Plongée
En plongeant du grand mât, les marins
Avivent du vertige, l’étrange sensation ;
En coulant dans la cuve du corail ivoirin,
Les tempêtes soulèvent les miasmes d’admixtion.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Plongée
En plongeant du grand mât, les marins
Avivent du vertige, l’étrange sensation ;
En coulant dans la cuve du corail ivoirin,
Les tempêtes soulèvent les miasmes d’admixtion.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
VOTUM CREDERE*
L’envie de croire
Croire, quand on vieillit, aux rêves
Pénétrés de tourments, aux songes éclatés ;
Renier malgré soi, cet amour d’un été
Aux froides larmes, et qui nous achèvent ;
Le temps pénètre des étreintes brèves,
La chaleur de l’angoisse épontée.
Croire au matin de l'avril sans liens
Agrémenté de la rosée vermeille,
Émargée sans soupirs de l’éveil,
Avec pour seuls accords, les remous éoliens
Du cœur lié aux désirs consomptibles,
Encloués aux manœuvres tronquées,
Aux faillites d’esprits alambiqués
Niant du bonheur l'échalier accessible.
Croire en l’adolescence, quand le mal
Fait violence, puis déchire l’enfance
Illusionnée des furtives avances:
Hardiesse, approche proximale.
Se voir flétrir au miroir de l’attente,
Perdre pied, lorsque l'onde agite
Les vagues nues de la mer azurite
Influées de marées ascendantes.
Dire : _ j’ai vécu sans comprendre
De l’autre, ce qu’il fallait savoir,
Et de l’ambition, accéder par devoir,
Aux claudicantes marches; prendre
De la science, quitte à me surprendre,
Le sinueux tunnel accédant au pouvoir.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
INSANI
PARALLEL*
Affolants
parallèles
Quand le désert avance, soulevant du bitume,
La replète trémie, les hommes agonisent
Au seuil des cités que les boucles enfument,
Pour au soir, disparaître, étranglés en la lise.
Quand les femmes accouchent, dépossédés
Du rêve dont s’auréole l’âme, les putains
Les brocardent, sans jamais accéder
Au désordre de la polyandrie, et qu’éteint
La morale de ces mères soumises, dames
Dont la douceur pose baume au cœur sage ;
Allaitant d’un sein pur, sans mixions agames,
La frêle créature que les rides encagent.
Quand les soleils déclinent au nord de Pavie,
Que les lunes ébranlent les marées, la mer
S’en vient vomir sa pulvérulence, ravie
De convulser le corail, le lichen trop amer.
Quand de malhabiles mains, l’adolescent
S’active le membre, sous les draps blancs,
La sève libérée du froid habitacle, consent
A devenir, du flux masturbatoire troublant,
Vainqueur de l’onaniste qui, en se dédoublant,
Evacue la semence confisquée de son sang.
Alors, purgée du réceptif, la créature bafoue
Des Oracles d’En-Haut, Les Divins Préceptes ;
Le péché a maculé sa foi… il longe, tel le fou,
Humilié, larvé, souillé de messes ineptes,
Le parvis du Shéol, en prétentieux adepte…
La zélation cargue sa houppe de gorfou.
AESTHETIC
RETOUCHING*
Esthétiques
retouches
Je les ai, chaque jour, entoilées de désirs,
De fines émotions, rires en demi-teinte ;
Je les ai fait gravir, et dénuées de plaintes,
Les impossibles marches du fatal désir…
Je les ai fait danser au clair de mes lunes
Inondant le palier de la monotonie ;
M’ont accordé, sans feindre le déni,
D'y poser la nuit, aux liesses opportunes,
De sulfureux baisers, d’enjôleuses caresses,
Quand l’hiver à nos portes, souffle encor
D’intrusives poudrées gélifiant le corps
De maladroits amants que le remords oppresse.
Je les ai, aux soirs blêmes, étoilées de plumets
Irradiés d’aigrettes, pour parfumer l’absence
Entenaillant leurs rêves essartés, l’indécence
Enjuguée à la peur les voulant consumer,
L’ébranlement soudain… s’en est fallu de peu,
Que j’aie à m’aliéner en ces ires profanes,
Au licencieux, dont l’ordalie condamne,
En revêche tutrice aux préceptes pompeux,
L’insolente franchise dénervée… ou si peu,
Du noduleux cordon d’arbitraires râpeux,
En l’eustatisme dont les pleurs s'enrubannent.
VACUUM MISCENDAM
EBRIETATEM*
Le vide de l'ivresse
Ivresses, désordres, en ces jours de deuil,
Confèrent à la gent nue, d'éphémères succès,
Enrichissant du vide attelé au décès,
La charpente mitée posée là, à son seuil.
Du requiem, aux fastes d'ordinariat,
Du mortifère tocsin, aux trompettes d'invite,
Il n'y a, je le crains, pour l'âme qui lévite,
D'issue aucune, en sa vie de paria.
Où vont les mondes asservis au Ciel,
Les cœurs ceints d'immonde Doxologie ?
J'offrirai aux songes, en l'aube qui surgit,
La rosée première veloutée du miel
D' étamines, sans aura rubiconde,
Pour du ciel d'avril, aspirer quintessence,
Douillettement lovée en la munificence
Ecalée au matin, de l'absence profonde !
Les mensonges caracolent en l'esprit
D'échotiers dont les brèves enquillent
L'autosuffisant, sa superbe… cette grille
Essouffle des libertés, à renfort de mépris,
L'essentiel: précieux libre-arbitre
Drapant le sage arraisonné au port ;
Y accostent encor, les coraux tubipores
Aspirés de faisceaux ou de fins élytres.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
MELODIE
Ma musique est un cri déchirant l’aurore,
Au matin où se pose sur la froide rosée,
L’abeille charmée du son strident du cor
Et que les douces bruines viennent arroser.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2021
C’est
elle
C’est elle qui me couve, me duvète au soir,
Quand la nuit obscurcit mes attentes,
Opacifie des projets à venir, l’ostensoir
Miroitant d’allégresse, quand, distante,
L’audace balbutiée de phonie hésitante,
Se fait pusillanime, peut être illusoire…
Elle, ma réceptive mie, mon empreinte
Posée au tertre du grand lit, l’estampille
Attestant en de nocives plaintes,
Confortable issue, doux baume d’alchémille
Oignant le cœur blessé, l’âme écorchée
De remembrances ceintes de vanités ;
C’est elle ! je l'ai longtemps cherchée,
Ce seing clivé aux perspectives déboutées
De l’affect… qu’aurais-je donc, à douter,
Moi, qui de la réserve, dénerve sans mucher,
La feinte retenue s’y laissant permuter !