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mercredi 17 février 2021

NOCTIBUS* Nuits

 

NOCTIBUS*

Nuits

 

Nuits de sacrilèges, de débauches, d’ivresses,

Nuits profanées d’amants sous les guenilles,

Que faites-vous, ô nuits floues de détresses,

Quand la peau du péché, de Rome, à Manille,

Vêt les iconoclastes de dispendieuses messes ?

 

Nuits de mort, de souffrances, de deuils,

Voyez au gris pavé de la désespérance,

L’âme estropiée, l’esprit nu ; ils s’effeuillent

Aux laudes écalées de mornes insolences !

 

Nuits cendrées, qui du songe, atteignent

Les degrés du confort onirique, les marches

De l’irréel, regardez, quand la vision saigne,

L’offensante blessure du sage patriarche !

 

Nuits sybaritiques, vécues de l’odalisque,

Déliez de vos frasques, la grandiloquence !

Seriez-vous, à ce point, moulées en trochisque,

Qu’il faille vous gaver de corne d’abondance ?

 

Nuits évincées de l’astre d’Epiméthée, du ventre

De Mercure, de l’esprit d’Umbriel, de Trinculo,

Qui mandate vos actes bercés du barycentre

De Caliban, l’esclave rivé au cône de trullo ?

 

De longues nuits d’orage, au matin renaissant,

De fades nuits poudrées de quotidiens frimas,

A l’éveil butiné de la douce rosée, l’indécent

Vous fait fête, puis, s’affaisse aux langes du coma.

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mardi 16 février 2021

BISSENOS MULTUM NEBULAE TURBINIBUS* Brouillards de solitude

 

BISSENOS MULTUM NEBULAE

TURBINIBUS*

Brouillards de solitude

 

Le ciel cotonneux désactive mes rêves,

Pour me faire oublier la haine des miens,

La cruauté de ceux dont la fielleuse sève

Abâtardit l’espèce de vils prosimiens.

 

L’azur se fait rétif, refusant de m’offrir,

Un rayon sous la nue, un rai de liberté ;

Il vient mordre, pour me faire souffrir,

Au nanan de ma vie, peu à peu, désertée

 

De ceux qui, hier, m’offraient large sourire ;

Ma solitude encloître, sans les domestiquer,

Les passions, et qui sans coup férir,

Agrémentent mes songes cosmétiqués.

 

Je regarde mourir, aux plaintives ventées,

L’enfance emmurée de souffrances… mon dos

Ensanglanté de perverses mains, hantées

Par le désir de tuer… ils m’appelaient Mando,

 

Pour farder d’apparence, le mal les chevillant ;

Ces caïnites castes, illusoire fratrie poudrée

De mécréance, ces êtres qui se croient vaillants,

Et qui, âmes damnées, s’égarent sous l’adret

 

Du col infranchi du profane : L’Amour, le Vrai,

Celui que voudrait abêtir l’arsouille engrossé

D’inepties propres à déconcerter l’ivraie,

La famille rusée, ce clan toujours drossé,

 

Au moindre courant d’air, vers l’abîme

Où s’ébrouent les pécheurs de ce monde,

Irascibles impies, dont la toge s’abîme

Aux crantages d’un haquet immonde.

 


Si de ma solitude, émanent des chagrins,

De mon cœur orphelin, percent des joies ;

Nul ne les peut éteindre… en digne pérégrin,

J’efface de mes traces, les rides qui rougeoient.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

lundi 15 février 2021

POWDERING* Poudroiement

 

POWDERING*

Poudroiement

 

De voir fleurir les roses voulant s’épanouir,

A donné à mon cœur, une grâce nouvelle…

Lorsque j’ai vu, à l’aube, l’ondée s’évanouir,

Nageait au ciel nouveau, la noble bartavelle,

J’ai su que les saisons, propices aux civelles,

Poudroieraient les marées, sans les plus éblouir.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

MANE MISCENDAM EBRIETATEM* Matutinales ivresses

 

MANE MISCENDAM EBRIETATEM*

Matutinales ivresses

 

Je t’avais fait promesse, au matin radieux,

De t’offrir de mon cœur, les généreuses perles,

Quand, au clair renouveau, le gazouillis du merle

Eveille la rosée bercée de sons compendieux.

 

En un cérémonial unissant les amants,

Nos lèvres harmonisaient des fugaces baisers,

La douceur parfumée de teintes irisées,

Agrémentées de mots enquillés de serments,

Rétives en ces miroirs où l’amour s’abandonne...


Ton trouble permanent, tes mécaniques gestes,

Semblaient illusionner de ma joie immodeste,

La ferveur du galant soumis à la maldonne.

 

Que n’aurais donné, pour percer du mystère

Obombrant ta superbe en ces froides coulées !

Du rituel sans fard, s’y semblaient démouler,

D’autres dépits, en un tropisme austère.

 

J’ai aimé… t’ai aimée, sans comprendre parfois,

Le deuil dont ton passé entoile de clichés,

L’étrange réminiscence : remembrance affichée,

Pour soumettre l’affect grimaçant en ces froids.

 

Ma plume dénude des pensées anamorphes,

Quelque douteux témoin, fidèle suppléant

De ses incartades… en des délires saillants,

Sous le transport muté du flou téléomorphe ;

 

Voudrais du devenir, y puiser, sans autres,

L’audace et la retenue : malsains mélanges

Etrillant du bretteur à la pointe d’alfange,

Grotesque pochade, bien qu’elle soit nôtre…

 

En la matutinale, éclose dès potron, l’amour

S’est envolé… nos rêves compulsés ont fui

Des chemins contraires, et la peine, et l’ennui,

Dépossédés, comme aux plus belles nuits,

De l’auréole rehaussant le fastueux ajour,

Quand l’âme esseulée vaque au petit jour,

Avant de s’effacer du seuil de l’éconduit.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

dimanche 14 février 2021

IMBROGLIO* Confusion

 

IMBROGLIO*

Confusion

 

Aux noces bafouées de la gent moralisatrice,

S’éveillent, mensonges et sous-entendus…

Le cœur fait ce qu’il peut, des lois adaptatrices,

Pour alléger l’esprit lié d’actes distendus.

 

Aux rêves écrasés de pugnaces mégères,

S’amplifient des désordres, froides cales ;

S'y imposent, des lubies étrangères

Aux désirs griffés de possessifs squales.

 

Il est des routes longées de l’immorale,

Sentes étrécies, dont nos pas font la nique,

Aussi des bermes jouxtant les cathédrales

Cernées d'apocryphes, de règles claniques.

 

Aux corps repus d’éphémères passions,

Aux âmes accorées au verbe délétère,

Je dédie mon mépris, défait des pressions

Exercées sur l’amant que l’éthique atterre.

 

Pour ne plus être moi, vil ego manifeste,

Ce bâti assiégé de causes supputées,

Me suis désenclavé de la minable queste

Dont s’absout le vassal, le voulant amputer.

 

Demeure_ grand bien m’y fasse ! _ l’affranchi

D’un fief sans inféodation… libre, ô combien !

Je franchis les stigmates où le servant conchie

La noblesse blessée, lestée de tous ses biens…

 

Ma peau est un soleil dont les spires honorent

Le trouble déserté d’audibles apostrophes…

Nègre, en ces jouissances enchatonnant le corps,

Je conquis des métempsycoses, l’inutile accord

Muant tous les esclaves soumis en théosophes.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

samedi 13 février 2021

VIRTUS ET CAERULUS AQUA* D’azur et d’eau

 VIRTUS ET CAERULUS AQUA*

D’azur et d’eau

 

L’azur se mire amoureusement,

Dessine des clairs chapiteaux, l’aube

Feutrée de perles chues du firmament ;

L’atmosphère se vêt d'une longue robe:

De dentelles moirées, ganses vermeilles,

Kaunakès sublimés de la belle saison ;

Les solstices  y troublent le sommeil

De noceurs épiés du lointain horizon ;

 

L’azur, en fier poète, épine de Ronsard,

La rose protégée de rustres arbrisseaux,

Du clos où l’abeille au rétractile dard,

Boude les volves pistées du vermisseau,

Les bulbes percés du mycélium,

De filaments accrochés au terreau

Lavé de crachins du venteux automne

Bergénie pourprée, miscanthus en fourreau.


L'enfant dans les flaques, éclabousse

En riant, les marchands à leur porte ;

Ils étalent des premières pousses,

Fruits nouveaux, fioles de liqueur forte,

Bradées à moindre coût ; bésicles

Sur le nez ; de prébendiers, mécènes.


La vie, sans décoter l'opulence des cycles,

Adoube l’azur au voile de misaine, 

Déploie le gréage de jonques croisant

Du clair embrun, l'onirique splendeur,

Confère au voyage, parfois en l’imposant,

Le bleu de l'océan, sa sublime candeur.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

vendredi 12 février 2021

COLLUDIO ILLO, ET TURPIA* Idiomatiques joutes

 

COLLUDIO ILLO, ET TURPIA*

Idiomatiques joutes

 

Les premiers mots d’amour sont

Les premières chaînes… ils bercent

D’une fade langueur, chaque son,

Qui, sur nos lèvres, gercent…

 

Les mots vrais que l’on tue, pénètrent

Le silence d’hommes, de femmes,

Pétris d’inférences… sans l’admettre…

Jadis, ils ont tu la passion, ce drame

 

Ecorché de malhabiles candaces

Ivres de prétentieux serments, de louves

Ensorcelées de silènes, dont les traces

Ne sont qu’éphémères culs de douve.

 

Les premières poussées éveillent des matins,

Le pépiement de farouches moinelles

Survolant des cités, au jour diamantin,

Les trappes gondolées, sous l’ascensionnel.

 

Les primes lallations, les balbutiements

Unifient du poupon, le verbiage poussif…

Naissent de lunes sevrées de larmoiements,

Baguant l’affect, qu'atomes répulsifs.

 

Enjugué à la cerce pénétrant la superbe,

Avance, le vulgum pecus, ce stupide butor ;

De guingois, il piétine sur l’herbe,

Les jeunes boutures frôlées du birotor.

 

Les premiers mensonges donnent ton

Aux prévaricateurs, ces soufistes sombres ;

De leurs fielleux sermons, repris du cureton,

Emanent édits, codicilles sans nombre…

 

De la lèvre baisée sous la charmille,

Aux allégations, le galant emmitouflé

De rites séculiers, prétend de la famille,

Se délier sans mal… lui, hotu boursoufflé,

 

Piètre serf de catéchuménat, ce fou,

Adepte de la fesse, coincé entre deux stalles,

Accuse la vierge culbutée sous le houx,

De l’avoir aguiché, dans sa robe de bal.

 

Tant de premières fois, de faux-départs:

Impudiques brettes de duellistes poussés

En l’aboulie ; y dois-je prendre part,

Sans encaver ma foi, me courroucer ?

 

Quand bien même la plume, du dithyrambe,

Se laisserait musser, ne ferais gloriole

Des miennes apories… les thèses que j’enjambe,

N’affectent le style dont l’ombre m’auréole ;

 

Suis, lesté de remords, simple épanneleur

Qui du maillet, aux miasmes d’engobe,

Retouche la marbrure du fidèle ciseleur

Ecaillant de la peau, la pâleur qui l’enrobe.

 

Pour la première fois, Mando se fait bustier

D’une œuvre en devenir… belle psyché,

Elaguant des formes, le profil altier

Modelant du fond… les rêves haut perchés.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021