACRIMIS RHETORIS* Pièges de rhéteur

 

INSIDIAS LACRIMIS RHETORIS*

Pièges de rhéteur

 

Ont fondu les désirs refoulés, ces souhaits

Pris au piège de la lassitude… ces fouets

Lacérant, pour pénétrer le cœur,

Âme du dilettante, gouaille du moqueur…

 

En l’esprit élevé au pal du conformisme,

Hissé au pinacle ignoré du tropisme,

S’aventurent parfois, des réflexes butés ;

S’y viennent trop souvent, permuter

 

D’idiomatiques accords, l’impropriété,

L’outrancier barbarisme empiété

Du sophisme dont le scribe, sans crainte,

Effeuille la tenue, de rhétorique, ceinte.

 

Oubliés le slang des prévaricateurs,

Sermons ânonnés de conspirateurs ;

Doute et raison s’isolent du rationnel,

Pour se mucher de lois additionnelles

 

Clivées aux règles de récipiendaires

Essoufflés : ces renards privés d’air,

Promulgués en pontifiants héliastes,

Départiteurs arrogants, froids cérastes

 

En reptation, comme inassouvis_

Leurs yeux flous font quête de survie ;

Ils vieillissent dans l’ombre d’aréopages,

Ruines de sanhédrin sans groupage.

 

Peu à peu, sombrent l'impérieux savoir,

Logique de ces caciques du pouvoir,

Potentats ivres d’ambitions, dynastes

Liés à l’haussière d’impertinentes castes.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

dimanche 11 avril 2021

DERIDICULA* Simulacre

 

DERIDICULA*

Simulacre

 

 Papesses du soir, félonnes sentinelles

A la tour du péché… s'y consument les cierges

Irradiant les prétentieuses vierges

Au teint glauque mouché d'étincelles.

 

Le syncrétisme tourne sans s'arrêter ;

Le froment y blanchit les vieux missels gris,

Au cérémonial d'ouailles baguées de mépris,

Quand souffle la curie richement apprêtée.

 

Le prêtre drapé d'une chasuble, avance,

Goupillon en main, suivi d'enfants de chœur,

Pose de l'autre main, ciboire sur le cœur,

Tel le reître égaré, sans défense.


C'est la gigue princière d'enragés !

Chacun pousse, de l'oratorio insane,

Contre-ut que l'adepte, s'il ricane,

Voit fondre aux laudes encagés.   

 

Simulacre à deux sous de l'enfer…

La béguine asservie attise la bougie,

Pleure d'être _ en ces riches orgies,

Chaisière coincée ; voudrait tant se défaire

 

Du vil instinct piégeant la vestale

Trop souvent animée de licencieux désirs  

Toujours prêts à éclore, avant que de moisir

Sous la chair conspuée de Tantale.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

samedi 10 avril 2021

OBITER DICTUM* Soit dit en passant

 

OBITER DICTUM*

 Soit dit en passant

 

 

Venez, et voyez la sublime couche !

Vous y dénuderez vos riches appâts !

De vos mots impudents, à ma bouche

Déjà sublimée de copieux repas,

 

L’orge princière déglutie hardiment,

Semble assouvir, en sa décoction,

La fatale paissance du lascif amant

Dupé des apparences, avec attention:

 

Celles portées aux scabreuses dérives

Conspuées du galant crispé d’incertitudes.

Je fais montre, il est vrai, en l’imaginative,

De prudence… presque par habitude.


Soit dit en passant, des feuilles chues

De l’arbre de mes quinze ans,

Aux précoces nervures de songes fourchus,

Semblent s'accentuer les rides d’un présent

 

 

Ayant plié bagages aux lunes incertaines,

Laissant pour geôle, les friables cendrures

De plaisirs éventés écoulés en fontaine

Sur la peau de remords solennisant l’injure.

 

Me reste des larmes d’abondance,

Flux boudés de cernes lacrymales…

Engoncés au corset de l’autosuffisance,

S’enflent encor mes poches palpébrales.

 

Cela semble étrange… n’est-il pas ?

Régurgité sans mal, la lie des privautés,

En ennoblie du verbe, cet appât,

Sa quintessence… en pourriez-vous douter ?       

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

ILLUSIO OPTICA* Trompe l’œil

 

ILLUSIO OPTICA*

Trompe l’œil


Les histoires d’amour se ressemblent...

Lors, les déchirures nous rassemblent ;

S’entremêlent nos larmes, nos grimaces,

Nos rires sélectifs, que la douleur efface ;

Souvent, nous faisons montre de rétention,

Pour ne point livrer, des viles prétentions,

L’orgueil animant le désir de paraître,

Mégalomanie de laquelle vont renaître,

Les vieux souvenirs que la chair parfumait

D’insolubles désirs dont l’intellect s’armait...

La jeunesse conquise de l’insatiable amant,

Nubilité asservie, puis… subrepticement,

Le corps, en la dérive d’inacceptables chutes,

Possibles ondoiements, que le vice percute,

Avant de l’estourbir de clichés malsains

Projetés sur l’écran de défis assassins.

 

Tous les échos renvoient à la digression:

Subtiles pirouettes, permutations…

Rien de plus navrant, en ces tranchants reculs,

Pitoyable… dois-je dire_ ridicule ( !?)

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

vendredi 9 avril 2021

SEASONED TRACKER* Pisteur aguerri

 

SEASONED TRACKER*

Pisteur aguerri

 

A l’abri sur la branche,

J’épie les citadins, les oies

S’empanachant de joie,

Emmurées de nuits blanches.

 

De mon nid d’infortune,

J’aperçois les marins défaits,

Grisés d’embruns, sans effets,

Face aux vagues falunes.

 

Du faîte de mon palmier,

J’écoute les tempêtes de mai

Briser de l’océan brimé,

La lame aux flots coutumiers.

 

Dessus l’épais collet, je scrute

Les soldats d’une impossible guerre ;

En spadassins, bataillaient naguère,

Pour gagner de douloureuses luttes.

 

Cependant, privé de jaseran,

J’avance à découvert, inquiet

Des ombres enquillées

Profanant ma doublure d’errant.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

NON LUDERE* Il ne faut pas jouer

 

NON LUDERE*

Il ne faut pas jouer

 

Ne pas jouer, quand l’amour admoneste

Les amants pris au piège du désir,

Les concubins de l’ombre, adeptes du plaisir

Consommé d’adultères, en des sites agrestes !

 

Ne pas se laisser prendre au filet du vice,

Quand les fièvres enserrent les coupables

Séduits de stupre, de débauches palpables,

De dépravation dentelée de caprices !

 

Il est de froids soleils, comme de lunes blêmes,

De fantaisistes rais, et qu’affolent les vents

Agressant l’inscient du damné survivant ;

 

En pécheur séduit de farandoles, sème

Au noir de l’esprit, et la nuit, et le jour, inique,

Le mépris et la honte enjôlant les cyniques.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 8 avril 2021

SEDUCTOR ILLE STRAITJACKET* Carcan de séducteur

 

SEDUCTOR ILLE

STRAITJACKET*

Carcan de séducteur

 

Qui est cet arrogant qui piétine mes fleurs,

Ce silène pansu de petite noblesse ?

Sera-ce en ce désordre que la colère blesse,

Que fuseront les larmes de la peur ?

 

Je m’étais fait à l’idée, qu’au soir

Où se lamentent les marquises poudrées,

Les belles, d’absinthe, de liqueur, enivrées,

L’homme se délie de ses vains accessoires,

 

Pour, au deuil de la riche bombance, repenti,

Faire sans ronds de jambe, génuflexe coulpe…

Hélas ! l’homme, cet animal, ce vieux poulpe,

S’accroche, en orgueilleux, en sombre abruti,

 

A l’orgueil du cosignataire parafant mainmise :

Titre placé en gloriole en l’intellect floué,

Edit de convenance que l’affect vient louer,

Avant que de se lier aux folles entremises.

 


Qui donc est ce félon paradant à confesse,

Ce renard affairé, sans pitance, ni gite ?

Ce ramenard rusé, qui en l’aube, s’agite,

Pour de son trouble, feindre maladresse ?

 

Il longe de ma ville, en preste chevau-léger,

Les friables murets où s’isolent aux froids

De sombres créatures éjectées du beffroi,

Aux lueurs pénétrant le dôme ennuagé.

 

Dilettantes, en ces vagabondages, mes pensées

S’harmonisent, pour enclore des mots,

Sans réticence aucune, surely dolcissimo,

La concision du langage que l’on dit insensé.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021