STANS !
Debout !
Réveillez-vous
la vie ; il est temps
De fleurir
de l’âme les jardins suspendus !
Réveillez-vous
l’envie ; il est temps
De bannir
du désir, tous les malentendus !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
STANS !
Debout !
Réveillez-vous
la vie ; il est temps
De fleurir
de l’âme les jardins suspendus !
Réveillez-vous
l’envie ; il est temps
De bannir
du désir, tous les malentendus !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
TRISTIS PESSUMAE*
Tristes margotins
Comme
des pantins de bois, ils balancent
Un corps
dégingandé, un profil émacié
Face à
la gent outrée qui les tance,
Quand, lâches, ces noceurs disgraciés
Martèlent
le bitume, piétinent l’asphalte,
Au bras
d’une sirène dévêtue, immorale,
Catin
fardée, toujours prête à faire halte,
Pour le
libertin : épicurien à la masse
surale,
Sybarite
dressé en chien de combat,
Dont les
crocs molestent la délicate fleur,
L’ingénue
d’un trottoir poussé en contrebas,
Débordé
du passage que les quilles effleurent.
Comme ces
pupazzi de la Venezia, ils dodelinent,
Epuisés
de servir, en rigaudons de cours,
Candaces
de nuits et amantes mesquines
Vautrées dans le stupre, quand accourent
Les jouisseurs
infectés d’adultisme trompeur,
Qu'un protectorat
pommade sans vergogne,
Gouailleurs
et bombanciers plombés de torpeur,
Mais, alertes sous les jupons ouatés de vigogne.
Au cercueil
couvert du gris de pelletés, les vers
Chahuteront
de la froide ripaille ; déçus de voir
Un corps
putréfié, empuanti, à découvert,
Sur la
soie encoffrant l’ossature ivoire.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
FRASEL
Sombre après-midi,
il pleut sur Frasel,
Ce grand
domaine vide, sans attaches,
Où les fenêtres
bâillent, où la faune se cache
Pour mourir, quand l’albatros voit ses ailes
Se peu à
peu, roidir… quand elles lâchent,
Il s’écroule
vaincu, maculé de sphacèles.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
DEFUTURA IMPRIMANT VESTIGIA,*
Ineffaçables traces
Je n’ai
su effacer les traces sous nos pas,
Ni éteindre
la flamme de nos désirs latents ;
Je refuse
de vivre à l’ombre du trépas,
Pour vous
ouvrir la voie où, hésitant,
Avance le
béjaune imbu de sa personne,
Ce niais,
dont l'orgueil pulpe de rêveries,
Les
folles déshérences, au matin où tonne
Le vieux
clairon du factionnaire marri
D’être
un galant dont s’entiche la louve,
Le céladon
blessé de prétentieuses nixes
Ecloses
en l’aube claire, sous les douves
D’un majestueux fief empierré d’onyx.
Ne
ferai rien qui vous puisse servir,
Vous que
la haine emmaillote de vices,
Dont les
vices accoutrent, pour l’avilir,
Le sujet
estropié de multiples sévices…
Je n’ai
su effacer les traces sous nos pas,
Mais ne
regrette rien… il me faudra encor,
Avant le
petit jour, vous ravir cet appât
Par lequel
vous piégez, en de douteux accords,
Les âmes
enjuguées au pouvoir de ce corps
Offert à
l’encorné, fougueux catoblépas…
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
IRRITA VIDEBAT PASTOR*
Bergère inassouvie
Il était
une bergère, amoureuse du vent,
Amoureuse
du temps… je la voulais
Conquérir,
aux heures que moulaient
Et les
nuits, et les jours survivants,
Les ans
incompressibles, qu’en rêvant,
Je maquillais
d’espoir, avant de m’écrouler
Au seuil
de sa bergerie, pour encor refouler
De l’inhibition,
sans mal, les degrés éprouvants.
Il était
une bergère qui gardait ses amants
Sous l’étrange
pâleur du sarcasme mutant,
De belliqueuses
piques ; parfois, en permutant,
Quand l’automne
affadit les pages du roman.
Ses besoins
écalaient du doute, aux miens désirs,
Le pulpeux
contrefort de la sensualité…
De quels
plaisirs en berne aurais-je donc hérité,
Pour ne
me point démettre, avant que de gésir,
Etranglé
d’inconfort, sanglé d’immodestie !
Chevrière,
aux lunes en canitie, aux astres
En blanches
traînes, au faîte du pinastre,
Elle modérait
parfois, de mes réparties,
L’adroite
subtilité, si du surnuméraire,
Les mouchées
débusquaient la turlupinade,
Ganacherie
du fat inquiet de la rodomontade
Qu’en
guaglione, le débauché, pour plaire,
Tonitrue
sur la place, en ténor de réserve,
Sans que
l’angoisse, à jamais, le desserve.
Il était
une bergère qui gardait ses moutons :
De pauvres
cacochymes raillés du probant ;
M’avait
fait complice, en publiant nos bans,
D’une
possible union… c’eût été de bon ton,
Que j’aie,
moi, le faubourien, l’avorton
A me
repaître des clichés, démuni, en chiton
De consul,
avant d’acquiescer, absorbant
De ma
pauvre défaite, en minable grifton,
Le fiel
d'une mixture ignorée d’Artaban !
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2021
VULGUM PECUS*
Commun des mortels
A deux
lieues de Peyrac, sombrent les râles
Maculés
de la boue de confesses intimes
Obombrant
jadis en de poussives rimes,
La flagornerie
d’amantes amorales.
Horace_
dit-on _ su donner aux serviles,
Un verbe
que Paul Nizan, en sa philosophie,
Appelle
’’pulsion’’, car sa rage amplifie
En l’espèce,
les ardeurs les plus viles.
Madame de
Staël, en saphique muse, enviait
Les suivantes
réceptives au fol épanchement,
Dont la
bafouée de cours, sans jamais obvier,
Semblait
se déparer, en pleurant triste amant
Heureux
de retrouver sous d’autres baldaquins,
La callipyge
nymphe offrant larges atours,
Où les marquises s’entichent du coquin,
Dont l’affectée
anime les plaisants contours.
Chateaubriand,
sans montre d’attention,
Aurait pour
elle, sans mal, pendu au pal
Du dévergondage,
la vaine prétention
Harnachant
le noble, de feintes groupales.
Des mémoires
d’outre-tombe, aux cénacles
Oints
de tropisme, d’Atala, aux vieux contes
De la prosopopée… foin de débâcle
Enclouant le talentueux vicomte !!!
Pendent,
des fanges du formalisme étroit,
Lambeaux d’aveux de doxographes,
Miasmes
accrochés au raglan du matois
Dont le
scribe farde les riches paragraphes.
Cette mixture porte la vulgarité
Au paroxysme
clivant encor le fat…
Lors, elle
bride le rodomont dont l’hilarité
Force
la manœuvre boudée du califat.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Loin de
tout, loin de vous, Elise, mon cœur
Se torsade,
puis se dissout des larmes
Le voulant grimer, pour en rompre le charme
D'années, où l’amour évinçait la rancœur.
Loin de la belle Provence, s’asphyxie
La rosée
nimbant la flore, en ce froid décembral ;
Se meurent les vents, qui des palpébrales,
Aspirent
chaque douleur… qu’intensifient
Les rides
modulées, l’attendrissement, aux plis
Pénétrés
de possibles, d’altérables souffrances,
Peu à
peu, éclatées de vaines turbulences
Entrelacées
d’absences, coulpes de complies.
Je voudrais,
tendre Elise, au miroir du lac,
Retenir vos mutines joues, au radieux halo ;
Pénétrer de vos cils, le doux reflet pâlot ;
Les
pleurs en sanglent la lignite de laque ;
Il me
manque d’aimer, me manque de vivre,
Rompu de disgrâces éventées sans raison ;
La
sagesse, l’envie m'alunent... ivre,
De désespoir,
mon âme en couvaison,
Pépie quelque
pitance, avant que de se lier
Aux trompeuses
attentes, ces captieux espoirs
Mutilant
l’expectance tailladée du guipoir
Du barde, cet ascète par trop humilié.
Elise,
n’ai plus, ombragé du putiet, le courage
Du héros
de grimoire, du fier palatin
Empanaché
de gloire, en ces fiefs latins
Où l’orgueil
implémente, sous le muretin,
Le novateur
pétri de suffisance, que doux matin
Cosmétique
d’estimes, que noire nuit encage
D’impudence,
d’immodestie, pour de l’adage,
Bercer d’ostentation, le cagneux pantin.
Serai, au
bord de votre lèvre, soupirant
Dont l’attention
ennoblit prouesses… serai moi :
Fougueux
céladon, qui ne jamais larmoie,
Quand palpite
le cœur sous l’épais jaseran !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021