TRISTIS PESSUMAE*
Tristes margotins
Comme
des pantins de bois, ils balancent
Un corps
dégingandé, un profil émacié
Face à
la gent outrée qui les tance,
Quand, lâches, ces noceurs disgraciés
Martèlent
le bitume, piétinent l’asphalte,
Au bras
d’une sirène dévêtue, immorale,
Catin
fardée, toujours prête à faire halte,
Pour le
libertin : épicurien à la masse
surale,
Sybarite
dressé en chien de combat,
Dont les
crocs molestent la délicate fleur,
L’ingénue
d’un trottoir poussé en contrebas,
Débordé
du passage que les quilles effleurent.
Comme ces
pupazzi de la Venezia, ils dodelinent,
Epuisés
de servir, en rigaudons de cours,
Candaces
de nuits et amantes mesquines
Vautrées dans le stupre, quand accourent
Les jouisseurs
infectés d’adultisme trompeur,
Qu'un protectorat
pommade sans vergogne,
Gouailleurs
et bombanciers plombés de torpeur,
Mais, alertes sous les jupons ouatés de vigogne.
Au cercueil
couvert du gris de pelletés, les vers
Chahuteront
de la froide ripaille ; déçus de voir
Un corps
putréfié, empuanti, à découvert,
Sur la
soie encoffrant l’ossature ivoire.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021








