UT AMPLIO VETERESCENT*
Vieillir pour s’amender
L’épaisse
contredosse de la sénescence
Rappelle
les mauvais jours, les nuits pâles,
Dont les
rêves couvaient d’un ton opale,
La froide
nébuleuse en sa déliquescence.
Quelquefois,
aux solstices lointains, j’épie
Le gouvernail
de l’étrange galiote, au soir ;
On y voit,
des lunes argentées, le bossoir
Percer de
la manœuvre, le rostre, par dépit ;
La lame amortie étrille du doux ressac,
Le houleux
va-et-vient, l’alternance troublée
De spumescents
cristaux, lentement dédoublés
De moites
déferlantes en poches de bissac,
Capturées des courants de la cuve marine,
Harponnant
les dérives de l’onde mutative,
Et qu’agitent
les flots, les vagues attractives,
Bercées
de tièdes brises, de ventées salines.
Quand le
crépi de l’âme déjoue de l’apparence,
Le
trompeur artefact, le baume purificateur
De la
vraie repentance, évince le séducteur :
Ce miroir
sibyllin… en montre de tolérance,
Il pommade
l’ego, translate le moi profond,
Annihile
l’angoisse de l’agoraphobe égaré
Aux méandres
de liesses, dont l’effaré,
Purgé du
réceptif, émulsionne, s'il fond,
Le capricieux
derme bouloché d’entailles,
Ces rides d'entrelacs accusent prépotence,
Aux cycles mouchés, selon les circonstances,
D'un cosmétique bétonnant les écailles.
Vieillesse,
ma compagne, lie de mon breuvage,
Me prendras-tu
la main, aux ténèbres viciées,
Quand de
mes songes mous, le circonstancié
Grimera mensonges et tristes bavardages,
D’un
pastel de guède, d’isatis ? Verrai-je, là,
Aux nuances
cuivrées du soleil en berne,
De réfractaires
spires, et qu’encernent
Les vaporeuses
gouttes, dissoutes, çà et là ?
Vieillesse,
mon attente, ma réceptive ouïe,
Pardonne-moi
d’avoir, des primes audaces,
Omis d’en
absoudre, attifé de grimaces,
Aux
rudes parénèses, en mon mal, enfouies,
Inciviles
blandices, palpables ascendances !
Je te
laisse guider mon imprécise marche,
Mes pas
désenchantés… jusqu’à l’arche
Raflant
mon double broyé de discordance.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020