AD APICEM
TUI SUPERBAS*
Au faîte
de ta superbe
Laisse-moi te chausser d’un satin de trotte,
Poser à ton pied un soulier de reine !
Je veux te voir en l’aube, éthérée, souveraine,
Avancer aux reflets de spires d’actinotes…
Sur ta peau caressée des bises du matin,
Les nuances pénètrent la soie de tes longs cils
Balayant des cristaux, les miasmes indociles,
Epandus au porphyre de clignements mutins.
L’ivresse du confort de ma pépie frondeuse
Décélère des soifs crispées, hésitantes,
L’aboulie cognitive, la gêne balbutiante,
Dont j’honore, malgré moi la tutelle boudeuse.
Laisse-moi musarder au nord de ta vacance,
M’abreuver à la source de tes sentiments ;
Il me faut des déserts, enfreindre hardiment,
L’affligeante anhydrie, sans poser indulgence
Aux silences butés de vierges mélancolies,
Au mal processionnel de ces coulpes d’ascèse
Formolées de rites d’offertoires, n’en déplaise
Aux amantes froissées d’éphémères folies !
Aimerais, à ton cou, faire rouler des mues
Dizygotes, mais si proches… de précieuses
Perles aux translucides couvées, lieuses,
En ces erres pentues, ces libertés promues.
Sur le cuir de ton ventre cuivré, les replis
De la chair ceinte de cicatricules, gondolent
De tes quêtes, que les fièvres racolent,
Entretissant les rus, et qui s’y multiplient.
Pris au rets de cet ardent vertige, j’assume
Le délire contrefaisant du marasme premier,
Le vexant embarras… dois-je, coutumier
De binz, m’assujettir aux fielleuses coutumes
Dont l’idéal poudré de convenances, taille
Des coussinets au charme présupposé
D’énamourés isolés de l’espoir ?... Indisposés,
Peut-être, quand le doute et la foi bataillent,
Et qu’il faille, au moindre des peccavi, plier
Genoux, avant de s’amortir de craintes,
D’appréhension… ou de nuisibles plaintes
Bruinées sur la doublure du frêle palier
Foulé, voire refoulé du galant pincé de joutes
Sans sarcasme, ni gouaille ; en klephte libre
De dérober à la belle, sans la jamais poursuivre,
Le trésor palatin des vestales : charges
dissoutes
De l’Ephésienne, quand l’amour illusionne
La serve rompue de mécaniques messes,
La camérière que l’onanisme agresse,
Au soir où le plaisir, malgré soi, contorsionne.
J’aimerais vaincre ces affres tissulaires,
Ces dermiques bâtis, prendre entre ses cuisses,
Le chenal du possible, glisser des interstices,
De ses brefs geignements, qu’accélèrent
Les brettes de l’accouplement, en l’obère
Du désastre affuté de regrets, s’ils régissent
Du vagabondage, la pérégrination : solitaire
Entreprise où le songe manœuvre, pour taire
Du tumulte de l’entrelacs, piégé des canisses,
Le souffle ahanant de vaillantes prémices.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021