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samedi 5 décembre 2020

UBI SUNT FLAMMAE* Où sont les flammes

 

UBI SUNT FLAMMAE*

Où sont les flammes

 

Où vivent les femmes qui animaient

Des flammes en vos yeux trop froids,

Pour concevoir de l’autre, quand il aimait,

La beauté dominant les hurlements d’effroi ?

 

Vous souvient-il des filles de nos jeux,

O si peu soumises aux règles attentatoires,

Préjudiciables aux mutines, en l’enjeu 

Du conflit opposant les lois ostentatoires (!?)

 

Celles qu’il m’en souvienne, ont grandi

Sous la coupe d’amants sans attirance,

De tartufes débraillés, refusant l’organdi

Des damoiselles poudrées d’impertinence.

 

En mutiques pimbêches encloîtrées,

Ces  fardées à outrance de froides alcôves,

Dévoraient peu à peu, sans nous déconcentrer,

La chair prise au piège de leur blessure mauve,

 

Déchirure en l’estuaire des cuisses, ce chenal

Dont le mâle emprunte du mont pubien,

Les voies clitoridiennes, ces sentiers, au canal

D’imperceptibles gangues… comme on s’y sent bien !

 

Des frissons amortis de gestes malhabiles,

A la douce rainure de l’hymen vagabond,

Flottent de suaves perles, des suées volubiles

Enroulées au phallique support… pudibond,

Le marin en tangage, se laisse emporter,

Pour ne se point soumettre à la retenue…

J’eusse aimé comme lui, encor, supporter

De la pleine manœuvre, d’un rythme soutenu,

L’irréfragable coït, quand le rostre pénètre

La douve matelassée de la musaraigne

Butinant de guerre lasse… s’en doit-elle soumettre (?)

Et l’offrande, et l’espèce, qui du nanan, saigne

Avant que de gésir, quand les larmes le baignent

De remous manifestes… décélérés, peut-être !

 

Où sont les flammes du sérail de nos rêves,

Ces plumets colorés de nos livresques songes ?

Au mouroir des nuits blêmes, la belle Ève

En estropie, puisque le mal, céans, l’achève,

La ductile mesure… l’enclosant de mensonges.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 4 décembre 2020

QUIA* Madame

 

QUIA*

Madame

 

Madame, j’ai peur d’avancer au bout

De ce tunnel, où s’égarent nos rêves…

Je veux, sans me trahir, encor, rester debout,

Refusant d’effacer mes pas sur cette grève

Dont vous sûtes jadis piétiner, et sans trêve,

L’écorchure, en ce mal dont vous scellez l’embout.

 

Madame, je voudrais retrouver vos parfums,

Le charme d’odalisque qu’attisent mes désirs ;

Au soir, abandonner aux sentiments défunts,

Le trouble, la moiteur, avant que d’en gésir.

 

Vos doigts sous mitaines, caressaient de mon cou,

Les revêches plissures bâillées en éventail,

Dont les baisers défaits du revêche licou,

Agrémentaient parfois de fiévreuses entailles.

 

Madame, à l’absence, je ne puis soumettre ;

L’hiver est à ma porte, et déjà, s’harmonisent

Aux froids, les souvenirs, qui du mal-être,

Avivent de poncifs, quand le mal ironise,

Les miennes pensées… faut-il que j’intronise

Des mortes sépias_ me le dois-je permettre _

L’aquatinte des pleurs, et qui nous martyrisent ?

 

Quand sonnera le glas de nos songes déchus,

Aux brumes flouées de discordantes bruines,

Au spectre bancal d'ombres fourchues,

Nos profils s’enfuiront sous d’incommodes ruines…

 

Il n’y aura plus, madame, que deux formes

Arc-boutées aux racines d’un vieil orme…

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

ASSUMPTA PROMISSA* Promesses supputées

 

ASSUMPTA PROMISSA*

Promesses supputées

 

Il se peut qu’on en vienne, toi et moi,

A ternir de nos vies, la jouissance certaine,

Que des ambitions, pourtant si lointaines,

Il faille désenclaver les maillons de l’émoi.

 

Quand se refermeront les portes du passé,

Se rabattront au soir, les volets de naguère,

Verrons se profiler au centre de l’archère,

La flèche dont Cupidon nous voudrait percer.

 

Il se peut qu’en décembre, aux premières gelées,

Les amants de Paris sous l’étole des nuits,

Se cachent encor des passants, s’ils fuient

L’aquarelle des brumes s’y laissant enjôler.

 

Tu verras aux aurores floutées, la rosée

Magnifiée la flore, avant que d’apaiser matin…

Les rayons cuprifères, ridés sur tes satins,

Éclateront leurs fièvres, pour s’y mieux poser.


Les vierges dénudées, de leur prime offrande,

S’acquitteront sans mal… en l’amativité,

Se laisseront séduire, bercées de l’émotivité

Dont s’enclouent les vestales, pour de la délivrance,

Accéder au palier des putains de bombance,

Atteindre les degrés des tendrons en partance,

Quand l’audace dénoue la chatte en liberté.

 

Grisées de l’hédonisme de l’épicurien, seules,

En des boudoirs où la chair fait réserve

De trompeuses caresses modelant la serve,

Les rosières avoueront, crispées sous le linceul,

Avoir battu coulpe au pied de la madone,

Ânonné neuvaines, égrené chapelet, en bigote

Asservie à la curie latine, en triste cagote,

Ignorant la débâcle pulsée de la maldonne. 

 

Quand tu verras se faner mon verbe, ma prose

De narrateur emperlé de clichés d’assertion ;

Quand de la métaphore, en ces componctions,

Mon style se fera, lesté de contradictions,

Psalmodie de rhéteur, sophisme d’addiction,

Il n’y aura ni pétales, ni épines aux roses ;

Alors vaincue de cet affect ennuageant l’âme,

Tu te viendras coucher au nord de mes regrets ;

Nos rires dilués, nos plaintes gaussées de près,

Formateront des rondes d’autrefois, l’agame

Des farouches étreintes, l’asexuel qu’entament,

Aux lunes pleines, brettes et mimodrames

Dont l’espèce civilise l’allégeance cambrée.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

jeudi 3 décembre 2020

PECCATUM VIRI*Hommes du péché

 

PECCATUM VIRI*

Hommes du péché

 

Les hommes ont déchiré le voile d’innocence

Nous révélant Dieu… ils ont foulé à terre,

Et l’amour, et l’espoir, donnant à l’indécence,

Des lettres de noblesse… tristes sires délétères,

Ils ont bu au douzil du péché confortable,

Confiants, en l’avenir dont parle le prélat ;

S’en faut de peu pour que se mettent à table,

Les âmes écalées, émiettées… çà, et là…

 

Les hommes ont violé les Divines Lois,

Craché au Visage du Seigneur Tout-Puissant ;

Ont grimé la vie, en pâtres de bon aloi,

D’un insolent fard, d'un badigeon de sang.

Les hommes ont ceint l’inacceptable, cerner

L’irrécusable, fiers de faire, en ces tares,

Approuvable ordalie ; ne le peut discerner,

Le fat perclus en l’ignorance, ce retard

Attisant des lazzis, les sulfureuses braises,

Tisons posés à même l’escient… hélas !

N’est de bonbec, hors du fatal mésaise,

Que clarté, dont l’idiotisme se délace.

 

Les hommes ont encellulé l’âme du pénitent,

De mille controverses_dénégations propres  

A enrichir de l’esprit égaré, hors du temps,

L'organigramme, le plan, impropres

A la cognition…  bien sûr, la pensée voudrait,

Et sans mal, s'y défaire… sans de l'or,

Dont la foi se dévêt, oindre de l’ivraie,

L'horrible sangsue_ cette morve effraie,

Car, en écornifleur, sangle à moindre frais,

L'ouate, ce fin duvet, idéalisé dès lors.

 

En ma musarde, bercé de contrevérités,

Ai vu poindre au renouveau vainqueur,

Les primes visées, sans feindre l’acuité

De violences me perçant le cœur,

La beauté de l’espèce, la beauté de l’espace…


Mon regard transcendé de soyeux parhélies,

Naît d’espoir, de douces perspectives

Accorées à ce mimétisme, et qu’abolit

La joie du mâle sevré d’invectives…

Que ne serais-je moi, aux lunes de décembre,

Attentif pèlerin, sans bourse, ni souliers !…

Délesté du mensonge avilissant les membres

Libérés du mythe dont l’ascète s’est lié.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mercredi 2 décembre 2020

MIROIR

 

MIROIR

 

Fait des ronds dans l’eau, s’amuse des vagues ;

Puis, caresse la lame emportant les écumes

Comme les bourgeons que le ciseau élague,

La bulbille défaite de l’écorce de glume…


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

IMPERITUS* Inexpérimenté

 


IMPERITUS*

Inexpérimenté

 

Oserais-je narrer à l’attentive ouïe,

Quand s'emmêlent les torons de l’histoire,

Mon deuil, ma souffrance, enfouis

En mon être figé au cœur du désespoir ?

 

Devrais-je poser au seuil de votre écoute,

Et mes rires, et mes flottantes larmes ;

Faire naître du marasme, chaque doute

Enquillé au possible dont il s’arme ?

 

Les terres que j’ai foulées, les tunnels bistrés

Empruntés de trompeurs, d’emberlificoteurs

Liés au pouvoir séducteur, dont l’attrait

Fascine le plus jeune, l’empoté trotteur,

Sont issus de claniques caves d’acteurs

Quêtant reconnaissance, dont l’auteur

Grossit inexorablement les hideux traits.

 

Si je faisais récit de ma vie sans adret,

Versant privé de lumière, cette raillère

Domptée du Joran, du Gharbi, qu’en madrés,

Fuient le gobe-mouche, la belle vannière,

 

Verriez poindre d’hétéroclites bercales,

Semblables, ici, au simiesque profil

D'un apothicaire imprégné du tincal

Émanant de la soude, ou de l’acidophile !

 

Mes jours étaient nuits… je n’avais du temps,

Approches aucunes… je vivais en ermite,

Sans amours, ni plaisir… de l’hiver, au printemps_

Austère anachorète dont la soif est un mythe.

Je fais profil bas quand les fous dynamitent

De mes rêves d’enfant… le babil hésitant.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 1 décembre 2020

ET DE PARIETE FEINTS* Le canevas des feintes

 

ET DE PARIETE FEINTS*

Le canevas des feintes

 

Et s’effacent nos pas sur la grève mouillée,

Les dernières traces talées des promeneurs ;

Plus personne aux fenêtres bâillées,

Ni d’échos aux palabres du sermonneur.

Mes yeux se sont usés à pleurer des chimères

Mordues de prétentions, de vaines doléances

Rythmées de cet orgueil, et que toujours vénère

Le hautain, ce rogue pétri de suffisance…

 

S’abâtardissent nos quêtes premières,

Au jour voilé de doutes, de controverses,

De sophisme, d’arguties coutumières

Aux amants que les feintes bouleversent.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020