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mercredi 2 décembre 2020

MIROIR

 

MIROIR

 

Fait des ronds dans l’eau, s’amuse des vagues ;

Puis, caresse la lame emportant les écumes

Comme les bourgeons que le ciseau élague,

La bulbille défaite de l’écorce de glume…


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

IMPERITUS* Inexpérimenté

 


IMPERITUS*

Inexpérimenté

 

Oserais-je narrer à l’attentive ouïe,

Quand s'emmêlent les torons de l’histoire,

Mon deuil, ma souffrance, enfouis

En mon être figé au cœur du désespoir ?

 

Devrais-je poser au seuil de votre écoute,

Et mes rires, et mes flottantes larmes ;

Faire naître du marasme, chaque doute

Enquillé au possible dont il s’arme ?

 

Les terres que j’ai foulées, les tunnels bistrés

Empruntés de trompeurs, d’emberlificoteurs

Liés au pouvoir séducteur, dont l’attrait

Fascine le plus jeune, l’empoté trotteur,

Sont issus de claniques caves d’acteurs

Quêtant reconnaissance, dont l’auteur

Grossit inexorablement les hideux traits.

 

Si je faisais récit de ma vie sans adret,

Versant privé de lumière, cette raillère

Domptée du Joran, du Gharbi, qu’en madrés,

Fuient le gobe-mouche, la belle vannière,

 

Verriez poindre d’hétéroclites bercales,

Semblables, ici, au simiesque profil

D'un apothicaire imprégné du tincal

Émanant de la soude, ou de l’acidophile !

 

Mes jours étaient nuits… je n’avais du temps,

Approches aucunes… je vivais en ermite,

Sans amours, ni plaisir… de l’hiver, au printemps_

Austère anachorète dont la soif est un mythe.

Je fais profil bas quand les fous dynamitent

De mes rêves d’enfant… le babil hésitant.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

mardi 1 décembre 2020

ET DE PARIETE FEINTS* Le canevas des feintes

 

ET DE PARIETE FEINTS*

Le canevas des feintes

 

Et s’effacent nos pas sur la grève mouillée,

Les dernières traces talées des promeneurs ;

Plus personne aux fenêtres bâillées,

Ni d’échos aux palabres du sermonneur.

Mes yeux se sont usés à pleurer des chimères

Mordues de prétentions, de vaines doléances

Rythmées de cet orgueil, et que toujours vénère

Le hautain, ce rogue pétri de suffisance…

 

S’abâtardissent nos quêtes premières,

Au jour voilé de doutes, de controverses,

De sophisme, d’arguties coutumières

Aux amants que les feintes bouleversent.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 30 novembre 2020

IN LECTULO MEO* Mon lit

 

IN LECTULO MEO*

Mon lit

 

Mon lit à la mémoire d’un vieillard blessé,

Qui au soir, agonise dans la chambre moite

Dont les lézardes mutilent du passé,

Les sombres souvenirs, et qu’hydratent

Les suées de corps hissés en acrobates

Au pal du baldaquin d’amants entrelacés.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 29 novembre 2020

PUER MEUS* Mon enfant

 

PUER MEUS*

Mon enfant

 

Mon enfant, vois la nuit envelopper les astres

De l’azur en partance ! Sais-tu à quel désastre,

Ils échappent au matin à venir, au renouveau,

Quand il pleut sur les monts, à l’ombre des vaux ?

Mon enfant, écoute les vents chanter au soir,

Des belles ritournelles, des refrains illusoires,

Et qu’entonnent aux  froids, les blizzards,

Tourmentés, l’onde aux râlements bizarres !

Mon enfant, les saisons ont de nos cicatrices,

Balayé l’écorchure, l'éraflure adaptatrice

Ajustée à la chair plaintive, quand des larmes,

Chuintent des rivières, qui parfois, désarment.

Mon enfant, mûrissent sur l’horizon de feu,

Les vagues ballottées de cyclones suiffeux ;

Elles drapent les marées sous la houle,

S’enfuient, quand les frimas blackboulent.

Mon enfant, laisse danser les ombres éreintées,

Aux primes angélus, quand la belle effrontée

Fuyant les vespérales, s’acoquine, l’été,

Aux marins sur le port, ces bateliers fourbus,

Dont la lèvre susurre, en des thèses imbues,

De mielleuses poussées, de séductrices onces

Déflorant la candeur égratignée de ronces.

 

Garde-toi, mon enfant, de te laisser séduire

De fiers damoiseaux dont miroite le cuir !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

SAGUM AERIUM NIVEI* Rideau neigeux

 

SAGUM AERIUM NIVEI*

Rideau neigeux

 

Des cimes embrumées, on aperçoit au loin,

Au matin frissonnant, la prairie ébarbée,

Poudrée de flocons, peu à peu embourbés,

Avant de disparaître, piégés du sainfoin.

 

L’hiver vient se poser au cœur de la vallée ;

Y blêmissent au soir, ses neigeuses masses…

Ses congères ont fondu sur nos traces ;

Elles se semblent dissoudre des mausolées.

 

Il fait froid, jusques aux fenêtres des chambres ;

Il n’y a plus d’espace en ce flou devenir…

Aurais-je su dompter, sans plus t’appartenir,

Les frissons égrenés dont s’offense décembre,

 

Et qu’aspire ta peau défaite de soupirs ?

Pourrais-je des gangues calamistrées, à l’aube,

Percer l’éclosion, si les vents nus l’enrobent

D’un grésil dont les bruines se veulent tapir,

 

Quand grondent les tempêtes hivernales,

Bougonnent les maelströms dévrillés de la nue ?

Je pourrais de ta chair exempte de retenue,

Débrider le cylindre, en ces mues atonales…

 

Hélas, aux aurores feutrées, tes plaintes

Font rétention de désirs en berne ; j’immole

De la polymorphie, les degrés dont ta geôle

Encloue, in extenso, les ardeurs mal éteintes.

 

Pourquoi toujours courir, délacés de foucades,

Les chemins à l’étroit, les bermes profanées ;

De la thébaïde, s’essouffle le germe mort-né

D’amours désenclavées d'envies maussades ?

 

L’hiver, au pied du mur, entoile de grimaces,

Et les jours, et les nuits, chevillés à mon mal ;

Il s’amuse à flétrir de la pulpe animale,

Le bâti emmuré d’inaltérables glaces.

 

Je dois m’en sortir seul... c’est vrai !

Délaisser le baldaquin, ce vieux fleuve tari ;

Nos pancraces s’affaissent… j’en ferais pari !

Il me semble, en ces jeux qui effraient,

Voir liés, par mégarde, sous l’ivraie,

Le vice et la vertu pris à ton ableret…

Ému, je rentre penaud, l’âme marrie !

 

Aux gelées engluées au col de l'ivresse,

Ce sérac dressé à même l’émotion

Ductile _ ô combien ! Malgré l’érosion

De nos fantasmes embués de détresse,

Je chemine vainqueur, empli d’allégresses,

La contrescarpe d’euphories morbidesses,

Sans démesure, ivre de prétentions,

Le chenal où s’affaire l’amant ceint de caresses.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 28 novembre 2020

HOC MODO* C’est ainsi

 

HOC MODO*

C’est ainsi

 

Il est des pages que l’on ne peut écrire,

Au détour d’une vie, de tremblotante main ;

Enténébré de doutes, comme du parchemin,

Le récit perce l’âme, sans la jamais détruire.

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020