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samedi 9 janvier 2021

CUM*… Quand…

 

CUM*…

Quand

 

Quand les rues sont désertes, se vident

Les artères de belles capitales… lors,

S’installe la nuit aux rais multicolores,

Le silence, dont on dit qu’il est d’or ;

Fatalement, naissent les premières rides.

 

Quand l’avenue rallonge du parcours,

Asphalte goudronné, bitume calfaté,

Les impasses se meurent, en l’inactivité

Jadis, coutumière de cancanes de cours,

De douteux marchandages, de discours,

De baume d’apothicaire, d’onguents frelatés.

 

Quand se gondole l’imposant boulevard,

Implosent les ruelles sans vie, ces passages

Empruntés d’amants, d’énamourés peu sages,

Bombanciers, kaisers, silènes bavards,

Au rets de jouissances, qui du désir-buvard,

Absorbent à la lie, le curieux badinage.

 

Quand je serai poète, ferai de ma muse,

Cette hamadryade, une camérière,

Elle qui, en camériste, se pavanait, fière…

Là voilà, accoutrée, sans malice, ni ruse,

Telle la serve blessée qui nuit et jour, s’use

A polir cristaux, argenterie de douairières.

 

Bien sûr, céans, ne suis rien qu’un homme

Dont la faconde illusionne ses pairs !…

Pérégrin amorcé, en quête de repaire,

Epistolier d’aréopage… un exégète, en somme.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

OLIM DESTRUCTA* Passé décomposé

 

OLIM DESTRUCTA*

Passé décomposé

                                      Â mon double bluté

 


Tant d’années ont passé, de jours écoulés,

Que je ne sus des dilutions, les leurres

De consomption faisant blackbouler

De l’étrange permuté, l’acariâtre fadeur.


Combien de matins gris, d’aubes vidées

De quintessence, affluées du renouveau,

Sans d'ides perlées, de vagues ridées,

Éteindre de la baille, en deçà du biveau,

Molle nitescence voilant sous le niveau,

La coraline cuve qu’effleure l’aroïdée.

 

De ma fenêtre, j’aperçois la faune affamée,

En quête de pitance ; de guingois, longe

Des marécages, la berge, où, rétamée,

La marmotte a chu ; là, plongent

Les becfigues repues, les mouettes

Survolant l’air vicié du fuligineux souffle

D’Eole, l’espace privé du ballet d’alouettes ;

Au soir, tourbillonnent leurs rémiges

Au clair azur, sans froides nébuleuses

Éclatées au matin, du support des tiges

Enveloppées d’intactile brumeuse…

 

Hier encor, cacardait sur la rade

Éventrée d'impudiques masses, le bedon

Empli de tempêtes, ou de fades

Giclées d’angiosperme… à l’abandon…


Lors, les dicotylédones éveillent des jardins,

Les tremblotantes niches, les semis déliés

Des primes jachères, qui de l’adamantin,

Aspirent doux breuvage, nectar de hallier

Dont les marcottes, avant de s’élancer,

Lacent le noduleux tubule, pour alléger

Des souches, l’excroissance, pour pousser

Sans mal, la futaie l’y voulant encager.

 

Tant de nuits fixées au filin ambulatoire,

Tant de songes voilés en nos réminiscences ;

Il y a tant de moi, sous les huées vexatoires,

En la polymorphie de folles errances,

Que ma peau de scalde ceint de méfiances,

N’est plus qu’un tissu moite, et qu’offensent

Les rimes écorchées d'une plume-pochoir.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

vendredi 8 janvier 2021

STANS ! Debout !

 

STANS !

Debout !

 

Réveillez-vous la vie ; il est temps

De fleurir de l’âme les jardins suspendus !

Réveillez-vous l’envie ; il est temps

De bannir du désir, tous les malentendus !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

TRISTIS PESSUMAE* Tristes margotins

 

TRISTIS PESSUMAE*

Tristes margotins

 

Comme des pantins de bois, ils balancent

Un corps dégingandé, un profil émacié

Face à la gent outrée qui les tance,

Quand, lâches, ces noceurs disgraciés

Martèlent le bitume, piétinent l’asphalte,

Au bras d’une sirène dévêtue, immorale,

Catin fardée, toujours prête à faire halte,

Pour le libertin : épicurien  à la masse surale,

Sybarite dressé en chien de combat,

Dont les crocs molestent la délicate fleur,

L’ingénue d’un trottoir poussé en contrebas,

Débordé du passage que les quilles effleurent.

 


Comme ces pupazzi de la Venezia, ils dodelinent,

Epuisés de servir, en rigaudons de cours,

Candaces de nuits et amantes mesquines

Vautrées dans le stupre, quand accourent

Les jouisseurs infectés d’adultisme trompeur,

Qu'un protectorat pommade sans vergogne,

Gouailleurs et bombanciers plombés de torpeur,

Mais, alertes sous les jupons ouatés de vigogne.

 


Au cercueil couvert du gris de pelletés, les vers

Chahuteront de la froide ripaille ; déçus de voir

Un corps putréfié, empuanti, à découvert,

Sur la soie encoffrant l’ossature ivoire.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 7 janvier 2021

FRASEL

 


FRASEL

 

Sombre après-midi, il pleut sur Frasel,

Ce grand domaine vide, sans attaches,

Où les fenêtres bâillent, où la faune se cache

Pour mourir, quand l’albatros voit ses ailes

Se peu à peu, roidir… quand elles lâchent,

Il s’écroule vaincu, maculé de sphacèles.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

 

mercredi 6 janvier 2021

DEFUTURA IMPRIMANT VESTIGIA,* Ineffaçables traces

 

DEFUTURA IMPRIMANT VESTIGIA,*

Ineffaçables traces

 

Je n’ai su effacer les traces sous nos pas,

Ni éteindre la flamme de nos désirs latents ;

Je refuse de vivre à l’ombre du trépas,

Pour vous ouvrir la voie où, hésitant,

Avance le béjaune imbu de sa personne,

Ce niais, dont l'orgueil pulpe de rêveries,

Les folles déshérences, au matin où tonne

Le vieux clairon du factionnaire marri

D’être un galant dont s’entiche la louve,

Le céladon blessé de prétentieuses nixes

Ecloses en l’aube claire, sous les douves

D’un majestueux fief empierré d’onyx.

 

Ne ferai rien qui vous puisse servir,

Vous que la haine emmaillote de vices,

Dont les vices accoutrent, pour l’avilir,

Le sujet estropié de multiples sévices…

 

Je n’ai su effacer les traces sous nos pas,

Mais ne regrette rien… il me faudra encor,

Avant le petit jour, vous ravir cet appât

Par lequel vous piégez, en de douteux accords,

Les âmes enjuguées au pouvoir de ce corps

Offert à l’encorné, fougueux catoblépas…

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

IRRITA VIDEBAT PASTOR* Bergère inassouvie

 

IRRITA VIDEBAT PASTOR*

Bergère inassouvie

 

Il était une bergère, amoureuse du vent,

Amoureuse du temps… je la voulais

Conquérir, aux heures que moulaient

Et les nuits, et les jours survivants,

Les ans incompressibles, qu’en rêvant,

Je maquillais d’espoir, avant de m’écrouler

Au seuil de sa bergerie, pour encor refouler

De l’inhibition, sans mal,  les degrés éprouvants.

 

Il était une bergère qui gardait ses amants

Sous l’étrange pâleur du sarcasme mutant,

De belliqueuses piques ; parfois, en permutant,

Quand l’automne affadit les pages du roman.

 

Ses besoins écalaient du doute, aux miens désirs,

Le pulpeux contrefort de la sensualité…

De quels plaisirs en berne aurais-je donc hérité,

Pour ne me point démettre, avant que de gésir,

Etranglé d’inconfort, sanglé d’immodestie !


Chevrière, aux lunes en canitie, aux astres

En blanches traînes, au faîte du pinastre,

Elle modérait parfois, de mes réparties,

L’adroite subtilité, si du surnuméraire,

Les mouchées débusquaient la turlupinade,

Ganacherie du fat inquiet de la rodomontade

Qu’en guaglione, le débauché, pour plaire,

Tonitrue sur la place, en ténor de réserve,

Sans que l’angoisse, à jamais, le desserve.

 

Il était une bergère qui gardait ses moutons :

De pauvres cacochymes raillés du probant ;

M’avait fait complice, en publiant nos bans,

D’une possible union… c’eût été de bon ton,

Que j’aie, moi, le faubourien, l’avorton

A me repaître des clichés, démuni, en chiton

De consul, avant d’acquiescer, absorbant

De ma pauvre défaite, en minable grifton,

Le fiel d'une mixture ignorée d’Artaban !

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021